La rapidité de la chute du régime de Bachar al-Assad a étonné tout le monde, observateurs extérieurs et Syriens de l’intérieur. À Damas, Mediapart a rencontré un haut gradé de l’armée, un homme d’affaires et l’élite diplômée : tous témoignent d’un régime totalement vicié de l’intérieur.
De moins en moins nombreux après plus d’une décennie de guerre civile et d’exactions, les chrétiens de Syrie ont du mal à faire confiance aux nouveaux maîtres de Damas, des islamistes sunnites dont l’histoire est liée à Al-Qaïda et à l’État islamique.
L’écrivaine Catherine Coquio célèbre « le besoin de vivre, de relever la tête et d’agir » du peuple syrien, liste les innombrables défis et déplore que ceux qui à gauche soutiennent les Palestiniens aient été « si aveugles et sourds à ce qui se passait pour les Syriens ».
Des dizaines de milliers de Syriens parcourent le pays à la recherche de leurs proches disparus, de fosse commune en prison abandonnée. Dans les quartiers généraux désertés du régime Assad, une course de vitesse est engagée pour préserver les traces de la terreur.
La chute du régime de Bachar al-Assad a exposé au grand jour l’enfer des prisons syriennes et permis la libération de milliers de prisonniers en Syrie. Parmi eux, neuf Libanais ont pu retrouver leur famille. Moaz Merheb, 51 ans, a passé 18 ans en détention en Syrie.
Dans la Syrie de Bachar al-Assad, le régime reposait sur un système carcéral destiné à broyer la population. Mediapart a rencontré Jamal, ancien gardien de nuit palestinien de 46 ans. Il témoigne des années passées dans les geôles syriennes et de la torture subie.
Après Amnesty International, deux autres grandes organisations non gouvernementales, dont Médecins sans frontières, ont décidé d’évoquer publiquement et en des termes explicites la possibilité d’un génocide à Gaza. La présidente de MSF, Isabelle Defourny, revient sur ce choix.
Pour l’écrivain, qui est l’un des principaux intellectuels opposants au régime des Assad, le peuple syrien vit un événement comparable à la chute du mur de Berlin. Retour au pays, justice, reconstruction... L’exilé livre ses peurs et ses espoirs.
Vladimir Poutine, incapable d’éviter la chute de Bachar al-Assad, a perdu plus qu’un allié en Syrie : il y a également laissé sa réputation de partenaire sûr et loyal. L’avenir de la politique russe au Moyen-Orient réside désormais entre les mains du nouveau pouvoir syrien.
Le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, à Damas, est réputé comme le plus grand du Moyen-Orient. Devenu un quartier de la capitale à part entière, il n’est plus que l’ombre de lui-même après treize années de guerre civile.
En ce premier vendredi après la fuite de Bachar al-Assad, les Syriens et les Syriennes ont célébré la chute de son régime de terreur. À la joie et au soulagement se mêlent douleur des pertes et incertitude devant l’avenir.
Mediapart a suivi les rebelles du Sud après leur prise de Damas lors d’une offensive éclair, qui a surpris le monde entier. Beaucoup disent vouloir déposer les armes et retrouver « une vie normale ».
Arguant d’un motif sécuritaire, Israël pilonne depuis plusieurs jours les installations militaires syriennes et investit en toute illégalité la zone tampon du Golan.
Le régime de Bachar al-Assad est tombé. Qui sont les nouveaux maîtres du pays ? Quel avenir pour les Syriennes et les Syriens dans une société meurtrie par les disparitions de masse et les tortures ?
À peine deux jours après la chute du régime de Bachar al-Assad, le service public syrien a rouvert ses portes, avec l’espoir nouveau de réformer un secteur miné par la corruption et sous-financé.
La Syrie était le seul pays allié de l’Iran dans le monde arabe, et la chute du régime de Damas est une défaite majeure pour la République islamique. Symbolisée par la perte du mausolée de Zeinab, auprès duquel une petite ville iranienne s’était bâtie au fil des ans.