Quatre mois de guerre israélienne à Gaza, quatre mois de massacres et un cessez-le-feu toujours pas d’actualité. Dans « À l’air libre », l’historien Jean-Pierre Filiu revient sur l’entêtement meurtrier d’Israël, pourtant condamné à discuter s’il veut assurer sa sécurité.
Six des sept otages de la famille Tamir, dont Mediapart a raconté le calvaire, ont été libérés par le Hamas lors de la première trêve. Mais « aucune vie normale n’est possible » tant que le dernier d’entre eux n’a pas recouvré la liberté.
Quatre mois après l’attaque du 7 octobre 2023, 136 otages israéliens sont toujours détenus dans la bande de Gaza. Leurs familles sont de plus en plus nombreuses à réclamer un nouvel accord avec le Hamas en vue de leur libération. À quelles conditions, c’est toute la question.
Quatre mois après les massacres du Hamas, le double standard à l’œuvre en Palestine historique catalyse un effondrement moral et politique mortifère. Une réalité qui affleure aussi dans l’hommage prévu mercredi par Emmanuel Macron aux victimes franco-israéliennes.
Des parlementaires français emmenés par le député LFI Éric Coquerel ont appelé à un cessez-le-feu à Gaza, devant la porte égyptienne du poste-frontière de Rafah. Les élus ont également pu constater les difficultés d’acheminement de l’aide humanitaire.
Bombardements en Irak et en Syrie, destructions de drones au large du Yémen : les États-Unis multiplient les opérations militaires après la mort de trois soldats américains. Antony Blinken, chef de la diplomatie, entame dimanche une visite dans la région.
Ils et elles ont 9 ans, 17 ans, 22 ans et 25 ans et cumulent des millions d’abonnés. Depuis le 7 octobre, ces jeunes s’emparent des réseaux sociaux pour ouvrir les dernières fenêtres sur l’enclave palestinienne.
D’après un rapport de Human Rights Watch publié le 21 décembre, et plusieurs témoignages récoltés par Mediapart, Meta exerce une censure systémique des voix palestiniennes sur Instagram et Facebook. Pour faire passer malgré tout leurs messages, les soutiens à la Palestine s’organisent.
Chef de mission en Palestine pour MSF, Léo Cans, de retour de Gaza, souligne les difficultés des humanitaires dans le secours aux populations palestiniennes, mais aussi leur devoir de témoigner : « Une part importante de la population civile meurt sous nos yeux. »
Les États-Unis et leurs alliés, dont la France, qui ont laissé Israël massacrer depuis quatre mois la population de Gaza, s’associent aujourd’hui pour cesser de financer la plus grande organisation humanitaire de l’enclave. Ses programmes pourraient s’arrêter à la fin du mois.
Malgré la décision de la Cour internationale de justice appelant Israël à tout mettre en œuvre pour prévenir tout acte de génocide, rien ne vient freiner l’hécatombe palestinienne. Suscitant des questions sur le pouvoir des juridictions et des institutions intergouvernementales.
L’armée israélienne ne s’en cache pas : des armes nouvelles ainsi que des algorithmes sont utilisés pour la première fois dans la bande de Gaza. La guerre contre le Hamas est également une vitrine du savoir-faire israélien en la matière.
Plusieurs pays ont annoncé couper les vivres à l’UNRWA, vitale pour la population de Gaza. L’organisation compterait parmi ses 30 000 employés douze personnes ayant joué un rôle dans l’attaque du Hamas, selon le gouvernement israélien.
La décision de la Cour internationale de justice d’ordonner à Israël d’empêcher un génocide à Gaza n’a pour l’heure aucun effet sur la violence des combats, qui ont redoublé. Le mauvais temps s’ajoute aux bombardements pour des civils palestiniens dans une situation toujours plus précaire.
Selon la plus haute instance judiciaire internationale, « il existe un risque réel et imminent qu’un préjudice irréparable soit causé » aux Palestiniens de Gaza. La Cour demande à Israël de « prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir la commission […] de tout acte » de génocide. Mais n’appelle pas au cessez-le-feu.
Il y a la bataille des images que se livrent le Hamas et l’armée israélienne. Mais il existe aussi un abîme entre ce que voient le peuple israélien et le peuple palestinien à travers les médias. Second volet de notre minisérie.