À l’occasion des élections législatives anticipées du 6 octobre au Kosovo, les électeurs pourraient sanctionner deux décennies de violence, de corruption et de népotisme, et balayer le Parti démocratique du Kosovo d’Hashim Thaçi, au pouvoir depuis 1999.
En pleines élections européennes, les droites des pays des Balkans sont écartelées entre des courants modérés europhiles et une lame de fond ultraconservatrice. Courtisés à la fois par Viktor Orbán et par Angela Merkel, les États membres de l’UE sont devenus des pions essentiels pour la grande famille de la droite européenne, le PPE.
Vendredi soir, de très violents affrontements ont éclaté dans le camp de réfugiés de Bira, à Bihać, au nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine. Entre les squats de Sarajevo et les camps surpeuplés, des milliers de réfugiés sont toujours bloqués dans ce pays. Sans grand espoir de pouvoir passer dans l’Union européenne.
Ils battent le pavé de Belgrade chaque samedi depuis le 8 décembre, dénonçant le régime autoritaire du président Vučić. Ce week-end, pour « l’acte VII » du mouvement, celui-ci s’est étendu à l’ensemble du territoire, malgré la démonstration de force du pouvoir en milieu de semaine.
Une bonne part de la « communauté internationale » envisage sérieusement d’établir une paix « durable » dans les Balkans en changeant les frontières, afin de séparer les différents peuples qui y vivent. Un désaveu des politiques promues depuis deux décennies défendant le multiculturalisme de la région.
Après la chute du rideau de fer en 1989, l’Europe clamait que Polonais, Hongrois ou Tchèques étaient de « véritables » Européens, porteurs d’une ancestrale culture de tolérance. Aujourd'hui, les pays du groupe de Visegrád réclament la fermeture des frontières. La Mitteleuropa ne serait-elle qu’un mythe ?
Il y a cinquante ans, la France n’a pas connu qu’un printemps révolutionnaire, elle a aussi vécu un tournant musical, et est entrée dans une nouvelle ère de la production de disques, ouverte à d’autres horizons, loin des yé-yé.
Malgré sa fermeture officielle, il y a bientôt deux ans, la « route des Balkans » est toujours active. Environ 5 000 réfugiés sont bloqués en Serbie qui, de pays de transit, s’est brutalement transformée en cul-de-sac. D’autres exilés continuent d’arriver, via la Turquie, la Grèce, puis la Macédoine ou la Bulgarie.
Le Kosovo va fêter les dix ans de son indépendance, proclamée le 17 février 2008. Une redoutable épée de Damoclès pèse sur ses responsables politiques, issus de l’ancienne guérilla albanaise de l’UÇK. Une nouvelle Cour spéciale doit émettre ses premières inculpations et juger les crimes commis entre 1998 et 2000.
Ratko Mladić, l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie-Herzégovine, a écopé de la peine maximale, la réclusion criminelle à perpétuité. Mais, alors que le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie s’apprête à fermer ses portes, l’exigence de justice qui taraude les Balkans n’est toujours pas satisfaite.
L’Albanie du premier ministre social-démocrate Edi Rama a longtemps fait figure de « bon élève européen » dans les Balkans. Mais depuis 2014, la production et le trafic de drogue explosent, pesant près d'un tiers du PIB. Les Occidentaux haussent le ton face aux scandales à répétition qui impliquent le pouvoir et tous les partis.
Sur les rives du Danube, de la Roumanie à la Bulgarie et à la Serbie, des régions entières sont en train de se vider, plombées par une démographie en berne et par un exode massif des forces vives vers l'Europe occidentale. Dans les campagnes des Balkans, il ne restera bientôt plus que des personnes âgées pour se rappeler l'histoire oubliée de cette grande migration.