1940: une hostilité inorganisée à l'occupant

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Siffler les actualités allemandes diffusées au cinéma, peindre des V sur les murs, éditer à quelque dix exemplaires des journaux... Plusieurs travaux récents d'historiens insistent sur l'importance de l'hostilité aux Allemands dès les premiers mois de l'Occupation. Deuxième volet de notre enquête sur les pionniers de la Résistance.

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Depuis La France de Vichy de Robert Paxton paru en 1973, on s'était habitué à considérer l'opinion publique de l'automne 1940 comme inerte, assommée par la défaite, «s'accommodant» de la présence de l'occupant, selon le terme de Philippe Burrin dans La France à l'heure allemande (Le Seuil, 1995). Cette vision des années noires insistant sur le régime de Vichy et minimisant le rôle de l'occupant est de plus en plus critiquée par les historiens. Plusieurs travaux récents insistent au contraire sur l'importance de l'hostilité aux Allemands dès les premiers mois de l'Occupation, terreau dans lequel s'enracinèrent les actions des pionniers de la Résistance.