France Télécom, le procès du harcèlement moral à grande échelle

Plus d'une centaine de parties civiles, sept prévenus, deux mois et demi d'audiences, le procès France Télécom fut hors normes. Retrouvez le récit des audiences, pour comprendre comment une stratégie d'entreprise visant à la suppression de 22 000 postes a pu conduire des dizaines de salariés au bord du gouffre, ou au suicide. Le jugement doit être rendu le 20 décembre 2019.

France Télécom: sept acteurs du procès racontent

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Le procès France Télécom s’annonçait historique, tant par la qualité des prévenus – d’anciens dirigeants d’une grosse entreprise du CAC 40 – que par l’intensité de la crise vécue par les salariés à la fin des années 2000. Mediapart a demandé à sept personnalités – proche de victime, syndicaliste, médecin du travail, experts – de raconter comment ils ont vécu les audiences, et ce qu’ils attendent du jugement.

Elégance et mépris au dernier jour du procès France Télécom

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Sur le parvis du tribunal de grande instance de Paris, le 11 juillet, dernier jour du procès France Télécom. © D.I. Sur le parvis du tribunal de grande instance de Paris, le 11 juillet, dernier jour du procès France Télécom. © D.I.

Le 41et dernier jour du procès des pratiques managériales au sein de l’entreprise a donné l’occasion à la présidente du tribunal de démontrer son humanité envers les parties présentes. Le contraste n’en a été que plus grand avec la plaidoirie de Jean Veil, avocat de l’ex-PDG Didier Lombard, qui a attaqué les victimes, les journalistes et les syndicats.

L’avocate Rachel Saada: «En France, on ne met pas les patrons en prison»

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Photo issue du compte twitter de Rachel Saada. Photo issue du compte twitter de Rachel Saada.

L’avocate Rachel Saada, figure de la défense des salariés, analyse les deux mois d’audience du procès France Télécom, qui prend fin ce jeudi 11 juillet. Elle estime qu’une condamnation des ex-dirigeants de l’entreprise aurait un impact important dans les dossiers similaires qu’elle et ses confrères défendent.

Procès France Télécom: peines maximales requises contre les «chauffards du travail»

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Didier Lombard arrive au début du procès, le 6 mai 2019. © Reuters/Charles Platiau Didier Lombard arrive au début du procès, le 6 mai 2019. © Reuters/Charles Platiau

Ce vendredi 5 juillet, les deux représentantes du parquet ont tapé fort contre les sept ex-dirigeants de l’entreprise, considérés comme entièrement responsables de la politique de déstabilisation qui a conduit à la vague de suicides parmi les salariés. Mais pour ce procès « historique », les peines qu’encourent les prévenus ne sont pas très lourdes : un an de prison et 15 000 euros d’amende au maximum.

Procès France Télécom: «Ils ont assassiné mon père», Rémy Louvradoux

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Rémy Louvradoux, agent de France Télécom, s'est immolé par le feu en 2011, détruit par les réorganisations successives dans le groupe. Sa famille a témoigné lors du procès pour harcèlement moral visant les anciens dirigeants, le 27 juin à Paris. Sans illusion sur le pouvoir réparateur de la justice.

Procès France Télécom: « Le devoir, c’est de parler. Pour ceux qui ne sont plus là »

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Yves Minguy en 2011. © Mathieu Magnaudeix et Hugo Vitrani Yves Minguy en 2011. © Mathieu Magnaudeix et Hugo Vitrani

Dix ans après s’être vu annoncer son transfert imminent dans un centre d’appels de France Télécom et s’être enfoncé dans la dépression, Yves Minguy témoignait jeudi 13 juin au procès de l’entreprise. L’ancien informaticien dévoué, trente-cinq ans de maison, revient pour Mediapart sur ce moment fort. Il dit son incompréhension devant un Didier Lombard « imperturbable ».

Au procès de France Télécom, premières émotions des anciens dirigeants

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« Est-ce que j’ai fait tout ce qu’il fallait faire ? » Au terme des cinq premières semaines de procès, les anciens dirigeants de France Télécom commencent à prendre la mesure de leur échec.

Procès France Télécom: les dirigeants se cachent derrière l’organigramme

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Trois suicides et une tentative de suicide ont occupé les débats, en ouverture de la cinquième semaine du procès France Télécom. Dans la salle d’audience à Paris, la recherche de responsabilités sur le harcèlement moral se heurte à un organigramme insondable.

Au procès France Télécom, un cadre expose «l’indifférence de la direction» face aux suicides

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Sébastien Crozier, responsable du syndicat CFE-CGC et haut dirigeant de l’entreprise, a raconté l’horreur du suicide des salariés, et l’obsession de l’ancienne direction pour « l’argent ». Les efforts des prévenus pour se disculper ont été pulvérisés par la force de ce témoignage.

Procès des suicides à France Télécom: «Mon mari était piégé, l’a-t-il senti?»

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La parole aux victimes et à leurs proches. D’anciens cadres racontent, à l’occasion du procès France Télécom, leur mise à l’écart, payés à ne rien faire pendant des mois, effacés de l’organigramme. La veuve de Michel Bugaud, qui s’est suicidé en 2006, a témoigné au contraire de la charge de travail qui pesait sur son mari, et sa dernière terrible année dans l’entreprise.

Quand France Télécom se débarrassait des «fruits trop mûrs ou pourris»

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Louis-Pierre Wenes, l’ex-numéro 2 de France Télécom. © Reuters/Charles Platiau Louis-Pierre Wenes, l’ex-numéro 2 de France Télécom. © Reuters/Charles Platiau

Lors de la neuvième journée du procès France Télécom, une médecin du travail, Monique Fraysse-Guiglini, a fait le tableau glaçant des effets sur la santé du plan de restructuration à l’œuvre dans l’entreprise entre 2007 et 2009. Les ex-dirigeants minimisent toujours.

Procès France Télécom: avant la crise, c’était déjà la crise

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La deuxième semaine du procès France Télécom a commencé au tribunal correctionnel de Paris, où sept anciens dirigeants de l'entreprise, dont l’ex-PDG Didier Lombard, sont poursuivis pour harcèlement moral ou complicité de harcèlement moral. La période troublée de 2002 à 2005, où le groupe achevait sa mue d’une société publique à une entreprise privée, annonçait la souffrance à venir. Et déjà, les représentants du personnel sonnaient l’alarme.

Procès des suicides à France Télécom: une direction sourde et sans remords

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Didier Lombard, ex-PDG de France Télécom, à son arrivée au procès. © Reuters/Richard Platiau Didier Lombard, ex-PDG de France Télécom, à son arrivée au procès. © Reuters/Richard Platiau

La première semaine du procès historique des suicides à France Télécom a été dense et intense. L’ancien PDG Didier Lombard s’obstine dans le déni et la morgue. Plusieurs témoins ont cependant révélé la fabrique institutionnelle de la violence au sommet du groupe, et les alertes envoyées.

Au procès, les ex-dirigeants de France Télécom jouent sur les mots

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Tout au long de la septième séance du procès de France Télécom, la présidente s’est livrée à un exercice sémantique pour débusquer ce que les anciens dirigeants du groupe mettaient derrière les mots, les projets secrets qu’ils auraient pu avoir. Au cœur des débats : les 22 000 suppressions d’emploi annoncées en février 2006. Prévisions ou objectifs ?

Procès des suicides à France Télécom: les dirigeants face à leur responsabilité sociale

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L’ancien PDG de France Télécom, Didier Lombard, lors de la présentation des résultats du groupe en février 2008. © Reuters L’ancien PDG de France Télécom, Didier Lombard, lors de la présentation des résultats du groupe en février 2008. © Reuters

À partir du 6 mai, l'ancien PDG de France Télécom Didier Lombard et six autres anciens responsables sont jugés pour harcèlement moral. C’est la première fois que des dirigeants d’un groupe du CAC 40 ont à répondre de leur gestion devant la justice.

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