Enquetes

  • Karachi: les révélations de l'homme qui a bloqué les commissions

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    La piste des commissions – et rétro-commissions – occultes dans l'affaire de l'attentat de Karachi ne cesse de se préciser. Le consultant en sécurité Frédéric Bauer, ancien policier réputé proche de Jacques Chirac, a déclaré à Mediapart avoir été officiellement missionné «par les plus hautes autorités de l'Etat» pour mettre un terme, en 1996, au versement d'une partie des commissions dues par la France dans le cadre du contrat d'armement avec le Pakistan. «C'est un peu comme enlever la nourriture de la cage d'un lion», confie M. Bauer en évoquant l'intermédiaire proche des réseaux balladuriens, Ziad Takieddine, auprès de qui il avait été missionné par les chiraquiens. Le blocage de ces versements, sur fond de guerre Chirac/Balladur, pourrait être le mobile de l’attentat contre la DCN qui fit quatorze morts, le 8 mai 2002. [Photo: Jacques Chirac s'inclinant devant les cercueils des victimes de l'attentat de Karachi]

  • Karachi: les révélations d'un homme de l'ombre

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    La piste des commissions –et rétrocommissions- occultes dans l'affaire de l'attentat de Karachi ne cesse de prendre de l’ampleur. Le consultant en sécurité Frédéric Bauer, un ancien policier réputé proche de Jacques Chirac, a déclaré à Mediapart avoir été officiellement missionné «par les plus hautes autorités de l'Etat» pour mettre un terme, en 1996, au versement d'une partie des commissions dues par la France dans le cadre d'un contrat d'armement avec le Pakistan, aujourd'hui au cœur d'un potentiel scandale d'Etat. «C'est un peu comme enlever la nourriture de la cage d'un lion», confie M.Bauer. Le blocage de ces versements, sur fond de guerre Chirac/Balladur, pourrait être le mobile de l’attentat contre la DCN qui fit quatorze morts, le 8 mai 2002. [Photo: Jacques Chirac s'inclinant devant les cercueils des victimes de l'attentat de Karachi]
  • Comment la CGT a organisé l'expulsion des sans-papiers

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    Les sans papiers délogés mercredi de la Bourse du travail par un commando de la CGT, squattent désormais dans la rue. Pour l'instant, aucune solution d'hébergement ne leur a été proposée. Les sans-papiers, des Maliens pour la plupart, occupaient le bâtiment depuis mai 2008. C'est munis de bâtons et de bombes lacrymogènes (photo ©Marc Torl), que les «militants» de la CGT (des membres du service d'ordre du syndicat) ont évacué le bâtiment. Même s'ils contestaient cette occupation, de nombreux partis et associations ont condamné ces méthodes musclées. Comment en est-on arrivé là? La direction de la CGT, qui se targue d'avoir contribué depuis avril 2008 à plus de 2.000 régularisations de sans-papiers, affirme ne pas avoir été mise au courant. «Faux», répondent les responsables de l'opération.

  • Marie-Luce Penchard laisse l'outre-mer sceptique ou critique

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    La nomination mardi de la nouvelle secrétaire d'Etat à l'outre-mer, Marie-Luce Penchard – fille de Lucette Michaux-Chevry, ministre de Chirac puis Balladur –, a été voulue comme un signe d'ouverture envers les Antilles, où Nicolas Sarkozy se rend ce jeudi et vendredi. En installant pour la première fois une ultramarine à la tête des DOM-TOM, le président ne suscite pourtant guère l'enthousiasme. Le prédécesseur Yves Jégo est triste, l'UMP guadeloupéenne en émoi, le LKP attend des actes.
  • Sarkozy convoite le coffre-fort de la République

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    Cela aurait pu être la revanche de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Critiquée par les courants les plus libéraux de la droite, la plus puissante des institutions financières apporte la preuve, depuis le début de la crise, de sa formidable utilité. Mise à contribution dans le cadre du plan de sauvetage des banques et du secteur automobile, l'établissement abrite aussi le Fonds stratégique d'investissement, qui vient d'être créé. Mais ce rôle concédé à la CDC est aussi le prétexte pour l'Elysée de s'immiscer dans une maison placée en théorie sous la protection du Parlement. Et d'y placer des proches ou des obligés. Premier volet de notre enquête.

  • Sarkozy père et fils sont cités au détour d'une affaire de fausses factures

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    L'affaire n'avait, jusque-là, jamais été ébruitée. Le nom du président de la République et celui de l’un de ses fils, Pierre Sarkozy, apparaissent à plusieurs reprises dans une affaire de fausses factures dont l’instruction vient de s’achever à Versailles (Yvelines). Plusieurs mis en examen ont assuré sur procès-verbal que des fonds détournés au préjudice de Teleshopping, la société de télé-achat de TF1, auraient servi à financer illicitement la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007, sans pour autant en apporter la preuve. La justice, elle, n’a pas poussé plus loin ses investigations, alors que des écoutes téléphoniques et plusieurs témoignages attestent les liens unissant Pierre Sarkozy, producteur de musique, à l’un des mis en examen. Enquête.
  • Christine Boutin, une sortie de route spectaculaire

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    On la pensait condamnée à sortir du gouvernement. C'est fait.

  • EDF en quête d'une stratégie et d'un nouveau patron

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    Le mandat de Pierre Gadonneix à la présidence d'EDF expire en novembre. Les prétendants à la tête du groupe public ne manquent pas. Mais pour quelle stratégie? L'expansion internationale et la promotion de l'EPR dans le monde sont au-delà des forces du groupe, déjà très endetté. «Le nucléaire nous fait courir un péril mortel. Il faudra choisir entre l'EPR et la Bourse», assure un haut cadre dirigeant du groupe. Les salariés craignent que cela ne conduise à l'achèvement du démantèlement et de la privatisation des morceaux de choix.
  • EDF: malaise à la CGT

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    Syndicat majoritaire chez EDF, la CGT se trouve prise en porte-à-faux face aux derniers mouvements sociaux. «Nous sommes pris entre Sud et la direction», reconnaît un délégué syndical. Mais les salariés rendent aussi le syndicat comptable des changements intervenus dans l'entreprise publique au cours des cinq dernières années, et du malaise qu'ils ressentent face aux évolutions. Des non-dits pèsent car il y a bien eu un «deal» entre Nicolas Sarkozy et Bernard Thibault au printemps 2004 au moment du changement de statut. Et le président de la République n'a pas respecté ses engagements. Enquête.
  • Karachi: dès 2002, la DGSE a mené une opération de «représailles» contre des militaires pakistanais

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    Selon les informations de Mediapart, les services secrets français ont mené en 2002 une opération de représailles – «casser des genoux» – contre des militaires pakistanais suspectés d'être impliqués dans l'attentat de Karachi. Le 8 mai 2002, cet attentat fit quatorze morts dont onze Français, employés de la Direction des chantiers navals (DCN). L'opération a été le fait du service «Action» de la Direction générale des services extérieurs (DGSE). Cette information a été confirmée le 14 mai devant un juge antiterroriste par l'ancien agent de la DST, Claude Thévenet. Ce dernier a reconnu être l'auteur du fameux rapport «Nautilus»: il révèle que l'attentat aurait été causé par le non-versement de commissions dues par l'Etat français, sur fond de règlement de comptes entre chiraquiens et balladuriens. C'est aujourd'hui la thèse privilégiée par les juges. Une thèse qualifiée de «grotesque et de fable» par le président de la République. Jointe par Mediapart, Sandrine Leclerc, fille d'une victime, se dit «très fâchée et même en colère contre Nicolas Sarkozy».