Depuis 2020, les agents de la fonction publique peuvent signer des ruptures conventionnelles, une aubaine pour les enseignants qui y voient parfois une manière de sortir de leur mal-être. Sauf que l’administration fait tout pour les retenir, afin de contenir la pénurie de professeurs.
Malgré l’hypothèse d’un départ anticipé, Élisabeth Borne a encore l’espoir de pouvoir mener quelques chantiers à bien l’an prochain, notamment la réforme de la formation initiale des enseignants et l’amélioration du climat scolaire. Sans être très diserte sur les moyens nécessaires.
Dans le Gard, les enseignantes d’une école de Bessèges sont parties en vacances inquiètes. Depuis plusieurs années, le bâtiment est parsemé de dalles amiantées, pour partie en très mauvais état. Malgré de nombreux signalements, l’équipe et les élèves ont terminé l’année sur un linoléum collé à la va-vite.
Chargés de la prévention de la violence dans les collèges sensibles de l’académie de Lille, des personnels ont appris, du jour au lendemain, leur mutation vers d’autres établissements. Une décision jugée brutale et incohérente après les récentes attaques et violences en milieu scolaire.
Philippe Baptiste a promis un projet de loi pour aider les familles à voir clair dans l’offre de formations du supérieur. Dans le même temps, il assume de soutenir l’essor du privé et les mesures de régulations du secteur présentées peinent à convaincre.
Fait « cause nationale » par Emmanuel Macron, le lycée professionnel a connu deux réformes sous sa présidence. La dernière, mise en place à la rentrée, a engendré l’absence de nombreux élèves en cette fin d’année scolaire. De quoi dénoncer des mesures qui « donnent moins d’école aux élèves qui en ont le plus besoin ».
La future organisation des services sociaux des collèges et lycées voulue pour favoriser « l’équité », selon l’académie d’Aix-Marseille, préoccupe les enseignants et personnels. Ils craignent une dégradation de la prise en charge des élèves vulnérables.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, la Loire ou la Marne, elles ont été des lanceuses d’alerte contre les violences physiques et sexuelles à l’école. Alors que la commission d’enquête de l’Assemblée nationale vient de rendre son rapport, ces quatre anciennes enseignantes témoignent dans « À l’air libre ».
Plusieurs courriers, obtenus par Mediapart, documentent l’influence qu’exerce le secrétariat général de l’enseignement catholique, dirigé par Philippe Delorme, auprès de l’Éducation nationale. Cette instance, pourtant non reconnue par l’État, poursuit un but : défendre la singularité du privé, quitte à s’écarter des règles communes.
La commission d’enquête dénonce les « défaillances voire complicités » institutionnelles ayant permis aux violences de perdurer dans l’établissement catholique, malgré les nombreuses alertes. Pour la plupart des victimes, privées de « réparation judiciaire », le préjudice est immense.
Dans leurs conclusions, publiées mercredi 2 juillet, les rapporteurs dénoncent les mécanismes qui permettent la persistance des violences faites aux enfants dans les établissements scolaires. En ligne de mire : le privé qui fonctionne en vase clos. Et l’État qui laisse faire.
Un nouveau rapport consulté par Mediapart montre que l’établissement catholique parisien oblige toujours ses élèves à suivre des cours de religion. À l’inverse, en 2024, il ne proposait toujours pas de cours d’éducation à la sexualité. Le lycée n’a pourtant jamais été sérieusement inquiété.
Plusieurs syndicats ainsi que l’opposition municipale de Fontenay-aux-Roses dénoncent l’intrusion de l’extrême droite dans l’enseignement public. En cause : un événement organisé dans un collège par une association financée par le fonds du milliardaire ultraconservateur Pierre-Édouard Stérin.
Le sociologue Pierre Merle a épluché 150 rapports d’inspection d’établissements privés hors contrat, secteur en pleine expansion. Il pointe des dérives graves et nombreuses au sein des établissements Steiner et des écoles catholiques traditionalistes, en l’absence d’un contrôle sérieux de la part de l’État.
Le député insoumis, corapporteur de la commission d’enquête sur les violences dans les établissements scolaires, a écrit à la présidente de la commission pour lui demander de saisir la justice contre le premier ministre, mais aussi contre Caroline Pascal, ex-directrice de l’Inspection générale de l’éducation, et un préfet.
Le rapport issu de la commission d’enquête sur les violences commises dans les établissements scolaires, montée dans le sillage de l’affaire Bétharram, a été adopté par les députés. Les députés MoDem, quelques députés macronistes et la moitié des parlementaires Rassemblement national se sont abstenus.