A380, A400M, A350... Annoncés en fanfare, ces trois programmes devaient être le symbole de la réussite d'Airbus. Dix ans plus tard, le groupe accumule déboires et retards sur ces grands projets, qui vampirisent ses ressources financières et humaines. Les salariés d'Airbus s'inquiètent: alors que le duopole Boeing-Airbus est condamné à terme, leur groupe sera-t-il capable de relever les défis pour assurer son avenir? Le succès d'Airbus repose toujours sur l'A320, un modèle qui a plus de vingt ans.
Plusieurs raffineries du groupe Total sont bloquées par les salariés. Celle de Dunkerque, qui fermera cette année, employait 380 personnes, mais aussi quelque 400 sous-traitants. C'est tout un maillage de petites entreprises, éparpillées le long du littoral, qui se trouvent au bord de l'asphyxie. Des PME de tuyauterie aux remorqueurs du port maritime.
Comment fait-on fortune sous Nicolas Sarkozy? Mediapart publie une enquête en quatre volets sur Stéphane Courbit, figure montante du capitalisme du Fouquet's. Notre deuxième volet est consacré à l'ascension de celui qui fut le producteur de Loft Story et de la Star Ac' et au magot de 240 millions d'euros sur lequel il a mis la main en 2007, en revendant ses parts dans Endemol France. Où il est question d'une piscine à Neuilly, d'un sac Hermès pour une certaine Cécilia et de coffres-forts envolés...
Faut-il interpréter cela comme un signe de confiance? Ces dernières semaines, les dirigeants des grandes comme des petites entreprises se sont précipités pour réaliser leur plan de stock-options et les revendre par la suite. A la clef, à chaque fois, de solides plus-values. Franck Riboud, le patron de Danone, a ainsi empoché 2,4 millions d'euros. Mais les deux dirigeants de BNP Paribas n'ont pas fait mal non plus: entre juin et décembre 2009, ils ont empoché plus de 2,6 millions d'euros de plus-values.
Les avocats de Vivendi et ceux de deux actionnaires minoritaires et de l'ADAM se sont retrouvés mercredi devant le tribunal de Paris. Le groupe demande que les actionnaires français ne puissent pas être partie prenante de la class action intentée contre lui à New York. Les erreurs et les faux pas juridiques commis par Vivendi dans ce dossier risquent de créer un précédent préjudiciable pour l'ensemble du CAC 40. Jugement le 13 janvier.
L'histoire du Club Méditerranée commence à livrer quelques-uns de ses mystères. On pensait qu'elle se résumait à un possible projet d'acquisition par Bernard Tapie. Il s'avère que de nombreux acteurs pèsent dans les coulisses: Alain Minc, notamment, qui est depuis de longues années le conseil rémunéré du PDG de l'entreprise, Henri Giscard d'Estaing; ou encore Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée qui jouerait en faveur de Bernard Tapie. Du coup, l'annonce par la Caisse des dépôts de son retour prochain au capital du Club Med surprend: pourquoi de l'argent public est-il une nouvelle fois apporté dans une bataille privée, où sont mêlés des proches du chef de l'Etat? Parti pris.
Sous la pression de l'Elysée et des milieux patronaux, les dirigeants de la Société générale ont accepté «de renoncer à exercer leurs stock-options tant que la banque bénéficiera de l'appui en fonds propres de l'Etat». Pourtant, les dégâts produits par l'attribution de ces stock-options sont considérables: les syndicats de la banque demandent des comptes, le gouvernement voit mis à nu ses faux-semblants politiques. Et dès sa première application, le code de l'AFEP-Medef a volé en éclats.
Nouveau rebondissement dans l'interminable saga politique, économique et judiciaire liée au sort du transporteur maritime SNCM. Ses concurrents sur les liaisons entre le continent et la Corse, la CMN et Corsica Ferries, attaquent devant la justice européenne la décision de la commission de Bruxelles d'avaliser sans réserve le renflouement/ privatisation de la SNCM, qui a coûté des centaines de millions d'euros au contribuable français. Coup de projecteur sur une affaire hors normes.
Les plus fragiles ont déjà mis la clé sous la porte. Les autres, les plus gros ou ceux qui avaient plusieurs clients, vont fermer leurs usines en décembre, souvent plusieurs semaines. Et après? Au Havre et à Rouen, dans la région de l'automobile, les sous-traitants de l'automobile vivent au jour le jour. Leurs salariés craignent des fermetures d'ici quelques mois. Suite de notre série sur la crise et le marasme de l'industrie automobile. Texte et photos : Mathieu Magnaudeix.
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Patron exécutif du groupe Carrefour, José Luis Duran va prochainement être écarté, selon nos informations. En pleine crise financière, sur fond de chute de la Bourse, pourquoi les deux nouveaux actionnaires du géant mondial de la distribution, Bernard Arnault et le fonds Colony Capital, ont-ils pris cette décision? Parce qu'ils veulent démembrer le groupe, comme des échos de presse leur en prêtent l'intention? En tout cas, le jeu de chaises musicales qui se profile revêt une importance inhabituelle: à l'heure où Nicolas Sarkozy répète sa volonté de lutter contre les excès des fonds spéculatifs, il faut surveiller de près ces travaux pratiques.
Renault a annoncé, vendredi 10 octobre, le départ de la direction opérationnelle de Carlos Ghosn, PDG depuis trois ans. Il est remplacé par l'actuel numéro deux, Patrick Pelata. Une prise de distance envisagée «de longue date», selon le communiqué de Renault. Mais cet événement intervient après des mois de tourmente pour le groupe français: annonce de suppression de plusieurs milliers d'emplois en Europe et en France, fermeture partielle de l'usine de Sandouville (Seine-Maritime)...
Le conseil d'administration d'Air France doit approuver jeudi le passage de témoin à la direction de l'entreprise. Jean-Cyril Spinetta conservera juste ses fonctions de président du conseil d'Air France-KLM. Pierre-Henri Gourgeon, numéro deux de la compagnie depuis dix ans, lui succède à la présidence d'Air France. Non sans mal: le poste était très convoité. Cette succession survient au moment où le transport aérien est en pleines turbulences, pris dans le choc d'un pétrole cher.
Renault a confirmé la suppression de 5.000 emplois en Europe. Les syndicats de Renault accusent le groupe de faire payer aux salariés un «échec» stratégique. Depuis sa nomination à la présidence en 2005, Carlos Ghosn a géré d'une main de fer le constructeur automobile. Mais lui a-t-il donné la capacité de se réinventer? Analyse. Lire aussi chez Renault, la grande saignée sociale est confirmée.
Les administrateurs d'Alcatel-Lucent ont tenu un conseil par téléphone ce lundi 1er septembre après-midi pour arrêter leur choix sur la nouvelle direction du groupe. Leur décision devrait être annoncée d'ici à mercredi. Serge Tchuruk, qui dirige le groupe depuis treize ans, risque d'imposer une dernière fois sa marque. Sa préférence va à un tandem formé par Philippe Camus et Ben Verwaayen. Comme à chaque changement important de direction, le monde des affaires se passionne et s'entremet. Chacun soupèse son influence.
C'est l'épilogue d'une bataille judiciaire que Mediapart avait racontée par le menu: le tribunal de grande instance de Paris a condamné, le 10 juillet, la société Oléron Participations (contrôlée par Alain Minc et Pierre Bergé), et plusieurs sociétés alliées, à payer la somme de 13,9 millions d'euros à la société Ciga Luxembourg, propriété de l'industriel italien Carlo de Benedetti. Une affaire qui en dit long sur les mœurs du capitalisme parisien.