La France a réautorisé la circulation des voyageurs en provenance du Royaume-Uni ce 23 décembre, à condition de présenter un test négatif sensible au variant anglais. Tour d’horizon des questions suscitées par ce virus mutant, de la recherche de ses traces en France, à sa potentielle nuisance, en passant par l’efficacité des moyens pour s’en prémunir.
Les fabricants de vaccins distillent au compte-gouttes leurs données d’efficacité et de sûreté, même aux pouvoirs publics. Ils rechignent aussi à ce que des expérimentations académiques complètent leurs propres tests pour mieux éclairer le gouvernement. Seul Moderna accepte que l’Inserm teste son vaccin début 2021, au moment de sa distribution en France. L’institut de recherche était pourtant prêt à embrayer dès octobre.
D’ici à la fin de l’année ou au début 2021, les premières doses devraient être livrées en France. Jamais un vaccin n’a été autant attendu que celui contre le Covid-19. Et jamais un vaccin n’a été développé et testé aussi rapidement. Explications.
Mediapart compare les données disponibles, au fur et à mesure de leur publication par les laboratoires, pour aider à s’y retrouver parmi les produits distribués en France et Europe, où la campagne de vaccination a débuté fin décembre 2020.
Pile une semaine après l’annonce de Pfizer-BioNTech, Moderna a brandi le taux d’efficacité de son vaccin le 16 novembre : 94,5%. Surtout, lui ne demande pas de contraignantes conditions de conservation. Le 18 novembre, Pfizer-BioNTech a rétorqué en affichant finalement un taux d'efficacité de 95%, selon sa dernière analyse. Derrière les effets d’annonce, le point sur les avancées à confirmer et les inconvénients des deux vaccins en tête de cette course mondiale.
Le communiqué du duo Pfizer-BioNTech a suscité un élan d’espoir mondial qui s’est répercuté sur les marchés financiers, le 9 novembre. Le jour même, le PDG de Pfizer a vendu ses propres actions pour 5,5 millions de dollars. Une confirmation de cet essai serait, certes, une bonne nouvelle. Toutefois, prudence : l’efficacité affichée de 90 % du vaccin ne signifie pas pour autant qu’il empêche le virus de circuler.
De nouveaux tests rapides gratuits sont accessibles à tous, sans ordonnance, depuis le 26 octobre. Mais la remontée massive des résultats, qui n’est pas encore automatisée, laisse à désirer. Et pour les personnes sans symptôme, la fiabilité des tests antigéniques n’est pas établie. Cependant, des tensions d’approvisionnement se font déjà sentir et les personnes ciblées au départ pourraient ne pas être celles qui se font tester à l'arrivée.
Une étude coordonnée par l’OMS a douché les espoirs suscités par l’hydroxychloroquine ou le remdesivir. Seuls les corticoïdes aident, un peu, les patients les plus atteints. Mediapart passe en revue les déceptions passées et les espoirs à confirmer.
Le bouclier anti-virus de Gilead, le Remdesivir, était le traitement qui suscitait le plus d’espoirs pour bloquer le Covid-19. Ils ont été douchés le 15 octobre par une étude de l’OMS. Une semaine plus tôt, le laboratoire américain avait signé in extremis un contrat de précommandes avec la Commission européenne pouvant atteindre 1 milliard d'euros.
La remise des résultats des tests Covid-19 en moins de 48 heures n’est toujours pas assurée du fait de l’engorgement des laboratoires. Or, passé ce délai, la stratégie de dépistage est inefficace et l’argent public gaspillé. Les géants pharmaceutiques, eux, engrangent des profits.
Les producteurs de vaccins contre le Covid-19 signent des clauses avec les pouvoirs publics pour que les États prennent en charge les indemnisations en cas de survenue d’effets indésirables. Et ce, au prétexte de la pression politique qu’ils subissent pour produire en un temps record.
La promesse d’un vaccin qui parviendrait à stopper net la pandémie s’éloigne. La rapidité inhabituelle du développement des futurs sérums suscite aussi des craintes quant aux effets indésirables potentiels. Une plus grande transparence sur les essais cliniques et une évaluation plus aboutie sont espérées.