Un enregistrement inédit d’une réunion de la commission d’autorisation de mise sur le marché de la police sanitaire a été entendu au procès. Ses experts, par ailleurs consultants pour le laboratoire Servier, assistaient aux débats sur le Mediator.
Le procès aborde la question du « trafic d’influence » imputé au producteur du Mediator. D’anciens hauts responsables de l’agence du médicament sont jugés pour avoir reçu des milliers d’euros en échange de conseils donnés à Servier, notamment pour obtenir des autorisations de mise sur le marché. La police sanitaire a maintenu celle du coupe-faim jusqu’en 2009, malgré ses dangers.
L’ancien ministre de la santé Xavier Bertrand, auditionné ce jeudi 6 février comme témoin au procès du Mediator, a justifié l’inaction des politiques. Lui-même aurait très bien pu dérembourser l’antidiabétique déguisé en coupe-faim avant son interdiction actée en 2009. La défense du laboratoire Servier n’a pas brillé dans sa tentative de partager les torts dans ce scandale sanitaire.
Face à la pénurie d’un traitement qui soigne le cancer de la vessie, un système de contingentement à points a été inauguré en janvier. Son but ? Trier les patients qui auront droit aux premiers flacons disponibles. En dépit d'une annonce de réapprovisionnement jeudi, cette rupture de stock liée au business pharmaceutique réduit gravement les chances de guérison des malades.
Des contenus racistes, sexistes, grossophobes et anti-pauvres. Voici ce que révèlent des pages Facebook alimentées par des praticiens et des étudiants en médecine, dont un groupe privé qui rassemble près de 11 400 blouses blanches. Du lynchage au patient bashing, voire aux pratiques discriminatoires… Comment de tels débordements sont-ils possibles et tolérés ?
La défense de Servier n’a eu d’autre choix que de s’excuser, mercredi 11 décembre, pour la première fois depuis que le laboratoire comparaît pour homicides et blessures involontaires. Le tribunal, jour après jour, encaisse les témoignages des victimes du Mediator et des familles de celles présumées mortes à cause du produit de l'entreprise fondée par Jacques Servier.
1995 et 1997 sont les deux grands rendez-vous ratés de l’Agence du médicament d’accomplir sa mission : retirer le Mediator du marché et ainsi sauver des vies. Ses anciens responsables justifient péniblement leur passivité et l’interdiction tardive du produit de Servier en 2009. Si la négligence est prouvée, l’Agence risque une condamnation pour homicides et blessures involontaires.
Des leaders d’opinion de la santé censés parler dans l’intérêt des patients servent de porte-parole à l’industrie pharmaceutique dans une tribune publiée dans L’Opinion. Les 86 médecins signataires cumulent depuis 2013 plus de 16 millions d’euros de liens d’intérêts.
La pneumologue brestoise a désarmé la défense du laboratoire Servier, producteur du coupe-faim, ce 16 octobre, trois semaines après le début du procès fleuve du Mediator. Irène Frachon a porté haut la voix des victimes, venues en nombre applaudir son témoignage.
Le tribunal est entré mardi dans le vif du sujet. L’inspecteur général des affaires sociales, Aquilino Morelle, a accablé le laboratoire Servier qui lui a reproché en réponse d’avoir protégé l’Agence du médicament et les politiques.
Dans cette zone de désert médical, les hôpitaux de Pithiviers et Montargis proposent seulement la méthode médicamenteuse aux femmes. D’où l’allongement du temps de transport des habitantes du Loiret pour disposer du choix de la technique d’avortement. Le centre de planification ou d’éducation familiale d’Orléans, lui, est le tout premier en France à pratiquer les aspirations. État des lieux à l'occasion de la journée mondiale du droit à l'avortement, le 28 septembre.
Le procès du plus important scandale sanitaire depuis celui du sang contaminé s’ouvre enfin pour six mois à Paris. Sur le banc des accusés, Servier, fabricant du Mediator. Mais aussi l’Agence du médicament et des experts, parfois payés par le laboratoire. Face à eux, 2 684 parties civiles.