La multiplication des hommages au fondateur du Front national passe sous silence la réalité de ses convictions. Bien plus que de simples « dérapages » ou « polémiques », le Breton a toujours assumé des prises de position haineuses qui lui ont valu de nombreuses condamnations en justice.
Depuis la mort de Jean-Marie Le Pen, éloges, minimisation et déni ont envahi les plateaux télé et le débat public. À la veille de la cérémonie religieuse pour l’ancien président du Front national, retour dans « À l’air libre » sur le véritable héritage de Le Pen : celui de la haine.
La leader du parti d’extrême droite, Alice Weidel, a déroulé ce week-end les propositions radicales de son « plan d’avenir » en vue des élections fédérales du 23 février, qui prévoit notamment la « remigration » massive de personnes étrangères ou d’origine étrangère.
Dans un entretien au « JDNews » bolloréen, Marine Le Pen a affirmé qu’elle ne se « pardonnerai[t] jamais » d’avoir exclu son père du parti. Cet aveu tranche avec ses vingt années de tentatives de prises de distance avec Jean-Marie Le Pen, mais il se situe dans la continuité de son refus de renier l’histoire de son parti.
Depuis l’héritage Lambert en 1976, la fortune réelle du fondateur du Front national a suscité l’intérêt des médias, des services fiscaux et de la justice, sans que les énigmes soient jamais percées. Jean-Marie Le Pen emporte avec lui les secrets de cinquante années de gestion financière opaque.
La mort du fondateur du Front national a provoqué un flot continu de commentaires fallacieux, silenciant son antisémitisme, son racisme et la torture qu’il a pratiquée en Algérie, pour saluer un « lanceur d’alerte ». La perte de sens est totale, y compris au plus haut niveau de l’État.
De 1984 à 2002, ce fut bien l’opposition à ce que Jean-Marie Le Pen était qui éveillait à une identification politique de gauche, selon l’historien Nicolas Lebourg. Il évoque ce qu’a représenté le fondateur du Front national, à gauche, au cours des décennies, et ses échanges avec lui.
Pour l’historien Nicolas Lebourg, ceux qui l’ont haï et ceux qui l’ont adulé peuvent se mettre d’accord sur un point : le fondateur du Front national a démontré que l’on pouvait changer la France sans la gouverner. Raciste, antisémite, éveilleur des passions d’extrême droite du pays, il fut aussi un révélateur de la société française.
Tweets racistes, messages homophobes, pseudos néonazis... Derrière leurs écrans, plusieurs collaborateurs de députés Rassemblement national se lâchent sans jamais être inquiétés. La plupart d’entre eux sont toujours en poste à l’Assemblée.
Une dizaine de collaborateurs de députés Rassemblement national ont des liens avec le syndicat d’extrême droite la Cocarde. Une organisation étudiante identitaire, proche de groupuscules violents.
Le récent licenciement de deux assistants parlementaires du RN n’a rien changé sur le fond : plusieurs autres collaborateurs de députés proches de groupuscules identitaires sont encore au poste. Une réalité qui illustre les liens persistants entre la mouvance radicale et le parti d’extrême droite.
L’émission, co-animée par l’historien Nicolas Lebourg et David Dufresne du média « Au Poste », brosse le bilan de 2024 : le RN caracole, la droite se range en partie derrière lui, Trump rafle la mise. Parmi nos invités, les politistes Vincent Tiberj et Florence Haegel.
L’animateur de Politicae, Raphaël Cognet, maire de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, a pioché dans le budget « formation » de sa mairie pour un improbable « coaching ». Un signalement a été adressé au préfet et au parquet de Versailles.
Sous couvert d’antisionisme militant et d’opérations publicitaires, Frédéric Chatillon, ancien chef du GUD et vieil ami de Marine Le Pen, s’est converti en lobbyiste du régime syrien.
Depuis le début de la révolution syrienne, des cadres du RN et certains proches de Marine Le Pen ont multiplié les visites de courtoisie à Bachar al-Assad, voyant dans le dictateur un rempart contre l’islamisme et l’immigration, sans égards pour le sort de la population syrienne.
Jamais satisfaite de l’attitude du premier ministre à son égard, pressée par son socle électoral, ses députés et un calendrier judiciaire défavorable, Marine Le Pen a fini par censurer le gouvernement de Michel Barnier. L’épilogue annoncé de trois mois de tartufferie politique.