Partout en Europe, durant la campagne électorale, les extrêmes droites ont réussi à mettre à l’agenda politique leurs obsessions identitaires. Retour sur cette dynamique apparente et sur les risques qu’elle fait peser sur le futur Parlement européen.
Jordan Bardella a tenu un ultime meeting de campagne à Paris, perturbé quelques instants par deux militantes des Femen. Comme à son habitude, le président du RN a récité ses formules toutes faites et dénoncé l’immigration.
Au-delà de la rupture avec son partenaire allemand l’AfD, le Rassemblement national est toujours allié avec divers partis aux positions ouvertement racistes et homophobes. Jordan Bardella assume ces infréquentables, arguant ne pas chercher « des clones » au Parlement européen.
Matteo Salvini a nommé le très controversé général à la tête de sa liste pour les élections européennes en Italie centrale. Suspendu de ses fonctions militaires après la publication d’un pamphlet raciste et homophobe, il défend le slogan de la Ligue : « Plus d’Italie, moins d’Europe ».
Le Rassemblement national peine à expliquer comment il compte mettre en place la « double frontière » que promet Jordan Bardella dans son programme. La proposition est à la fois irréaliste et contraire au droit international.
Des perquisitions au Parlement européen ont visé mercredi Guillaume Pradoura, ancien assistant parlementaire des eurodéputés Nicolas Bay (alors RN) et Maximilian Krah (AfD), dans le cadre d’une enquête sur des soupçons d’ingérence russe et de corruption.
Alors que Marine Le Pen et Jordan Bardella tentent de faire oublier les liens du parti avec les groupuscules d’extrême droite, la réalité du terrain est tout autre. Exemple en Indre-et-Loire, où la responsable du Rassemblement national de la jeunesse milite régulièrement avec le mouvement néofasciste du département.
Dans cette ville du Pas-de-Calais tenue par le Rassemblement national depuis 2014, associations, syndicats et opposants politiques continuent, malgré les pressions, de lutter contre l’extrême droite et le découragement.
Après des semaines de relations tumultueuses, le Rassemblement national assure ne plus vouloir siéger avec son allié allemand au Parlement européen. Une rupture qui fait suite aux propos de la tête de liste allemande sur les SS qui ne seraient « pas automatiquement des criminels ».
Le Rassemblement national tente de mettre à distance le parti d’extrême droite AfD, de plus en plus radical et visé par plusieurs enquêtes judiciaires, sans rompre totalement les liens avec ce membre important de son groupe au Parlement européen.
Grand rendez-vous de l’extrême droite la plus radicale, la manifestation néofasciste du Comité du 9-Mai, prévue samedi 11 à Paris, a été d’abord interdite par la préfecture de police, puis autorisée par la justice administrative. Retour sur les débuts de ce rassemblement annuel, au milieu des années 1990.
À la peine depuis plusieurs mois et miné par des dissensions internes, le parti d’Éric Zemmour mise sur l’arrivée de sa compagne Sarah Knafo en troisième position sur la liste et les outrances xénophobes de Jean Messiha pour redynamiser une campagne morose, dominée à l’extrême droite par Jordan Bardella.
Selon nos informations, la préfecture de police de Paris a interdit le rassemblement néofasciste qui devait se tenir samedi 11 mai, à l’initiative du GUD, pour commémorer les trente ans de la mort de l’un des leurs, Sébastien Deyzieu. Les organisateurs ont saisi le tribunal administratif.
Cinq militants de Défends Marseille, une organisation de jeunesse et soutien de l’élu Reconquête des Bouches-du-Rhône, seront jugés le 14 mai pour « injure à caractère raciste » après le déploiement d’une banderole lors d’un concert de SOS Méditerranée en juin 2023.
Du 3 au 5 mai, Louis Aliot, maire Rassemblement national de Perpignan, et l’écrivain Éric Naulleau firent se tenir un cycle de pseudo-conférences parcourues de délires, zébrées de surenchères et grosses de menaces sur la paix civile, sous couleur de sauver notre civilisation. Compte rendu éprouvant.
Longtemps cantonnées à quelques « bastions », les organisations d’extrême droite cherchent désormais à s’implanter dans toutes les universités, par la voie des urnes ou en organisant la confrontation parfois physique. Les autorités restent passives face au phénomène.