Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, abandonne toute poursuite contre le député socialiste. Il réussit, par ce choix, un triple coup politique qui satisfera grandement l'Elysée: prendre à contrepied les socialistes; défendre la suppression du juge d'instruction; et autoriser l'ouverture d'un procès, celui de la presse. Parti pris.
7% de hausse au 1er janvier ! Les tarifs réglementés du gaz vont disparaître. Dans un communiqué publié vendredi soir, le ministère de l'énergie et le ministère des finances annoncent un nouveau contrat de service public avec GDF-Suez. L'Etat renonce à avoir le moindre droit de regard sur les tarifs. Ceux-ci seront déterminés par le groupe et soumis à l'approbation d'une commission de régulation de l'énergie sans véritables pouvoirs. Parti pris.
Lors du débat sur l'identité nationale organisé à l'Assemblée, Eric Besson a conclu son intervention sur cette interjection: «Vive la République, Vive la France»! Mais pour qui se prend-il précisément? Parti pris – après une plongée dans les archives parlementaires.
Ce qui était inenvisageable il y a deux mois devient souhaitable aujourd'hui. Le gouvernement français projette d'imiter le gouvernement britannique et de taxer à hauteur de 50% les bonus versés par les banques en 2009. La mesure a toutes les chances de plaire à l'opinion publique outrée de voir les banques renouer avec leurs anciennes pratiques après avoir été sauvées par l'argent public. Mais les problèmes de fond du dérèglement bancaire persistent, comme avant la crise financière. Parti pris.
Gaspard Kœnig, qui fut la «plume» de Christine Lagarde au ministère des finances, vient de publier Les Discrètes Vertus de lacorruption. Une promenade historico-philosophique un tantinet impertinente, à la recherche des penseurs de la prévarication. Mais page après page, ce sont les valeurs du berlusconisme qui transparaissent. Et aussi, celles du sarkozysme. Parti pris.
Le succès de l'appel de Mediapart, «Nous ne débattrons pas», n'est pas simplement le refus de cautionner une machine infernale, de division et d'exclusion. Ce sursaut a pour moteur la compréhension qu'avec ce « grand débat sur l'identité nationale », se donne à voir la nature profonde du régime. Il faut relire mot à mot les deux discours de Nicolas Sarkozy et de François Fillon. Pour la première fois s'énonce, au sommet de la République, l'idéologie de la droite extrême, celle qui fut au pouvoir avec Philippe Pétain sous Vichy, cette droite à la fois maurrassienne, orléaniste et élitiste qui n'a jamais admis la démocratie libérale.
La revue Vacarme n'a pas attendu le «grand débat» pour s'interroger sur l'entreprise identitaire engagée du pouvoir exécutif. L'anthropologue Michel Agier, directeur d'études à l'EHESS, y a mené, depuis deux ans, une réflexion visant à «faire face» au ministère de l'identité nationale, mettant à contribution des historiens, des sociologues etdes philosophes. Mediapart a rassemblé ces textes.
Vous avez dit “identité nationale”? Mais quelle est la réponse de ceux qui posent cette question paraissant tomber comme les cheveux sur la soupe? La France de l'anti-libéral Sarkozy, du préfet Guéant et du souverainiste Guaino est celle du retour de l'Etat central. Cet Etat-nation, qui a donné toute sa mesure dans les boucheries du XXe siècle, est à nouveau présenté comme la forme ultime, insurpassable de l'organisation politique des sociétés humaines. Parti pris.
Parce que Nicolas Sarkozy s'y est engagé auprès de Henri Proglio, le gouvernement multiplie les déclarations pour justifier la rémunération du nouveau président d'EDF: 1,6 million d'euros, autant que ce qu'il touchait à Veolia. Cette décision marque une rupture: le public reprend de plus en plus à son compte les plus mauvaises pratiques du privé. Parti pris
Depuis son périple en Asie, et notamment son escale à Pékin, le président américain est l'objet de vives critiques. On lui reproche la stagnation apparente de nombreux dossiers et une attitude trop prudente sur les questions internationales. Cela ressemble avant tout à un procès en impatience de ceux qui ont placé leurs attentes en lui. Parti pris.