La gauche n'a pas uniquement le choix entre trois hommes aux patronymes nantis d'un suffixe en « on » : Hamon, Macron et Mélenchon. Petite revue des solutions de rechange, hors du triangle des Bermudes électoral de cette présidentielle…
La bonne nouvelle de cette élection est qu’elle accentue la crise du présidentialisme français. La mauvaise nouvelle est qu’elle se joue à la roulette russe. Le choix est d’autant plus aléatoire qu’il se fait sous la pression des événements, à l’instar de l’attentat commis à Paris. C’est pourquoi, au-delà du vote, il nous faut d’abord parier sur la société et ses mobilisations.
La déclaration publique et l’acte de désobéissance civile de Florent, militant anti-Cigéo, doivent être entendus comme une alerte sur la vigilance collective à construire pour protéger les libertés publiques contre les effets délétères de l’injonction à l’ordre sécuritaire.
Mis en examen, le candidat Fillon prend la présidentielle en otage pour régler ses déboires avec la justice. Le choix de la droite de le maintenir est le carburant du désastre à venir.
Libéral, le programme présidentiel d’Emmanuel Macron ? Ce jugement catégorique, en passe de faire la quasi-uninamité chez les rivaux du candidat d’En Marche !, en dit plus sur l’état idéologique du pays que sur les propositions elles-mêmes. Parti pris.
Se rangeant aux côtés des banques et des assurances, le candidat d’En Marche juge que les règles prudentielles sont trop contraignantes. Il souhaite à l’avenir que ce soit les ministres des finances et non les régulateurs qui les déterminent. Un premier pas pour effacer toutes les leçons de la crise financière.
Refus de saisir la justice dans le scandale de la fédération de tennis ; inertie dans celui de la fédération de rugby ; rapports expurgés pour les sports de montagne ; nominations contestées au sein de l'Inspection générale de la jeunesse et des sports : le ministère de la jeunesse et des sports a fait naufrage.
La Cinquième République est à l'agonie : prise en otage par un forcené qui piétine la justice, insulte la presse, méprise les élus et appelle au secours les factieux. Après avoir détruit les partis, corrompu le Parlement, asséché le vote lui-même, elle arrive au terme de son œuvre de destruction démocratique. Il est plus que temps d’en sortir. Avant qu’il ne soit trop tard.
Le spectre des années 1930 pèse sur la vie politique française. Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon seraient bien inspirés de s’en souvenir : à afficher sans cesse leurs divisions, ils risquent de contribuer à la catastrophe démocratique qui menace. Sans se renier, une autre voie s’offre pourtant à eux : se mettre d’accord au moins sur une refondation démocratique et enclencher ensemble une dynamique dans le pays.
Au-delà d’une faute personnelle, l’affaire Fillon est aussi le produit d’un écosystème parlementaire qui favorise l’abus d’argent public au lieu de l’empêcher. Scandale après scandale, sénateurs et députés refusent que leurs enveloppes soient contrôlées.