Il y a vingt ans, la commission Stasi assumait de moderniser la loi de 1905 sur la laïcité, tout en critiquant une société minée par les discriminations et les ruptures d’égalité. De ce travail n’a surnagé dans le débat public que la loi de 2004 sur le port de signes religieux à l’école.
L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) accuse des militants propalestiniens de Sciences Po d’« antisémitisme ». Le gouvernement a saisi le procureur de la République, une enquête administrative est en cours, alimentant un procès latent en « wokisme » de l’école des élites.
Deux décennies après la promulgation de la loi interdisant les signes religieux à l’école, Mediapart donne la parole à trois femmes concernées par les interdictions successives de 1994, 2004 et 2023.
La ministre de l’éducation nationale a annoncé les modalités de la mise en place des groupes de niveau au collège, rejetée de toutes parts. Entre les lignes, le gouvernement recule mais sans le dire trop fort, pour ne pas désavouer un premier ministre qui en avait fait un totem.
Une manifestation des personnels de l’éducation du département s’est élancée jeudi vers le ministère de l’éducation, devant ponctuer une mobilisation protéiforme depuis deux semaines. Élèves, enseignants et parents réclament d’une même voix un plan d’urgence.
Réclamé depuis des années, le ministère vient de publier le travail élaboré par le Conseil supérieur des programmes afin de bâtir une véritable éducation à la sexualité de la maternelle au lycée. Consensuel, voire peu « ambitieux », sa simple existence ressemble à une victoire.
Les directeurs diocésains de l’enseignement catholique privé sous contrat ont tenté de négocier un assouplissement de la réforme des collèges, en particulier sur la question des groupes de niveau. Selon plusieurs d’entre eux, certaines académies auraient accepté l’arrangement, alors que les textes réglementaires n’ont pas encore été publiés. Mais le ministère de l’éducation assure qu’« il n’y a pas d’accord ».
La grève est reconduite en Seine-Saint-Denis, les enseignants réclament un plan d’urgence pour le département mais également l’abandon des groupes de niveau au collège, prévu pour la rentrée 2024. Comme à Romainville, le mouvement est parfois soutenu par des parents inquiets.
Réunissant des anciens de la FIDL et absorbant La Voix lycéenne, l’Union syndicale lycéenne voit le jour, achevant la recomposition à l’œuvre dans le syndicalisme des plus jeunes. Critique du « réarmement civique » voulu par Emmanuel Macron, la nouvelle organisation a aussi l’extrême droite dans son viseur.
Formiris gère la formation dispensée dans les établissements privés sous contrat avec l’État. Syndicats et enseignants dénoncent certains des contenus qui puisent dans la doctrine religieuse, alors que l’organisme est alimenté par des fonds publics.
Selon les informations de Mediapart, l’ex-directeur de l’internat est renvoyé au tribunal au mois de septembre pour des violences commises au sein du lycée jusqu’en 2018. Il vient par ailleurs d’être mis en examen pour « viol sur mineur » dans un autre établissement privé catholique.
Farouchement opposés à la réforme du collège proposée par l’ex-ministre de l’éducation Gabriel Attal, le corps enseignant et les chefs d’établissement multiplient les courriers d’alerte. Ils craignent des classes disloquées, un bazar monstre et des élèves stigmatisés. C’est le dossier explosif à venir pour la nouvelle ministre.
Amélie Oudéa-Castéra n’est restée que quatre petites semaines à la tête de l’Éducation nationale, mais elle a rouvert dans ce court laps de temps plusieurs débats majeurs pour l’institution. À son corps défendant.
Le taux d’élèves scolarisés dans le privé est aujourd’hui deux fois plus élevé à Paris que dans le reste du pays, et pourrait devenir majoritaire dans la capitale d’ici dix ans, alerte l’économiste Julien Grenet.
Plus de deux millions d’étudiants sont appelés à élire leurs représentants au sein des Crous, alors que la précarité des jeunes explose et que le syndicalisme étudiant ne cesse de s’affaiblir. L’UNI, à droite, ainsi que La Cocarde, soutenue par Éric Zemmour, s’imaginent en trouble-fête.
Christophe Kerrero a claqué vendredi la porte du rectorat de Paris. Une décision rarissime et une déflagration pour la ministre, accusée d’entraver un projet de « mixité sociale ». Au gouvernement, l’exaspération est à son paroxysme.