Au quai d’Orsay, Rémy Queney est placardisé à la suite d’incidents survenus lors d’affectations à l’étranger. En Éthiopie, où il a usé de sa messagerie professionnelle pour des raisons privées, il est passé tout près d’un rapatriement forcé. Enquête sur la drôle de caution diplomatique du RN.
Enseignant dans un lycée du Bas-Rhin, Marc Wolff a fait l’objet d’au moins cinq signalements au rectorat de Strasbourg pour des propos choquants mais aussi pour avoir frappé un élève, selon des documents consultés par Mediapart. « Un geste parfaitement déplacé », reconnaît-il.
À la veille du premier tour, Éric Ciotti avait publiquement retiré son soutien à Louis-Joseph Pecher en raison de ses messages sur les réseaux sociaux. Mais qualifié au second tour en Meurthe-et-Moselle, il revendique toujours le soutien de son parti, dont il a conservé l’étiquette en préfecture. Une illustration du double langage de l’extrême droite, si l’on observe en regard la situation de la candidate Ludivine Daoudi dans le Calvados.
Mediapart a recensé une centaine de candidats, investis par le Rassemblement national pour les législatives, ayant tenu des propos haineux et complotistes. Mediapart a interrogé trois porte-parole du parti d’extrême droite et leurs réponses oscillent entre silence, déni et mauvaise foi.
Réseau libre, un site internet caché en Russie, a appelé à se débarrasser des « vermines en robes noires » engagées contre le Rassemblement national. Le même site avait déjà proféré des menaces de mort contre des journalistes de Mediapart après une de nos enquêtes le concernant.
Le RN est arrivé en tête dans la totalité des communes de cette circonscription rurale, en profitant de la désertion des services publics, de faits divers médiatiques, et en soufflant sur les braises d’une mobilisation contre un projet de centre d’accueil pour demandeurs d’asile.
Pour la première fois de son histoire, la péninsule a qualifié des candidats du RN au second tour dans 26 circonscriptions sur 27. Les résultats confirment la tendance observée lors des élections européennes, dans une région pourtant réputée peu poreuse aux idées d’extrême droite.
44 % des électeurs du nord de l’Alsace ont voté pour le candidat du Rassemblement national. Dans ce territoire industriel connaissant le plein emploi et une faible délinquance, les élus locaux restent dubitatifs sur le succès de l’extrême droite.
Soupçons de détournements de fonds et d’emplois fictifs au Parlement européen, candidats au racisme décomplexé sur les réseaux sociaux, commissions versées en marge des prêts russes, enquête sur le patrimoine de la famille Le Pen : le Rassemblement national est cerné par les affaires. Retrouvez ici un accès central vers tous nos dossiers.
Le président du Rassemblement national reconnaît « quatre ou cinq brebis galeuses » parmi les candidatures de son parti. Il soutient en réalité au moins 106 aspirants députés aux propos haineux et complotistes. Mediapart présente les vrais visages du RN, déjà élus ou qualifiés au second tour.
Dans l’ancien fief de François Fillon, l’extrême droite a fait une percée historique face à la candidate sortante du Nouveau Front populaire. Les maires, impuissants, assistent à une tendance nationale qui a mis en tête Marie-Caroline Le Pen, pourtant parachutée sur le territoire par le RN.
Sur les cinq circonscriptions de l’Aisne, quatre candidats d’extrême droite ont été élus députés dès le premier tour. Et la seule où l’on ira voter pour le second tour verra s’affronter le député sortant Les Républicains et un candidat Rassemblement national arrivé largement en tête.
L’ex-présidente du RN a vendu pour 2,5 millions d’euros la villa où demeure son père au milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin et à son bras droit François Durvye. Une opération surprenante, d'autant que l’élue l’avait déclarée « invendable » dans sa déclaration de patrimoine en 2022.
Alors que Jordan Bardella a promis, en cas d’arrivée à Matignon, qu’il dissoudrait le Groupe union défense (GUD), le RN a permis aux sociétés des anciens de ce groupuscule de faire fortune grâce aux fonds publics européens : plus de 3 millions d’euros ont été versés par le groupe du RN au Parlement européen entre 2019 et 2023.
Un candidat aux publications antisémites à plus de 30 % en Meurthe-en-Moselle, une nostalgique de Franco en tête dans les Pyrénées-Atlantiques : même les pires des pires des aspirants députés du RN ont réalisé des scores spectaculaires.
Le Rassemblement national et ses alliés arrivent en tête dans près de 300 circonscriptions et font élire plus de 35 députés dès le premier tour. Le parti d’extrême droite consolide son ancrage dans ses zones de force, et réalise des percées dans de nouvelles régions.