Il ne faudrait surtout pas faire entrer de force « Complications » de Nina Allan dans la catégorie de la science-fiction. Si son livre déploie des univers parallèles et nous fait découvrir des dimensions inconnues, c'est bien le pouvoir de la fiction qu'elle célèbre. De l'Angleterre victorienne à la “Forteresse” d'un futur dictatorial, l'auteure exploite toutes les strates du temps. Rencontre et extrait en fin d'article.
... et déjà le titre ment. Grand jeu des mensonges où Nadeem Aslam, écrivain anglo-pakistanais, immerge une histoire d'amour, quelques destins, un jardin comme un éden rescapé, dans la violence brute du Pakistan et de l'Afghanistan. Superbe roman, réquisitoire inspiré contre les uns et les autres. Entretien vidéo et extrait du livre en fin d'article.
L'argent, ah, l'argent. Une fiction, selon Aristote. Le prenant au mot, l'écrivain argentin Alan Pauls en a fait un roman. Avec sa fantaisie rigoureuse habituelle, son art de la digression, son humour. Retraçant à la fois une histoire de famille, et celle de son pays. Entretien vidéo et extrait en fin d'article.
Il faut beaucoup aimer les hommes vient de recevoir le prix Médicis. Sous une histoire faussement simple -une femme blanche aime un homme noir-, c'est le roman le plus abouti de Marie Darrieussecq. Entretien vidéo et bonnes feuilles.
Avec Reiner Kunze, présent aux Lectures sous l’arbre organisées par Cheyne éditeur en cette fin de mois d’août, la poésie de langue allemande fait souffler un renouveau d’est en ouest. En parallèle, l’extraordinaire geste poétique de W.G. Sebald commence à nous parvenir. Après Celan, Fried et Enzensberger, troisième et dernier volet sur la poésie de langue allemande depuis l’après-guerre.
Grand retour à la fiction de J. M. Coetzee, prix Nobel, avec ce récit magnifique, épuré, dans un pays où débarquent ceux qui « repartent de zéro ». Au prix de leur mémoire, les voici en un lieu exempt d’excès, plein de « bonne volonté », passablement triste et comme évidé. Un lieu tout proche, familier, qui va prendre vie. Extrait du livre en fin d'article.
Un roman où les illusions sont perdues d’entrée, ou presque. C’est dans les coulisses de la gauche nantie, des arrivismes, affaire Strauss Kahn se profilant en ligne d’arrivée, que le héros de Marc Weitzmann fait son apprentissage sentimental et social. Mais le vrai sujet est peut-être ailleurs.
« Le monde a ceci d’admirable qu’il ne s’arrête pas après nous » et l'ambition romanesque de Colum McCann est d'en épouser la trajectoire, à travers des destinées qui se télescopent et se croisent. Transatlantic, roman qui traverse le temps comme l'espace, a pour personnages principaux l'Irlande et l'histoire.
Véritable huis clos, Esprit d'hiver, roman de Laura Kasischke, tient à la fois du thriller psychologique, du roman gothique, du conte de fées tournant à l’horreur et de la poésie. Un des romans les plus forts et les plus dérangeants de cette rentrée littéraire. Lecture, entretien vidéo avec l'écrivain et extrait en PDF.
Le Quatrième Mur (Grasset) de Sorj Chalandon est un roman tranchant comme un diamant, au sujet d'une chimère hallucinante : monter l'Antigone d'Anouilh à Beyrouth, en 1982, l'année de Sabra et Chatila...
Entre persécutions passées et haine de soi « culturelle », la poésie de langue allemande de l’après-Seconde Guerre mondiale offre un tableau saisissant où l’infortune personnelle en regard du désastre collectif le dispute à l’éclosion de poètes de grande envergure. Après Celan, voici deux autres grandes figures de la poésie engagée à l’allemande : E. Fried et H. M. Enzensberger.
Entre persécutions passées et haine de soi « culturelle », la poésie de langue allemande de l’après-Seconde Guerre mondiale offre un tableau saisissant où l’infortune personnelle en regard du désastre collectif le dispute à l’éclosion de poètes de grande envergure. Ce premier article d'une série consacrée à quelques poètes contemporains de langue allemande s'attache à Paul Celan (1920-1970).
L’Américaine Lydia Davis, que l’on n’ose qualifier de « révélation » tant elle est connue et admirée hors Hexagone, l’Espagnole Berta Marsé, sur la thématique de l’échec, le Suisse Peter Stamm au bord d’un lac de belle profondeur, l’Autrichien Clemens J. Stez, un choc : minimalistes, narratifs, drôles ou noirs, ces quatre-là ont le talent en partage. Et une belle cruauté, souvent.
Première partie de nos articles consacrés aux nouvelles, où vous pourrez voir du pays... Japon à savourer, pas d’entre-deux bulgare, crépuscule au Caire : quand le fragment et l'instantané disent la fresque.
À travers ses doubles – Frantz Fanon, Jean-Luc Godard –, John Edgar Wideman mène dans Le Projet Fanon (Éd. Gallimard) son questionnement politique. « Tout n’est qu’une seule et unique chose, à jamais, le monde que je fabrique à partir de moi-même, le moi-même que le monde fait de moi. »
José Lenzini publie une biogra- phie d'un écrivain kabyle écorché, intransigeant et subtil : Mouloud Feraoun. Né en 1913, il fut exécuté, en mars 1962, par l'OAS. À la tête des tueurs, un actuel adjoint du maire de Cagnes-sur-Mer, qui nie aujourd'hui les faits dont il se vantait naguère...