En braquant son regard sur les braqueurs, les voleurs, les gendarmes, mais aussi et surtout les volés, Arnaud-Dominique Houte fait effraction dans l’histoire de la France contemporaine pour saisir les évolutions de son rapport à la propriété.
Un recueil de nouvelles peut donner le sentiment d’être un roman éclaté en une constellation. On lit d’un seul tenant, ou bien par instants, et on retrouve des trajectoires, des silhouettes, des motifs. C’est ce que l’on éprouvera en lisant Les Orages, de Sylvain Prudhomme. Treize récits qui disent ce moment où la tension rassemblée dans les nuages éclate avant l’éclaircie ou la lumière neuve du jour.
Alors qu’un nouveau confinement pointe à l’horizon, le philosophe Bruno Latour propose dans son dernier ouvrage de tirer quelques enseignements de ce moment de suspension et de le considérer comme une épreuve pour notre nouveau régime climatique.
Dans Théologie du capital, essai percutant qui systématise les intuitions de Proudhon, Marx, ou encore Walter Benjamin, Édouard Jourdain démontre que l’économie, c’est la continuation de la doctrine de la foi par d’autres moyens.
Face à la tragédie qui se joue en Haïti, dont des habitants sont chaque jour assassinés par un gang ou tués par des policiers, et spoliés par un pouvoir corrompu, l’écrivain se tourne vers la poésie, comme un flot de lumière face à la noirceur de l’existence.
Un siècle et demi après le début du soulèvement parisien, un livre-somme retrace minutieusement la réalité de l’événement et les controverses politiques et historiographiques qu’il continue d’irriguer jusqu’à nos jours.
Près de mille pages pour cent personnages : avec O, Miki Liukkonen, jeune auteur finlandais, a écrit un roman somme, un chef-d’œuvre où l’angoisse du vide est saturée par beaucoup de plein.
La répression qui s’est abattue sur l’Égypte depuis l’accession au pouvoir du maréchal Sissi n’est pas synonyme de société atone ou immobile. Trois chercheurs explorent ce qu’il reste de vivant sous la chape de plomb et de silence du régime.
C’est une œuvre majeure qui vient d’être arrachée à l’oubli. Dans La Septième Porte, œuvre d’érudition autant que conte, le poète, romancier et cinéaste Ahmed Bouanani (1938-2011) retrace quatre-vingts ans d’histoire du cinéma marocain.
À l’heure où la surveillance globale dispose de moyens technologiques inédits, l’anthropologue James C. Scott propose une généalogie de la volonté de savoir, et de voir, mise en place par les États modernes.
Bernard Lahire continue d’étendre le domaine des sciences humaines avec un second ouvrage destiné à comprendre sociologiquement nos pratiques oniriques. Et ébauche une analyse de nos rêves de confinement.
Nœuds de vie, recueil de fragments inédits de Julien Gracq, paraît aux éditions José Corti, treize ans après la mort d’un auteur incomparable qui assurait : « Ce qui n’a pas été dit ainsi n’a jamais été dit. » Retour sur un écrivain transcendant.
Premier roman de Dimitri Rouchon-Borie, Le Démon de la colline aux loups se lit dans un souffle retenu tant la voix du narrateur, Duke, nous plonge dans une vie tout entière de désastre et saccage. La lumière surgit pourtant. Et on assiste à la naissance d’une conscience par l’écriture. Merveilleux.
« Aucun homme n’est illégal », scandait un vieux slogan, il y a quelques décennies : il n’a jamais semblé moins vrai. Avec La Vie légale, Dominique Dupart écrit le roman de notre monde sauvage, celui du début du XXIe siècle.
La politiste Vanessa Codaccioni, qui publie un ouvrage sur la « société de vigilance », revient sur la décision du Conseil d’État d’autoriser le fichage des opinions politiques et syndicales.
Publié en arabe en 2016, Un détail mineur, de la romancière palestinienne Adania Shibli, est une œuvre fascinante. Tout commence le 9 août 1949 : un an après la première guerre israélo-arabe (événement fondateur de l’État israélien, mais aussi de l’identité palestinienne), une jeune Bédouine est violée et tuée dans le désert.