Les PUF traduisent un ouvrage sidérant, Morts de désespoir, sur l'ampleur des décès liés à des overdoses, suicides et maladies alcooliques aux États-Unis. Si les populations blanches peu éduquées sont les plus affectées, « il n’est pas absurde d’imaginer que la détresse frappera ensuite les groupes plus instruits ».
L’autrice américaine a accédé à la gloire planétaire avec son poème célébrant l’investiture de Joe Biden. Mais depuis, les polémiques autour du choix de ses traducteurs dans diverses langues européennes se succèdent. Voici de quoi alimenter la réflexion.
Dans son dernier livre, François Héran, professeur au Collège de France, revient sur la séquence ouverte par l’assassinat de Samuel Paty et nous permet, par une démonstration implacable, de nous situer dans des débats inflammables.
Publié enfin en français, Le Dernier Été en ville est le premier roman de Gianfranco Calligarich. Paru en Italie en 1973, il devient très tôt un roman culte. Construit autour de Leo, jeune homme lettré et milanais sans ambition qui erre dans Rome à la fin des années 1960, fasciné par la ville et par l’énigmatique Arianna, ce livre est un chef-d’œuvre de poésie et de finesse.
L’accident de la centrale de Fukushima et la contamination des régions alentour furent l’occasion de mettre en place une « politique de la résilience » que le chercheur Thierry Ribault décrit comme une pure technologie du consentement.
Les remous autour de la fête nationale australienne, fixée le 26 janvier, en référence à l’arrivée des premiers colons britanniques, rappellent combien ici les mémoires sont encore à vif. Tara June Winch a reçu l’équivalent australien du prix Goncourt pour La Récolte, une histoire à trois voix ; il faut bien cela pour tenter de mieux cerner l’histoire de ce pays, entre Aborigènes et Européens.
Dans Jane, un meurtre, Maggie Nelson compose un ensemble de poèmes autour de l’assassinat de sa tante. Mais ce qu’elle ignorait en l’écrivant, c’est que le coupable finirait par être identifié, et jugé : ce qu’elle raconte dans Une partie rouge, qui rassemble les morceaux de cette douloureuse histoire.
Le dessinateur Cyril Pedrosa, primé pour Trois Ombres ou Portugal, et Roxanne Moreil, libraire et auteure, cosignent L’Âge d’or, un récit en deux tomes, parus en 2018 et 2020. Flamboyante épopée médiévale, cette légende utopiste et moderne fait « écho à un monde qui avait vocation à être éternel mais qui pourtant a été renversé ».
Avec Un hamster à l’école l’écrivaine Nathalie Quintane revient sur ses 53 années « dans l’éducation nationale ». Quand la poésie parle de cantine, de mutations ou de dictée.
En popularisant la transidentité, le glam a sidéré dès les années 1960 une société occidentale jusque-là réfractaire à cette réalité. Le Choc du glam de Simon Reynolds raconte avec passion l’histoire de ce mouvement musical et l’influence qu’il exerce encore aujourd’hui.
Un essai sur les « pouvoirs de l’enchantement » explore avec brio les usages politiques inédits de la fantasy ou de la science-fiction, de la série Game of Thrones à La Servante écarlate. « Les fictions de l’imaginaire portent aujourd’hui les aspirations politiques des jeunes générations », explique la professeure de littérature Anne Besson.
Dans Parias comme dans les précédents récits de Mbarek Ould Beyrouk, les personnages subissent les métamorphoses de la Mauritanie, pays où se disputent encore les traditions du désert aux mutations liées à une urbanisation inexorable.
L’écrivaine Joy Sorman a suivi durant un an la vie d’un service de psychiatrie. En racontant les malades, les soignants, À la folie plonge au cœur de nos contradictions. Un très beau livre pour nos vies intérieures.
Un bref instant de splendeur, paru en 2019 avec grand succès, est le premier roman du poète américain Ocean Vuong, né en 1988 à Hô Chi Minh-Ville, un des auteurs fétiches d’Édouard Louis. Il s’y adresse à sa mère, qui émigra avec lui aux États-Unis.
Un livre alerte et documenté, de Roy Pinker, Fake News & viralité avant Internet, en quinze chapitres qui fonctionnent telles des piqûres de rappel, relie la question de la communication virale au fonctionnement de l’espace public à l’ère marchande.
Le sociologue Stéphane Beaud et l’historien Gérard Noiriel, figures de la recherche sur les mondes populaires et immigrés, proposent une « socio-histoire de la raison identitaire » qui prétend tracer une voie sereine à travers des questions brûlantes mais multiplie les embardées.