Avec Thésée, sa vie nouvelle, de Camille de Toledo, le débat qui a traversé la rentrée littéraire connaît un nouvel acte : que produit la littérature en matière de vérité ? À quelques jours de la remise du prix Goncourt, pour lequel le livre a été sélectionné, il était temps de reposer la question.
Alors que les méthodes du préfet Lallement et le nouveau schéma national du maintien de l’ordre sont contestés, un livre limpide explique les raisons d’une trajectoire de brutalisation qui singularise la France par rapport à ses voisins européens.
Dans un livre intitulé Change ton monde, Cédric Herrou, symbole de l’aide aux migrants dans la vallée de la Roya à la frontière franco-italienne, revient sur quatre années de lutte contre le délit de solidarité.
Avec La Vie de l’explorateur perdu, Jacques Abeille conclut le Cycle des contrées, entamé en 1982 par Les Jardins statuaires. Cet ensemble de romans et de nouvelles, sans équivalence dans la littérature française contemporaine, affirme la puissance du rêve, de l’imaginaire et de la liberté.
Charif Majdalani fait le récit d’un Liban qui se relève de toutes les épreuves depuis un siècle, mais vit aujourd’hui un effondrement intérieur. Un roman de deuil sur les « splendeurs passées » de Beyrouth, percuté par l’explosion du port. Mais où la vie s’acharne encore.
Chez Olga Tokarczuk, la raison laisse la place à des croyances troublantes. On devient addict ou on n’aime pas du tout. En cela, son dernier livre traduit en français est une bonne introduction à l’œuvre récompensée par le prix Nobel de littérature 2018. Maniant la tendresse et la curiosité de l’ordinaire, l’écrivaine polonaise nous entraîne dans des histoires qu’elle dit « bizarroïdes ».
À l’heure où la mise au point d’un vaccin contre le Covid-19 s’accélère, la préservation des écosystèmes semble oubliée. Elle est pourtant cruciale si l'on veut éviter de futures pandémies. C’est la thèse de plusieurs ouvrages qui sortent en librairie cet automne.
L’écrivaine et cinéaste Nelly Kaplan a succombé, le 12 novembre à Genève, à la pandémie de Covid-19. Sa liberté radicale ne se résumait pas au film La Fiancée du pirate (1969).
Dans Comment parler des faits qui ne se sont pas produits ? le théoricien de la littérature Pierre Bayard prend la défense des informations fausses, et ce n’est pas seulement par goût du paradoxe.
Cruel, le roman de Celia Levi représente avec exactitude la vie d’un centre culturel et de ses salariés précaires et aliénés. Chronique sans issue de l’arrivée à Paris d’une jeune Bretonne, La Tannerie condense les illusions politiques et sociales de toute une génération.
Les librairies indépendantes pensaient que le gouvernement avait compris que leur commerce était essentiel. Le deuxième confinement prouve le contraire et les menace, au pire moment. Alors la résistance commerciale et spirituelle continue.
Étouffer la révolte est un livre aussi glaçant que puissant. Il documente la façon dont l’inquiétude autour des revendications des droits civiques a abouti à l’enfermement en asile psychiatrique de milliers d’Afro-Américains, diagnostiqués « schizophrènes », en vertu d’une redéfinition de la maladie mentale elle-même.
Sophie Divry a recueilli la parole des cinq manifestants dont la main a été mutilée par la police pendant le mouvement des «gilets jaunes». Elle en a tiré un texte où les citations entremêlées reconstituent l’expérience de la contestation et de la violence. Cinq Mains coupées est un livre puissant dans laquelle l’écriture se fait avant tout art de l’écoute.
La fermeture des librairies n’en finit pas d’être critiquée, jusque dans les rangs de la majorité. La décision prise vendredi de fermer les rayons culturels des grands magasins n’a pas suffi à satisfaire les libraires indépendants.
C’est reparti pour un tour de confinement : le moment de lire Aller avec la chance, le récit qu’Iliana Holguín Teodorescu donne de ses dix mois de voyage en auto-stop, histoire de retrouver un peu d’horizon, ou au moins de se rappeler qu’il existe.
« Ce livre ne ressemble à rien qu’à son propre désordre » : cette phrase reprend l’épigraphe de Henri Matisse, roman, d’Aragon. Robert Bober le cite et semble regretter le fouillis des souvenirs dans lequel il plonge. Mais l’auteur de Par instants, la vie n’est pas sûre fait en sorte que tout ça tombe bien.