Karel Čapek, un écrivain des plus populaires dans la Tchécoslovaquie de l’entre-deux-guerres, est moins lu en France que ses contemporains, Kafka bien sûr. Pourtant, tandis que plusieurs éditeurs retraduisent et publient son œuvre, une douzaine d’écrivains ont été réunis par L’Atelier du roman, revue fondée notamment par Milan Kundera, pour nous rappeler ce génie tchèque. Et ses prémonitions.
Dans un essai ambitieux en forme de réflexion sur le libéralisme politique, l’historien américain Alexander Zevin revient sur les 176 années de parution de The Economist, partisan acharné du libre-échange, mais aussi défenseur constant de l’interventionnisme militaire.
Quand il n’y a plus de terra incognita, où peut-on vivre une aventure ? Dans les marges du monde, répond Juan José Saer, grand écrivain argentin de la fin du XXe siècle. En route pour une folle traversée de la pampa.
Le critique Maurice Nadeau fait montre d’un flair, d’un courage et d’une lucidité hors du commun, entre 1952 et 1965, dans ses critiques et ses prises de position politiques. Deuxième tome de Soixante Ans de journalisme littéraire.
Dans un texte polyphonique et choral, Gratte-ciel, Sonia Chiambretto remonte le cours des violences dont l’Algérie n’a cessé d’être le théâtre depuis bientôt deux siècles. Entretien avec une sculptrice de dissonances, qui traque la fausse note.
Après l’Orient de Boussole ou de Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, Mathias Énard écrivant un roman sur les Deux-Sèvres pouvait sembler à contre-emploi. Mais, en adoptant une forme baroque où les histoires s’enchâssent, il parvient à inscrire l’histoire d’un territoire dans celle d’une humanité mortelle. Avec érudition et non sans humour.
George Orwell fait son entrée dans la Bibliothèque de la Pléiade. Entretien avec Philippe Jaworski, maître d'œuvre d'une telle édition, à propos de ce pamphlétaire britannique, hérétique de la politique et boussole morale, 70 ans après sa mort.
Le 4 août, l’explosion du port de Beyrouth a fait resurgir les souvenirs douloureux de la guerre civile. C’est à ce poids indicible sur les individus qu’est consacré le premier roman de Dima Abdallah.
Alors que le virus nous a installés dans une temporalité alourdie et incertaine, l’historien français publie un ambitieux essai sur notre rapport au temps, de l’époque des Grecs à l’âge de l’Anthropocène.
Dans un ouvrage important et fouillé, Cédric Durand explore l’économie politique du numérique dont la logique interne est, selon lui, de créer un « techno-féodalisme » fondé sur la rente, la prédation et la domination politique des multinationales.
Dans un roman poignant, Rachel et les siens, Metin Arditi donne à éprouver un gâchis moral et humain dans la Palestine mandataire devenue Israël : la fin de la coexistence harmonieuse entre Juifs et Arabes. Entretien politico-littéraire.
Strates, le dernier livre de la poétesse et activiste écossaise Kathleen Jamie, relate deux expéditions archéologiques : l’une en Alaska, l’autre sur l'île de Westray, en Écosse. Mais pourquoi s’acharner à cette quête mémorielle alors que le bonheur peut être ailleurs ?
Avec Ruée vers le sable, monographie sur Los Angeles d’Elsa Devienne, une inédite histoire urbaine apparaît : celle d’un vaste espace public aux enjeux à la fois sociaux, économiques et écologiques où des citoyens se sont aussi « érigés en experts du littoral ».
Dans leur dernier ouvrage, Dominer, le philosophe et le sociologue mènent l’enquête sur les origines de la souveraineté de l’État. Établissant que l’Église fut, dès le XIe siècle, le modèle de cette « forme spécifique de domination, celle de l’État moderne », ils accablent les souverainistes de tous bords qui propagent cette idéologie et n’offrent qu’une « fausse sortie du néolibéralisme ».
Rien ne donnait envie de découvrir le premier roman de Nicolas Rodier. Devant son titre, Sale bourge, et la photographie d’un adolescent au teint frais sur sa jaquette, on avait cru à un énième texte narcissique, à une plainte convenue des gens de bonne éducation et de grande fortune. C’est tout l’inverse.
La rentrée littéraire croule sous les récits de soi, qui produisent le meilleur comme le pire. L’occasion de se demander quels rapports ces livres entretiennent au réel, et à la littérature, en revenant sur les deux grands succès du genre cet automne, Le Temps gagné, de Raphaël Enthoven, et Yoga, d’Emmanuel Carrère.