Le nouveau livre de l’auteur italien Roberto Saviano est son premier roman : il raconte comment un groupe d’enfants, un baby-gang, est parvenu à prendre le pouvoir au sein de la mafia napolitaine. Mais le choix de passer par la fiction dessert son propos.
Grand entretien avec Aurélie Filippetti, qui vient de publier un roman, Les Idéaux, où se mêlent l’intime et la politique. L’écrivaine fait partie d’une génération de cadres politiques qui auront été les « grands brûlés » du quinquennat hollandais, dévastateur pour le PS.
Encore un livre sur les méfaits du néolibéralisme ? Oui, mais l’ouvrage de Wendy Brown, s’il expose certains éléments déjà ressassés, les reformule en s’intéressant à la façon dont la « raison néolibérale » sape non seulement la réalité démocratique, mais aussi sa possibilité.
Meryem Alaoui, Marocaine installée à New York, publie La vérité sort de la bouche du cheval (Gallimard), premier roman vif et inventif, qui déploie une langue palpitante. Rencontre avec une écrivaine affûtée, bigarrée, insolite.
Avec La Passagère du vent, le romancier péruvien Alonso Cueto analyse les répercussions intimes de la guerre contre le Sentier lumineux chez les vaincus comme chez les vainqueurs, les victimes comme les bourreaux.
Prix Goncourt 2012, l’écrivain Jérôme Ferrari a récemment publié le roman À son image, où, au rythme de l’office funèbre d’Antonia disparue dans un accident de voiture en Corse, il propose une réflexion sur la photographie, la représentation de la guerre, la religion et la mort.
Après Le Grand Marin, qui évoquait ses années de pêche en Alaska, Catherine Poulain revient avec Le Cœur blanc sur son expérience de travailleuse agricole dans le sud de la France. Où l’intensité de ces vies rugueuses est, une fois encore, terriblement sensible.
Nathalie Piégay est tenace. Chercheuse et auteure d’ouvrages sur Louis Aragon, elle a voulu savoir qui était Marguerite Toucas-Massillon, la mère aimée et fuie de l’écrivain. Elle apparaît dans son œuvre par intermittence, au fil d’allusions que Nathalie Piégay, dans Une femme invisible, tâche de repérer, relier et compléter.
Sous couvert d’une réflexion sur l’Histoire, Destin français, d’Éric Zemmour, s’avère un livre de guerre civile : un appel à l’expulsion de l’islam de France. Et le pendant antimusulman de La France juive de Drumont. Nauséeux…
Emmanuelle Pagano termine son exploration des rives par celles de l’Atlantique et d’un étang nommé Caspienne. Aux manettes d’un sous-marin, David Gareau entame une ultime remontée à la surface de l’océan, pendant qu’un pêcheur observe la lente vidange de l’étang. Et l’eau devient un motif romanesque et poétique illimité.
Un livre-somme consacré aux rapports entre sexe, race et colonies explore les images et les imaginaires qui ont structuré les relations entre sexualité, domination et colonisation. Entretien avec Pascal Blanchard, co-directeur de l’ouvrage.
L’historien Gérard Noiriel a pris dix ans pour écrire une Histoire populaire de la France inspirée, mais différente, de l’ouvrage d’Howard Zinn consacré aux États-Unis. L’occasion de réfléchir à ce qui constitue le « populaire » dans l’histoire longue de la nation française, comme dans ses relations aux mondes dominants.
L’écrivain vient de publier Les cigognes sont immortelles. Il accorde un grand entretien à Mediapart, sur son œuvre et ses prises de position dans l’espace public.
L’écrivain franco-ivoirien Gauz revisite l’histoire coloniale et ses conséquences en se mettant dans la peau d’un colon blanc du XIXe siècle, mais aussi dans celle d’un enfant métis issu de la colonisation renouant avec son pays d’origine, la Côte d’Ivoire.
Quatrième étape du chemin autobiographique de l’œuvre de Pierre Guyotat – après Coma, Formation et Arrière-fond –, Idiotie montre comment toutes les formes de la révolte sont des conduites politiques de l’art. Il s'est vu décerné, le 6 novembre 2018, le prix Médicis.
Avec son impressionnante somme sur l’histoire des dépouilles mortelles, Thomas Laqueur, dans Le Travail des morts. Une histoire culturelle des dépouilles mortelles, montre comment les corps des morts constituent, à travers les siècles et les croyances, le sol et le socle des civilisations. Et un des rares éléments, avec le tabou de l’inceste, à lier aussi intimement et universellement culture et nature.