Moins que la guerre du Yémen, ce sont les voix du Yémen qui demeurent cachées ou oubliées. Ainsi l’entreprise de traduction depuis l’arabe de textes d’intellectuels yéménites portée par l’anthropologue Franck Mermier est-elle salutaire.
Entretien avec le prix Goncourt 2018, écrivain de la France des « oubliés » et auteur de Leurs enfants après eux. Un roman « réaliste » qui fait écho à la mobilisation actuelle.
On associe fréquemment leurs noms. Outre qu’ils sont deux des grands romanciers israéliens d’aujourd’hui, ils appartiennent à un « camp de la paix » de plus en plus fragile. Avec d’autres, ils résistent à la « paralysie » qu’évoque David Grossman dans les interventions du recueil Dans la maison de la liberté, et à la « torpeur hypnotique » que déplore Oz dans Chers fanatiques.
Alors que Trump tweete sur des vins français « excellents » mais déloyaux et que le Beaujolais nouveau arrive dans les bars ce jeudi, la journaliste Ixchel Delaporte a mené l’enquête sur la face cachée des châteaux bordelais.
Don Winslow est considéré comme le plus grand des écrivains américains travaillant sur la drogue et les narcotrafiquants. De passage à Paris, l’auteur de La Griffe du chien et de Cartel décrypte le fonctionnement des cartels les plus dangereux et dénonce l’incurie des politiques.
Emprisonné pour « propagande terroriste », Selahattin Demirtaş, leader du parti pro-kurde HDP, plante avec humour l’importance du combat politique, et décrit l’horreur vécue par certaines de ses compatriotes.
Quand un immeuble s’effondre, à Marseille ou à Naples, un monde s’écroule. Retour sur un chef-d’œuvre de l’effondrement, Malacqua, roman italien de 1977, traduit enfin en français.
Aux animaux la guerre, paru en 2014, témoignait déjà du regard incisif de Nicolas Mathieu, qui sait frapper là où ça fait mal. Leurs enfants après eux confirme le talent du romancier : le regard est sans pitié sur la société des années 1990, sur la jeunesse, sur le sens du politique. Pas de répit pour le lecteur. Et pourtant, ça fait du bien.
La partie la plus intime de la bibliothèque rassemblée par François Mitterrand est dispersée aux enchères les 29 et 30 octobre. C’est l’occasion de décrypter les fascinations fascinantes d’un président furieusement lettré. Jusqu’à la garde.
Depuis dix ans, une étrange performance, intitulée L’Encyclopédie des guerres, se tient au Centre Pompidou, à Paris. Sur scène, Jean-Yves Jouannais développe un abécédaire composé de citations issues de ses lectures obsédées par les batailles. Il lit, copie des passages, les fait s’entrechoquer, de Homère à Claude Simon, du siège de Troie à celui de Berlin. Son projet en est à la lettre M. M comme MOAB, le livre dont aucune phrase n’est de son auteur.
Dans un ouvrage rigoureux paru aux éditions Non Lieu, Yalla Seddiki s’attelle à déconstruire la théorie attribuant les Illuminations de Rimbaud au poète Germain Nouveau. Cette querelle déjà ancienne est symptomatique d’un désir de dépossession aux multiples ressorts.
Saisir est le titre du dernier ouvrage de l’écrivain Jean-Christophe Bailly. C’est aussi ce qu’on dit du paysage quand il est capté par le regard du peintre, du photographe, du poète ou du voyageur. Entretien.
Quels sont les revenus des écrivains, des artistes ? Combien dépensent-ils et comment ? Quel est leur rapport à l’argent ? Quel regard ont-ils sur les inégalités de revenus dans notre société ? Christophe Hanna les a interrogés pour composer un essai personnel et sobrement intitulé Argent.
Grégoire Chamayou, auteur d’ouvrages sur les chasses à l’homme ou les drones, poursuit son travail d’investigation philosophique singulier en publiant un livre intitulé La Société ingouvernable. Une enquête qui produit un vertige politique en exposant les armes idéologiques et les dispositifs avec lesquels nous avons été défaits par le « libéralisme autoritaire ».
Jean-François Laé retrace dans Une fille en correction – Lettres à son assistante sociale (1952-1965) l’histoire d’une maternité hors mariage dans les années 1950, dans un contexte de pauvreté et d’enfermement. Dans un récit qui suit au plus près les ruptures dans la vie de Micheline Bonnin, le sociologue parle d’existences vulnérables et de résistance face au pouvoir qui s’immisce partout.