Relation homosexuelle entre un professeur et son élève, terrorisme islamiste : dans le roman de Gilles Gauthier, Un si proche ennemi, l’intime et le politique s’unissent sur fond de rapports équivoques franco-algériens. Entretien sans fard.
Écrit en 1988, ce scénario de Ludmila Ouliskaïa évoque la façon dont le pouvoir stalinien a pu, grâce aux services de renseignement du NKVD, juguler rapidement une étonnante épidémie de peste à Moscou en 1939.
Depuis quarante ans, Danielle Mémoire construit une œuvre à rebours des modes, des usages et des conventions. Son dernier livre, Quelque membre de notre Cercle, bifurque du côté de l’autobiographie, plein d’une poésie de fée, ancienne et moderne.
Dans « Le Sexe des Modernes », Éric Marty démêle les racines intellectuelles à l’origine de l’expansion du concept de « genre » dans l’univers culturel de la fin du XXe siècle. À cheval entre l’Europe et les États-Unis, cette enquête constitue la première cartographie des territoires théoriques sur lesquels a germé une pensée du sexe qui brouille l’ordre classique des représentations.
Pourquoi l’extrême droite s’affiche-t-elle en rempart contre le « mépris de classe » ? Et le « mépris », notion morale, fait-il bon ménage avec la « classe », notion sociale ? Un ouvrage collectif tente de répondre à ces questions très politiques.
Olivier Mannoni a traduit en français l’autobiographie et le programme de Hitler, rassemblés sous le titre Historiciser le mal – Une édition critique de Mein Kampf, publié le 2 juin chez Fayard. Une réédition qui lorsqu’elle fut annoncée en 2011 fit polémique. Comment travaille-t-on neuf ans durant sur un texte « poisseux, immonde, mensonger, paranoïaque, violent… » ? « La rigueur des historiens a donné à mon propre travail une solidité. », répond le traducteur.
Dans un roman d’anticipation, La Dignité des ombres, Matthieu Niango évoque ce qui flanche quand les populations ne font que tapisserie et ce qui fonctionnerait dans une démocratie enfin rendue au peuple. Entretien politico-littéraire.
Dans le quatrième roman de Tash Aw, écrivain anglophone né en 1971 en Malaisie et salué par Doris Lessing comme un conteur hors pair, un homme raconte à une jeune étrangère le meurtre qu’il a commis. Mais Nous, les survivants va bien au-delà du récit d’un crime.
Dans les années 1980, une affaire de viols fait tomber Tomás Taveira, l’un des architectes les plus connus du Portugal. En mêlant l’enquête à la fiction, le roman de Matthieu Garrigou-Lagrange revient sur le destin de cet homme aussi effrayant que fascinant.
En février 1971, le régime brésilien arrêtait le metteur en scène Augusto Boal. Ses spectacles comme sa sympathie pour l’Action de libération nationale l’avaient rendu insupportable aux yeux des militaires. Le créateur, mort en 2009, raconte son incarcération dans Miracle au Brésil, un émouvant témoignage paru dès 1974 et enfin traduit en français.
À quoi bon risquer sa vie pour sauver une seule femme, pour arrêter un seul meurtrier, quand une tuerie de masse s’annonce ? Parce que tenir debout, continuer le combat, là réside le salut, nous dit Hervé Le Corre qui a écrit un – grand – roman noir sur le courage des perdants de l’Histoire.
Paul Robeson (1898-1976) était un chanteur, acteur, athlète et militant noir persécuté par le FBI. Sa vie, racontée par son biographe Gerald Horne (éditions Otium), montre son engagement indéfectible en faveur d’un internationalisme radical, embrassant toutes les justes causes.
Chez les anarchistes rassemble les reportages écrits par Jean Meckert entre 1946 et 1953, parallèlement à ses romans. Décrivant une société médiocre, bien éloignée des espoirs de la Libération, ces portraits font entendre la voix d’un homme désabusé mais pas résigné, dont l’humour et l’énergie dépassent les déceptions.
Plus de trois ans après l’émergence du mouvement #MeToo, le milieu de l’édition semble encore hermétique à la prise de conscience collective qui s’est ensuivie. Entre-soi, précarité, pouvoir masculin… Des autrices et des éditrices analysent les ressorts d’une mécanique vieille comme la littérature.
En s’intéressant au « perceptron » et à la vision du cerveau développée par l’économiste Friedrich Hayek, le physicien Pablo Jensen met en lumière un pan du néolibéralisme autoritaire, guidé par un parallèle avec les « réseaux de neurones ».
Dans un poignant récit largement autobiographique, l’autrice argentine Camila Sosa Villada célèbre le combat pour la vie des travesties du parc Sarmiento à Córdoba. Dans une langue qui enchante et transforme le réel.