Eugénie, héritière vétuste d’une fortune séculaire, se meurt à l’unisson des océans. Mathieu Larnaudie affirme son talent hypnotique et persifleur avec « Trash Vortex », une affabulation documentée sur la fin du monde vue par les maîtres de l’univers.
Troisième livre de Louise Chennevière, « Pour Britney » évoque les destins brisés de la chanteuse Britney Spears et de l’écrivaine Nelly Arcan avec une fureur salutaire. Embarquement immédiat garanti.
Enfermée pour une nuit dans la prison lyonnaise de sinistre mémoire, Ananda Devi revoit et revit cent ans d’histoire. Son récit, à la première personne du singulier, s’avère aussi salutaire que régénérant.
Depuis le terrain corse qu’il explore de livre en livre, Jérôme Ferrari s’attaque au tourisme de masse dans un roman qui n’esquisse pas plus d’horizon pour s’en extraire que d’issue pour les protagonistes.
Utiliser la science-fiction pour déployer des imaginaires de lutte et de révolution : les œuvres d’Octavia Butler et de Patrick Dewdney, une pionnière de la science-fiction nourrie d’imaginaires africains et un auteur de fantasy, allient réussite littéraire et ambition politique.
Anthropologue influent et spécialiste de l’histoire des peuples qui ont vécu sans État et même contre lui, l’universitaire laisse une œuvre précieuse sur les mille formes de résistance au pouvoir.
Entre juin 1928 et décembre 1929, le jeune Orwell a subsisté à Paris. Il en tira un récit remarquable : « Dans la dèche à Paris et à Londres ». Faute de documents, on n’en savait guère plus. Jusqu’à l’enquête menée quatre ans durant par Ducan Roberts, dans les archives et in situ.
Dans « Chiennes de garde », la Mexicaine Dahlia de la Cerda écrit sur les violences subies par les femmes de son pays, en puisant dans l’énergie des musiques populaires. Cette activiste féministe revient aussi, dans un entretien à Mediapart, sur la victoire de Claudia Sheinbaum, première femme élue à la tête du Mexique.
Fatima Ouassak se lance sur le terrain du roman après deux essais. Le récit national y rencontre son refoulé, celui de la communauté d’ouvriers maghrébins de la « rue du Passage » dont la mémoire navigue d’une rive à l’autre.
Un témoignage, écrit dans son exil américain par le poète Tahir Hamut Izgil, expose le processus d’asphyxie des Ouïghours de la province occidentale du Xinjiang, en Chine. Une lente mais implacable mise au pas, qui s’apparente au génocide.
Notre podcast culturel débat de « L’Imposture », de Zadie Smith, du livre de Geoff Dyer « Les Derniers Jours de Roger Federer » et de « Disparition inquiétante d’une femme de 56 ans », d’Anne Plantagenet.
Le fondateur des éditions La Fabrique est mort jeudi 6 juin. L’ancien chirurgien reconverti en éditeur et écrivain aura accompagné de son sourire et de son tranchant nombre des combats de la gauche.
Avec son roman « Terrasses », l’écrivain rend hommage aux victimes et aux survivants des attentats parisiens du 13 novembre 2015. Sa mise en scène par Denis Marleau, avec la scénographe Stéphanie Jasmin, est un événement dont on ne sort pas indemne.
Avec « La Malédiction de la muscade », le romancier d’origine indienne Amitav Ghosh, engagé dans la lutte contre les dérèglements climatiques, propose un récit-essai original. Ethnologue de formation, il combine rigueur scientifique et talent de conteur.
Le chercheur Seth Holmes a vécu la vie des travailleurs et travailleuses agricoles mexicains émigrés aux États-Unis pour remonter aux fondements de ce que l’on trouve dans nos assiettes.
Philippe Lejeune, né en 1938, pionnier des études sur l’autobiographie, s’est plongé dans un récit sur la Grande Guerre d’André Pézard (1893-1984), salué à sa sortie en 1918. Il en ressort une enquête formidable, à la fois savante, généreuse et bouleversante.