Plus de 7 000 exilés se massent au nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine, dans le canton d’Una Sana. Tous espèrent gagner la Croatie, toute proche, et membre de l’Union européenne. Mais la frontière est cadenassée, et la situation proche de la catastrophe humanitaire.
La chute du président Evo Morales semblait correspondre à un schéma bien établi, celui des « révolutions non violentes », théorisé par l’ONG serbe Canvas. Du moins, avant que le scénario ne déraille, laissant l’extrême droite prendre la main.
À l’occasion des élections législatives anticipées du 6 octobre au Kosovo, les électeurs pourraient sanctionner deux décennies de violence, de corruption et de népotisme, et balayer le Parti démocratique du Kosovo d’Hashim Thaçi, au pouvoir depuis 1999.
C’est un classique de la littérature yougoslave d’une glaçante actualité que les éditions Inculte donnent l’occasion de redécouvrir : publié en 1938, le Banquet en Blithuanie de l’écrivain croate Miroslav Krleža semble parler de l’Europe de 2019.
Dans les Balkans, il n’y a pas de pétrole, mais il y a de l’eau, faisant de la région le véritable château d’eau de l’Europe. Cet « or bleu » excite les convoitises des oligarques locaux, qui multiplient les projets de centrales hydrauliques, avec la bénédiction – et souvent des subventions – de l’Union européenne. Les citoyens tentent de résister à ce green washing des fortunes mal acquises, qui risque de détruire l’environnement et le mode de vie des communautés rurales.
Une vague de contestations inédite s’étend à tous les pays des Balkans. Partout, les citoyens dénoncent des régimes autoritaires, clientélistes et corrompus, mais se défient également des partis d’opposition. Un « printemps des Balkans » est-il en train de germer en cette fin d’hiver ?
Vendredi soir, de très violents affrontements ont éclaté dans le camp de réfugiés de Bira, à Bihać, au nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine. Entre les squats de Sarajevo et les camps surpeuplés, des milliers de réfugiés sont toujours bloqués dans ce pays. Sans grand espoir de pouvoir passer dans l’Union européenne.
Ils battent le pavé de Belgrade chaque samedi depuis le 8 décembre, dénonçant le régime autoritaire du président Vučić. Ce week-end, pour « l’acte VII » du mouvement, celui-ci s’est étendu à l’ensemble du territoire, malgré la démonstration de force du pouvoir en milieu de semaine.
La Bosnie-Herzégovine est devenue un cul-de-sac aux portes de l’Union européenne, où sont bloqués plusieurs milliers d’exilés. Malgré les violences de la police croate et une neige redoutable, ils cherchent à continuer leur route vers l’Ouest.
Jamais les universités albanaises n’avaient connu de telles mobilisations. La hausse annoncée des droits d’inscription a fait exploser une colère sociale protéiforme. La contestation étudiante remet en cause non seulement la démocratie bloquée par le clientélisme, mais aussi les politiques néolibérales appliquées par les principaux partis.
Une bonne part de la « communauté internationale » envisage sérieusement d’établir une paix « durable » dans les Balkans en changeant les frontières, afin de séparer les différents peuples qui y vivent. Un désaveu des politiques promues depuis deux décennies défendant le multiculturalisme de la région.
Dimanche, les Macédoniens voteront pour dire s’ils acceptent que leur pays devienne la « République de Macédoine du Nord ». Ce vote est censé résoudre leur conflit avec la Grèce et leur ouvrir les portes de l’OTAN et de l’Union européenne.
Tous ses billets de blogs
Le Club de Mediapart
Participez au débat
Les journalistes de Mediapart utilisent aussi leurs blogs, et participent en leurs noms à cet espace de débats, en y confiant coulisses d’enquêtes ou de reportage, doutes ou réactions personnelles à l’actualité.
La France serait « en guerre », subissant les attaques de l’État islamique, répètent à l’envi les autorités de Paris. Or, l’attentat de Munich, après celui de Nice, est venu tragiquement rappeler que ce n’est pas seulement la France qui serait « en guerre », mais toute l’Europe, et que si « guerre » il y a bien, celle-ci est un conflit intérieur, une guerre civile et pas le produit d’une agression