Qu'a pu faire en trois mois de pouvoir le gouvernement d'Alexis Tsipras ? Si les débats font rage au sein de Syriza, si les pressions des Européens et de la Troïka n'ont pas cessé, si l'Allemagne souffle le chaud et le froid, le nouveau pouvoir grec réussit tout de même à avancer pas à pas. Ministres et députés expliquent cet apprentissage du pouvoir.
À l'approche des cent premiers jours au pouvoir, le gouvernement Tsipras reste exceptionnellement populaire dans un pays qui a vu une grande partie de la population se détourner de la politique ces cinq dernières années. Mais il fait face, aussi, à une opinion publique lassée par la lenteur des négociations avec Bruxelles tandis qu'aucun accord n'est attendu à la réunion de l'Eurogroupe ce 24 avril.
Le journal Jacobin s'est longuement entretenu avec Costas Lapavitsas, économiste grec devenu parlementaire sur les listes de Syriza, mais sans être membre de ce parti. Parfois désigné comme « l'anti-Varoufakis », il analyse les conditions d'une possible sortie de l'euro et la situation en Grèce.
Pour ce nouveau numéro de «Contre-courant», Alain Badiou et Aude Lancelin reçoivent Stathis Kouvelakis, membre du comité central de Syriza. L'occasion d'un retour sur le bras de fer en cours entre l'Europe et la Grèce, quelques semaines après l'arrivée au pouvoir de la gauche radicale à Athènes.
Six semaines après son élection, le gouvernement d’Alexis Tsipras se trouve aux prises avec une effroyable crise de liquidité. Il utilise tous les expédients pour essayer de rembourser les 2 milliards d’euros dus à la fin du mois. Son système bancaire est au bord de l’asphyxie. Une sortie « accidentelle » de l’euro menace la Grèce, prévient Berlin.
Dans un entretien à Mediapart, la présidente du groupe de la GUE au parlement européen, à la gauche des sociaux-démocrates, revient sur les premières semaines de Syriza au pouvoir. « François Hollande devrait faire davantage. C'est dans son propre intérêt ! » juge-t-elle.
L'émission diffusée jeudi soir était consacrée aux conséquences de la victoire du parti de gauche Syriza en Grèce. Le parti d'Alexis Tsipras pourra-t-il renverser la table européenne ? Et quelles conséquences pour les gauches françaises ?
La bataille des chiffres, la querelle des mots, le conflit des images et la dispute des valeurs : voilà les quatre ingrédients qui composent la guerre des récits et visent à transformer le compromis économique et financier décroché par Syriza à Bruxelles en une défaite politique.
Des intellectuels montent au créneau pour défendre l'accord décroché par Syriza à Bruxelles, qui a le mérite d'« acheter du temps ». Mais ce fragile compromis renforce aussi la voix d'adversaires de l'euro, qui plaident pour une rupture plus musclée avec les institutions.
L'accord trouvé avec l’Eurogroupe est un recul important sur les promesses de campagne de Syriza. Mais ce n’est pas une abdication : le gouvernement Tsipras a dû négocier ferme avec ses partenaires européens. Le résultat est un cocktail de réformes destinées aux demandes des Européens et de mesures pour faire face à la crise humanitaire du pays. Explications.
Un peuple en soutien à son gouvernement : alors que le premier ministre Alexis Tsipras et le ministre des finances Yanis Varoufakis tentent d'arracher un accord à l'Eurogroupe pour alléger la dette de la Grèce, à Athènes, les électeurs de Syriza restent mobilisés. Des milliers de manifestants se sont rassemblés mercredi 11 et dimanche 15 février afin que l'Europe n'oublie pas les peuples.
L'exécutif d'Alexis Tsipras veut rouvrir le débat sur les réparations de guerre et le remboursement du prêt forcé imposé par les nazis pendant l'occupation de la Grèce. Athènes rappelle de plus que la dette allemande a été, elle, profondément restructurée lors de la conférence de Londres de 1953. Le débat est ultra sensible, sur fond de négociations entre Européens. Qu'en disent les historiens ?
Les Grecs voteront le 25 janvier pour élire un nouveau parlement. Syriza part favori du scrutin. Quelle politique le parti pourrait-il mettre en place ? Entretien avec Gerassimos Moschonas, de l'université Panteion à Athènes.
Athènes ne veut pas discuter avec la « commission branlante de la Troïka ». De leur côté, les dirigeants européens ne veulent pas entendre parler d'annulation de la dette. Dans ce contexte tendu, les sociaux-démocrates rêvent de jouer les intermédiaires entre Angela Merkel et Alexis Tsipras.
Le débat économique outre-Rhin a longtemps semblé gelé. Hégémonie de la pensée orthodoxe, reconduction d'Angela Merkel pour un troisième mandat, inflexibilité allemande sur la dette grecque. Pourtant, tout le monde n'approuve pas les choix économiques de la chancelière. Le changement de majorité à Athènes relance le débat.
La nomination de cet économiste « radical » au ministère des finances effraie beaucoup de responsables européens. Conseiller d’Alexis Tsipras, il a préconisé dès 2009 une renégociation et un abandon partiel de la dette grecque. La crise de l’euro, pour lui, tient à un défaut de construction de la zone, qui ne profite qu’à un seul pays : l’Allemagne.