Notre dossier: la révolte algérienne

C'était le mandat de trop. Après l'annonce d'un cinquième mandat présidentiel pour Abdelaziz Bouteflika, les Algériens sont descendus dans la rue et sont décidés à y rester. Tous demandent la fin d'un régime en place depuis 60 ans. Nos analyses, enquêtes et reportages.

En Algérie, la société civile s’organise pour contrecarrer les plans du régime

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Fruit d’un compromis de plus de 70 organisations, la société civile algérienne a proposé une feuille de route pour une vraie transition. Mais le pouvoir tente de sauver sa peau en poursuivant une purge sans précédent frappant un à un les piliers du régime Bouteflika.

En Algérie, le pouvoir maintient le pays dans l’impasse

Par

Le pouvoir algérien a dû se résoudre à annuler l’impossible présidentielle du 4 juillet, mais il maintient le pays dans l’impasse en refusant de se plier au vœu de démocratie du peuple. Ce dernier renchérit dans la contestation, après la mort du militant mozabite Kamel Eddine Fekhar.

Dans les quartiers populaires d’Oran, la soif de justice sociale

Par Nejma Brahim
Aymen et Mohamad sont voisins mais aussi camarades de classe. © Nejma Brahim Aymen et Mohamad sont voisins mais aussi camarades de classe. © Nejma Brahim

Confrontés à l’insalubrité des logements, au décrochage scolaire, au chômage ou à la drogue, les habitants des quartiers les plus défavorisés d’Oran, en Algérie, luttent chaque jour contre les inégalités sociales. Tous observent le soulèvement populaire de près ou de loin, partagés entre optimisme, résilience et réalisme.

En Algérie, l’armée lance une grande opération anticorruption

Manifestation à Alger, le 12 avril. © Reuters Manifestation à Alger, le 12 avril. © Reuters

À défaut de toute ouverture politique, le chef d’état-major de l’armée a annoncé mardi une vaste opération anticorruption. « Nous avons des dossiers très lourds », prévient le général Gaïd Salah. L’opération est vécue par l'opposition et des millions de manifestants comme une diversion par rapport aux demandes de révolution démocratique.

Algérie: ce que cache la purge en cours

Par
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Alors que les Algériens s’apprêtent à défiler pour le 12e vendredi d’affilée, le journaliste et écrivain Akram Belkaïd revient sur le processus révolutionnaire et les concessions du pouvoir. Même si elles vont de plus en plus loin, elles n’équivalent pas à une véritable transition démocratique.

Ouled el-Bahdja: «L’histoire révolutionnaire algéroise a nourri notre esprit contestataire»

Par Mickaël Correia
 © Romain Laurendau © Romain Laurendau

Comme souvent dans les mouvements de contestation populaire, les supporters ultras font profiter les manifestants algériens de leur savoir-faire organisationnel et de leur culture de résistance populaire. Entretien avec des responsables du collectif Ouled el-Bahdja, supporters de l’Union sportive de la médina d’Alger (USMA), dont le chant de tribune, La Casa del Mouradia, est devenu l’hymne de la rue.

A la frontière algérienne, les Tunisiens vivent des échanges entre les deux pays

Par
Des camions algériens attendent pour passer la frontière. © LB Des camions algériens attendent pour passer la frontière. © LB

Reportage à Sakiet Sidi Youssef, petite ville tunisienne limitrophe de l’Algérie où les liens sont extrêmement forts entre les deux pays. Les Tunisiens, qui dépendent largement des échanges avec leur puissant voisin, regardent avec attention la révolution qui a fait démissionner Bouteflika.

A Oran, les jeunes Algériens remettent à plus tard leur projet de migration

Par Nejma Brahim
Sur la plage de Corales, près d'Oran. © NB Sur la plage de Corales, près d'Oran. © NB

Les côtes oranaises sont habituées, depuis les années 2000, à voir de nombreux jeunes partir clandestinement à bord d’embarcations de fortune pour tenter de rejoindre l’Europe. Depuis le début du soulèvement populaire en Algérie, le phénomène de la harraga est cependant presque à l’arrêt, signe que les candidats au départ commencent à croire qu’ils ont un avenir dans leur pays natal.

Algérie: qui est le général Ahmed Gaïd Salah?

Par Lyas Hallas
Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée depuis 2004. © (dr) Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée depuis 2004. © (dr)

Il est l’homme fort de l’Algérie, la seule voix du régime qui réponde aux millions de manifestants. À 79 ans, ce général chef d’état-major de l’armée est un pur représentant du « système » détesté par les Algériens. Au terme d’une carrière sans éclat, sera-t-il celui qui laissera le pays marcher vers la démocratie ?

«Vendredi, c’est tous les jours» en Algérie

Par

Nouvelle semaine de protestations riche en rebondissements en Algérie. Vendredi 19 avril, pour le neuvième vendredi consécutif, des millions d'Algériennes et d'Algériens ont à nouveau défilé dans le pays.

Des millions d’Algériens défient à nouveau les généraux et le «système»

Par

D’énormes manifestations ont eu lieu dans toutes les villes du pays, ce vendredi 12 avril, pour refuser à nouveau un après-Bouteflika organisé par ses proches et une transition imposée par l’armée. Le chef d’état-major, nouvel homme fort du pays, se trouve dans une impasse.

Algérie: à Blida, les multiples raisons d’une révolution citoyenne

Par Lofti Barkati
À Blida, lors de la marche du 5 avril. © (dr) À Blida, lors de la marche du 5 avril. © (dr)

À une grosse heure d’Alger, la population de Blida, dans la plaine de la Mitidja, manifeste en masse depuis deux mois. La fureur à l’encontre du régime est alimentée de causes multiples : les horreurs de la décennie noire, la corruption à tous les étages de l’administration, une bureaucratie qui étouffe la société. C’est « tout ce système qui nous vole notre avenir », disent les jeunes, soutenus par leurs familles.

Algérie: la presse indépendante veut croire que la démocratie est à portée de main

Par Lofti Barkati
Hic est dessinateur au quotidien "El Watan". Hic est dessinateur au quotidien "El Watan".

Créés au tout début des années 1990, cibles durant la décennie noire, les médias indépendants ont subi les foudres du « système » Bouteflika. Affaiblis économiquement mais toujours influents, ils sont en première ligne de la révolution algérienne. Beaucoup de leurs directeurs ou rédacteurs en chef se disent optimistes quant à l’avènement d’un régime politique enfin libre, pluraliste et démocratique.

«Avec la manne du pétrole, on reste plus longtemps au pouvoir»

Par
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Pour reproduire sa domination, le régime algérien a choisi notamment la méthode de la rente pétrolière. Entretien filmé avec le politiste Luis Martinez qui aborde une autre de ses spécialités : l’islamisme. « En Algérie, on ne sait pas gérer un mouvement islamiste. La seule fois où on a eu à le faire,  il y a eu une guerre. »

Algérie: quand 2019 rattrape 1962

Par
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L’historienne Malika Rahal analyse le mouvement de contestation en Algérie, qui voudrait clore 57 ans de confiscation du pouvoir par le FLN et qui se joue tel un retour à 1962, quand l’indépendance avait mis fin à 132 ans de colonialisme.

En Algérie, le «carré féministe» essaye de s’imposer dans la marche

Par
Le « carré féministe » défile dans la marche du 29 mars, rue Didouche-Mourad, à Alger. © SK Le « carré féministe » défile dans la marche du 29 mars, rue Didouche-Mourad, à Alger. © SK

Des voix féministes cherchent à se faire entendre en Algérie, considérant que le changement « du système » passe aussi par une reconnaissance des droits des femmes. Malgré les réactions hostiles qu’il suscite, le « carré féministe » descend dans la rue pour revendiquer « l’égalité ».

En Algérie, «l’armée va chercher à perpétuer le système»

Par
Le général Ahmed Gaïd Salah, dirigeant l'armée algérienne depuis 15 ans, en décembre 2017, accueillant sur le tarmac le président français en visite dans le pays. © Rachida El Azzouzi Le général Ahmed Gaïd Salah, dirigeant l'armée algérienne depuis 15 ans, en décembre 2017, accueillant sur le tarmac le président français en visite dans le pays. © Rachida El Azzouzi

Alors que le peuple algérien se prépare à « vendredir » (le nouveau verbe pour dire « manifester chaque vendredi »), entretien avec Mouloud Boumghar, spécialiste de droit public, qui appelle à des élections constituantes pour une vraie transition indépendante et démocratique.

En Algérie, le vent de dégagisme souffle toujours aussi fort

Par
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« Nous avons dit tous, c’est tous » : ce slogan a résonné partout dans le pays ce vendredi pour clamer le refus de toute implication des anciens fidèles du président déchu dans la transition politique. Plusieurs millions d’Algériens ont pris d’assaut les rues, à l’occasion des premiers grands rassemblements depuis le départ de Bouteflika.

En Algérie, l’armée éjecte Bouteflika et tient en joue sa «bande»

Par Lofti Barkati
Des Algériens célèbrent l'annonce de la démission de Bouteflika, place Audin, à Alger, le 2 avril. © Reuters Des Algériens célèbrent l'annonce de la démission de Bouteflika, place Audin, à Alger, le 2 avril. © Reuters

En contraignant mardi le chef de l’État à démissionner « immédiatement », l’armée neutralise le clan présidentiel incarné par Saïd Bouteflika. Sera-t-elle jusqu’au bout avec le peuple, comme elle l’affirme ? Les Algériens en doutent, avant de nouvelles marches prévues vendredi dans tout le pays.

La démission annoncée de Bouteflika ne règle en rien la crise algérienne

Par Lofti Barkati

Le chef de l’État démissionnera « avant le 28 avril ». Avec cette annonce, le régime annonce qu’il prend en mains la transition et organisera l’après-Bouteflika. Ce que refusent les millions de manifestants qui demandent la fin de « tout le système » et une nouvelle République libre et démocratique.

Alger impose au pouvoir un grand festin démocratique

Par Lofti Barkati
Partout dans la ville, des vendeurs de drapeaux, foulards, écharpes, bracelets, perruques aux couleurs de l’Algérie, emblèmes des manifestants criant le slogan « Un héros, le peuple, c’est notre pays ». © LB Partout dans la ville, des vendeurs de drapeaux, foulards, écharpes, bracelets, perruques aux couleurs de l’Algérie, emblèmes des manifestants criant le slogan « Un héros, le peuple, c’est notre pays ». © LB

Alors que d’immenses manifestations sont à nouveau organisées vendredi 29 mars dans le pays, les Algérois mangent, pensent et respirent politique. Dans la frénésie s’inventent de nouvelles mobilisations et s’étudient des scénarios de transition face à un pouvoir désintégré qui n’a plus que l’armée pour s’opposer à une société déterminée à conquérir la démocratie.

Algérie: à Tizi Ouzou, l’espoir d’une deuxième indépendance

Par Farouk Atig (texte) Et Sadak Souici (photos)
Micipsa Didouche est étudiant en management et militant associatif. © Sadak Souici Micipsa Didouche est étudiant en management et militant associatif. © Sadak Souici

Si l’attention médiatique se focalise sur les manifestations dans la capitale algérienne, tout le pays est en mouvement. En Kabylie, terre de résistance historique, le sentiment que « l’histoire est en train de s’écrire » est largement partagé. Au moment où le chef de l’armée a demandé que le président Bouteflika soit déclaré « inapte » à gouverner, rencontre à Tizi Ouzou avec des habitants convaincus que rien ne sera plus jamais comme avant.

«Contre-pouvoirs»: en 2014 en Algérie, au cœur de la rédaction d’«El Watan»

Par Tënk & Mediapart
Extrait de "Contre-pouvoirs". © Malek Bensmaïl Extrait de "Contre-pouvoirs". © Malek Bensmaïl

C’était en 2014. Bouteflika allait être réélu pour un quatrième mandat. Dans la rédaction du quotidien algérien El Watan, couvrir cette présidentielle est un moment quasi ubuesque. Le réalisateur Malek Bensmaïl a saisi les débats qui la traversent, les forces qui s’unissent pour maintenir une information indépendante, les prémices de ce qui allait être la révolte de 2019. Un film interdit en Algérie et visible en intégralité sur Mediapart, en partenariat avec Tënk, plateforme du documentaire d’auteur. 

Luis Martinez: «L’armée algérienne décapite symboliquement le président»

Par
Luis Martinez. © dr Luis Martinez. © dr

Pour le spécialiste de l’Algérie Luis Martinez, l’armée, en lâchant Bouteflika, « prend la main par défaut »« Elle n’a aucune envie d’aller dans la rue demain pour restaurer l’ordre et la sécurité. »

L’armée algérienne lâche Bouteflika et son cercle

Par
Abdelaziz Bouteflika avec le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major, à l'académie militaire de Cherchell, le 27 janvier 2012. © REUTERS/Ramzi Boudina Abdelaziz Bouteflika avec le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major, à l'académie militaire de Cherchell, le 27 janvier 2012. © REUTERS/Ramzi Boudina

Le chef d’état-major a demandé mardi 26 mars que soit engagée la procédure prévue par l’article 102 de la Constitution. Celui-ci prévoit le remplacement du président de la République si, « pour cause de maladie grave et durable », il « se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions ».

A Marseille, la fierté retrouvée de la diaspora algérienne

Par
Rassemblement contre le système Bouteflika, à Marseille, le 17 mars 2019. © LF Rassemblement contre le système Bouteflika, à Marseille, le 17 mars 2019. © LF

Parmi la diaspora algérienne de Marseille, l’enthousiasme va croissant. Les manifestations pacifiques du peuple algérien ont rendu sa fierté à une communauté qui garde de forts liens avec le pays des ancêtres.

En Algérie, une jeunesse en mouvement

Par Romain Laurendeau (texte Et Photos)
Six récits d'une jeunesse algérienne en ébullition. © Romain Laurendeau Six récits d'une jeunesse algérienne en ébullition. © Romain Laurendeau

Le photographe Romain Laurendeau en reportage à Alger, est allé à la rencontre de jeunes adultes engagés dans la mobilisation contre le système Bouteflika. Ils sont étudiant, fonctionnaire, chômeur ou chargé de production, et ils savent qu’enfin leur vie est en train de basculer.

Le peuple algérien redit «Non, c’est non!» aux plans du régime

Par
Alger, 22 mars, sous la pluie. © Zohra Bensemra/Reuters Alger, 22 mars, sous la pluie. © Zohra Bensemra/Reuters

Au cinquième vendredi de manifestation en Algérie, la mobilisation est toujours aussi exceptionnelle contre une prolongation du mandat du président Bouteflika et une transition menée par le régime tant décrié. Le pouvoir est de plus en plus affaibli.

L’Algérie, à l’aube d’une révolution?

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Dans Mediapart Live, nos invités débattent des ressorts de la mobilisation inédite du peuple algérien, et des réponses d’un régime autoritaire débordé par sa société. Retrouvez les deux plateaux de notre émission. 

Mohamed Lamouri, des souterrains à la lumière

Mohamed Lamouri © Mediapart Mohamed Lamouri © Mediapart

Rencontre avec celui qui fut surnommé « le chanteur de la ligne 2 », et qui sort son premier album en avril. Pour Mediapart Live, il interprète deux chansons et exprime sa joie de pouvoir bientôt retourner jouer en Algérie. 

Manifestations: de la renaissance de la citoyenneté en Algérie

Par Nadia Leïla Aïssaoui
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Étudiants, femmes, médecins, écolos, habitants de quartiers : la société civile est en pleine ébullition en Algérie. Pour la quatrième semaine consécutive, la mobilisation ne faiblit pas. « Nous sommes ceux et celles que nous attendions », semblent dire ces citoyens et citoyennes qui défilent pacifiquement dans les rues. Et s’auto-organisent en inventant de nouveaux modes d’échanges et de diffusion de leurs revendications.

Malika Rahal: «Avec ce mouvement, les Algériens font l’expérience physique de l’unité collective»

Par
Manifestation contre un cinquième mandat à Paris. © Rachida El Azzouzi Manifestation contre un cinquième mandat à Paris. © Rachida El Azzouzi

Pour l’historienne Malika Rahal, « comme en 1962, quelque chose se répare, en même temps que quelque chose de nouveau s’ouvre dans une unité magnifique » à travers les manifestations monstres qui secouent l’Algérie.

Algérie: la «révolution du sourire» emporte le pays

Marche à Alger, le 15 mars. © Adlène Meddi Marche à Alger, le 15 mars. © Adlène Meddi

Plus nombreux encore que le 8 mars, des millions d'Algériens ont défilé vendredi 15 mars dans toutes les villes du pays contre « Bouteflika et le système ». Chants, rires, joie, humour et pacifisme : cette immense marée démocratique laisse le pouvoir KO debout.

En Algérie, le pouvoir attise la colère au lieu de l’apaiser

Par

En prolongeant le mandat du président malade Abdelaziz Bouteflika et en reportant la présidentielle, le pouvoir algérien apparaît encore plus hors la loi aux yeux du peuple, méprisant la Constitution. Le quatrième vendredi de manifestation a aussi été très suivi, sinon plus, que le précédent. 

Pour les étudiants algériens, «la Constitution n’est pas un cahier de brouillon»

Par Mustapha Benfodil (El Watan)
Post-it à messages lors de la manifestation du 12 mars 2019, à Alger. © Reuters Post-it à messages lors de la manifestation du 12 mars 2019, à Alger. © Reuters

La déclaration de renoncement du président Bouteflika à un cinquième mandat, diffusée lundi 11 mars, n’a pas convaincu les étudiants, qui se sont de nouveau mobilisés en masse mardi pour exiger un « vrai changement ». Un reportage paru dans le quotidien El Watan, que nous republions.

Mohamed Mebtoul: «Bouteflika et sa clientèle continuent de mentir au peuple»

Par

Pour le sociologue algérien, Mohamed Mebtoul, la déclaration de renoncement du président Bouteflika à un cinquième mandat est un mensonge au peuple qui se poursuit. Mais ce dernier n’est pas dupe, particulièrement sa jeunesse, désormais actrice incontournable dans la transformation du politique.

Algérie: Bouteflika renonce, l’élection présidentielle est reportée

Par
Manifestation à Alger, vendredi 8 mars. © (dr) Manifestation à Alger, vendredi 8 mars. © (dr)

Dans un « message à la nation », le président algérien cède aux revendications des millions d’Algériens qui manifestent depuis le 22 février en criant « Système dégage ! ». Il renonce à un cinquième mandat, un nouveau gouvernement est nommé, l’élection est repoussée et un référendum sur une nouvelle Constitution est annoncé pour la fin de l’année. En attendant, il reste aux commandes.

Algérie: l’humour et la dérision pour défier le surréalisme du pouvoir

Par Nadia Leïla Aïssaoui
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Savoir-faire cultivé depuis toujours par les Algériens pour contourner la censure et faire face à la peur, le maniement du rire et de l’autodérision est au cœur de la mobilisation contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

Dans les rues d’Alger en fête, la colère ne retombe pas

Par Nour El Houda
« L’Algérie n’est pas morte ». À Alger le 8 mars 2019 © Reuters / Zohra Bensemra. « L’Algérie n’est pas morte ». À Alger le 8 mars 2019 © Reuters / Zohra Bensemra.

Plus d’un million d’Algérois ont battu le pavé, vendredi 8 mars, en scandant d’une seule voix « non au cinquième mandat » d’Abdelaziz Bouteflika, ou encore « Algérie, une république et non un royaume ». En cette journée du 8 mars pour les droits des femmes, les Algériennes avaient troqué les roses et les cérémonies folkloriques contre les cris de colère pour la dignité.

Dans toute l’Algérie, un vendredi de fête révolutionnaire

Manifestation à Annaba, le 8 mars. © (dr) Manifestation à Annaba, le 8 mars. © (dr)

Il faut probablement compter en millions le nombre d’Algériens qui, ce 8 mars, se sont approprié les rues et les espaces publics de la quasi-totalité des villes algériennes. Cette mobilisation jamais vue, souvent conduite par des femmes, a pris des airs d’immense fête pacifique et révolutionnaire. Le pouvoir a ce vendredi comme disparu.

Karima Lazali: «Le pouvoir algérien a reproduit l’offense coloniale»

Par

Pour la psychanalyste Karima Lazali, auteure d’un ouvrage sur les traumatismes psychiques liés à la colonisation, la mobilisation citoyenne en Algérie s’explique aussi par le refus d’« afficher un chef d’État malade et vieillissant pour cacher le véritable lieu du pouvoir ».

En Algérie, des clans et des défections

Par
Manifestation contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika à Paris. © Rachida El Azzouzi Manifestation contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika à Paris. © Rachida El Azzouzi

Alors qu’une nouvelle journée de manifestations baptisée « le jour de la chute finale » s’annonce, le clan Bouteflika perd des soutiens. État des lieux des clans au pouvoir et des défections. 

France-Algérie: crise à Alger, silence à Paris

Par
Un cadre vide, symbole de la présidence de Bouteflika. © Rachida El Azzouzi Un cadre vide, symbole de la présidence de Bouteflika. © Rachida El Azzouzi

Face à la candidature factice d’un président incapable de gouverner, absent et muet, ainsi qu’à la colère d’un peuple qui refuse cette mascarade, l’Élysée et le Quai d’Orsay avaient le choix entre garder le silence, c’est-à-dire apporter un soutien inavoué au régime, ou prendre position, ce qui les exposait à l’accusation d’ingérence. Leur choix a donc été de s’exprimer sans rien dire.

El Mouhoub Mouhoud: «L’Algérie ne permet pas à sa jeunesse de se projeter dans l’avenir»

Par
Manifestation contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika à Paris. © Rachida El Azzouzi Manifestation contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika à Paris. © Rachida El Azzouzi

L’économiste El Mouhoub Mouhoud revient pour Mediapart sur les racines économiques et sociales de la révolte algérienne. Il dénonce la procrastination du régime Bouteflika qui n’a cessé d’ajourner les réformes structurelles, enfonçant le pays dans une impasse.

Le réveil algérien vu du Maroc: le pouvoir aux aguets, les militants en soutien

Par Soufiane Sbiti (Le Desk)
Manifestation d'étudiants à Alger, le 5 mars 2019. © Reuters Manifestation d'étudiants à Alger, le 5 mars 2019. © Reuters

Ce serait peu de dire que le Maroc s’intéresse à ce qui se passe actuellement en Algérie. Pouvoir, journalistes, militants et simples citoyens ont depuis quelques semaines les yeux rivés sur l’autre côté de la frontière, fermée depuis bientôt un quart de siècle. Avec cependant des regards différenciés.

Le pouvoir algérien acculé par un raz-de-marée de manifestants

Par

La contestation continue de s’amplifier en Algérie contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika qui fête ce samedi 2 mars ses 82 ans. Des centaines de milliers de manifestants ont déferlé à travers le pays et battu les records de mobilisation, acculant ainsi le pouvoir algérien dans une impasse à moins de trois jours de la date limite du dépôt des candidatures à la présidentielle.

Dans les rues d’Alger la révoltée: «L’Algérie ne sera pas la Syrie»

Par NOUR EL HOUDA
À Alger, le vendredi 1er mars. © REUTERS/Zohra Bensemra À Alger, le vendredi 1er mars. © REUTERS/Zohra Bensemra

Alger a vibré vendredi au son de la colère contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat. Une marée humaine a déferlé au cœur même de la capitale, en scandant : « Non au cinquième mandat » ou « L’Algérie est une république et non un royaume ». Malgré son caractère pacifique, la marche a été émaillée par des heurts entre la police et les manifestants qui voulaient rejoindre le siège de la présidence.

En Algérie, un vendredi de la colère décisif

Par
L'Algérie ne veut plus voter pour un cadre. © Rachida El Azzouzi L'Algérie ne veut plus voter pour un cadre. © Rachida El Azzouzi

Le président algérien est toujours quelque part dans une clinique en Suisse pour des examens médicaux et annoncé candidat à un cinquième mandat tandis que le pays se prépare à une nouvelle journée de mobilisation historique à deux jours de la date limite de dépôt des candidatures à la présidentielle. 

«L’Algérie peut s’installer dans l’instabilité, un peu comme au Venezuela»

Par

Alors que les manifestations se multiplient en Algérie contre « un cinquième mandat de la honte » du président Abdelaziz Bouteflika et qu’un nouvel appel à manifester a été lancé pour ce vendredi, après la prière, le sociologue Aissa Kadri et le politologue Mohamed Hennad décryptent la situation.

Dans la banlieue d'Alger: «Tôt ou tard, ce peuple va exploser»

Par Mustapha Benfodil (El Watan)
Vue sur le marché de gros de Semmar, quartier défiguré par un «urbanisme de guerre». Ici comme ailleurs, on ne veut pas entendre parler d’un 5e mandat © Sami K. Vue sur le marché de gros de Semmar, quartier défiguré par un «urbanisme de guerre». Ici comme ailleurs, on ne veut pas entendre parler d’un 5e mandat © Sami K.

Dans la banlieue sud d’Alger, la colère gronde à l’égard du clan présidentiel, qui « joue dangereusement avec le destin de la nation ». Un reportage paru dans le quotidien El Watan, que nous republions.

La démonstration de force des étudiants algériens

Par Mourad Slimani (El Watan)
Sur le campus de l’université d’Alger, mardi 26 février 2019. © Reuters/Ramzi Boudina Sur le campus de l’université d’Alger, mardi 26 février 2019. © Reuters/Ramzi Boudina

Des centaines de milliers d’étudiants sont sortis dans les rues de dizaines de villes algériennes, mardi 26 février, pour exprimer leur refus d’un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, après la présidentielle du 18 avril. Un reportage paru dans le quotidien El Watan, que nous republions.

L’Algérie se soulève «contre un cinquième mandat de la honte»

Par
Défilé à Alger, le 22 février © Reuters Défilé à Alger, le 22 février © Reuters

Des dizaines de milliers d’Algériens ont défilé vendredi 22 février contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika dans quasiment toutes les villes du pays. Le mouvement prend une ampleur aussi inattendue que salutaire.

En Algérie, un cinquième mandat du président Bouteflika n’est donc plus une blague

Par

Abdelaziz Bouteflika, qui n’a pas parlé aux Algériens depuis mai 2012, sera donc bien candidat à un cinquième mandat. Il incarne pourtant un régime à bout de souffle qui plonge le pays dans une crise grave et profonde.

En Algérie, «les lièvres» de la présidentielle sortent du bois

Par

La présidentielle aura lieu en Algérie en avril, mais le suspense reste entier. Bouteflika, malade, sera-t-il candidat à un cinquième mandat ? En attendant la réponse, 32 candidats, que la presse algérienne surnomme « les lièvres » tant l’élection est cadenassée, ont retiré un dossier de candidature. 

Un collectif tente d’empêcher un cinquième mandat du président algérien

Par

En Algérie, le collectif Mouwatana, qui rassemble des politiques et la société civile, œuvre pour qu’Abdelaziz Bouteflika ne se représente pas à l’élection présidentielle de 2019. Un combat difficile. Entretien avec l’un des coordinateurs du mouvement, Soufiane Djilali, de passage à Paris.

L'Algérie en plein brouillard politique

Par
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La chercheuse Myriam Aït-Aoudia décrypte la situation politique algérienne plus que confuse à quelques mois d'une des élections présidentielles les plus incertaines de l'Algérie contemporaine.

En Algérie, Adlène Meddi explore les cicatrices à vif de la décennie noire

Par
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Mediapart reçoit le journaliste et romancier algérien Adlène Meddi qui explore dans un nouveau roman, à travers le regard de quatre adolescents, le trauma de « la décennie noire », cette guerre civile qui saigna le pays des années 1990 à 2000 et qui hante les mémoires.

 

En Algérie, le scénario du report de la présidentielle devient plausible

Par
Abdelaziz Bouteflika, le 3 décembre, à Alger. © Reuters Abdelaziz Bouteflika, le 3 décembre, à Alger. © Reuters

La perspective d’un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika semble de plus en plus incertaine tant le président algérien apparaît affaibli par la maladie. Toutes les spéculations sont permises, y compris un report de la présidentielle et un prolongement de son mandat.

«Pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour savoir que Bouteflika est momifié»

Par

Pour le militant Omar Benderra, le régime algérien est face à un dilemme : « Soit il renouvelle Bouteflika au mépris de toute logique, de toute réalité, soit il lui trouve un successeur. Et cette seconde option crée des tensions violentes à l’intérieur du régime. »

En Algérie, un cinquième mandat du président Bouteflika n’est plus une blague

Par

À six mois d’une présidentielle marquée par l’incertitude entourant son état de santé, Abdelaziz Bouteflika, qui n’a pas parlé aux Algériens depuis mai 2012, est poussé à se représenter. Il incarne pourtant un pouvoir à bout de souffle, qui plonge le pays dans une crise grave et profonde.

La maladie de Bouteflika ne cache plus celle du régime

Le président Bouteflika, lors des élections législatives du 4 mai 2017 © Reuters Le président Bouteflika, lors des élections législatives du 4 mai 2017 © Reuters

L’horizon s’assombrit un peu plus pour l’Algérie. Alors que son « économie de bazar » est plombée par l’effondrement du prix du pétrole, la succession du président, âgé et impotent, s’organise dans une opacité totale. Et la jeunesse, atout majeur du pays, hésite, privée d’avenir, entre l’exil et le repli sur la religion.

Le ramadan antigaspillage en Algérie

Par Redha Menassel (Les Haut-Parleurs)
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À chaque ramadan, en Algérie, c’est la même chose : certains habitants se ruinent en aliments… et les poubelles débordent de nourriture. Un groupe de jeunes bénévoles a décidé de lutter contre ce gaspillage alimentaire en offrant un repas de rupture du jeûne aux personnes démunies. Redha s’est invité dans les cuisines.

Algérie: le parcours chaotique des jeunes diplômés

Par Amina (Les Haut-Parleurs)
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Un problème d’orientation post-bac, combiné à une pénurie de travail dans certains secteurs et à l’absence d’ambition ou de vision de la part des politiques, produit des générations de diplômés frustrés. « Un véritable gâchis », constate Amina dans cette vidéo de 4 minutes.

Algérie: «Tant que la manne pétrolière existe, la paix sociale est presque assurée»

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Projet gazier de la Sonatrach à Touat, en octobre 2017. © Reuters Projet gazier de la Sonatrach à Touat, en octobre 2017. © Reuters

Pour l'historien français Benjamin Stora et le politologue algérien Abdelkader Yefsah, ce n'est pas tant la succession de Bouteflika qui est problématique mais bien le modèle économique du pays qui repose sur la rente pétrolière. Entretien croisé. 

Karim Moussaoui filme une Algérie bloquée

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 © Hichem Merouche © Hichem Merouche

Dans En attendant les hirondelles, sorti dans les salles françaises, le réalisateur algérien Karim Moussaoui filme « la peur de l’inconnu », mais aussi « l’Algérie qui tente, même si elle n’y arrive pas toujours ».

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