Notre dossier: la révolte algérienne

C'est le mandat de trop. Après l'annonce que Abdelaziz Bouteflika postulait pour un cinquième mandat présidentiel, les Algériens  sont descendus dans la rue. Cela fait vingt ans qu'il est en poste. Totalement invalide, il a disparu de toutes les manifestations publiques depuis des années et n'est plus que la marionnette d'une oligarchie corrompue. Dans la rue, tous demandent la fin d'un régime en place depuis 60 ans. Nos analyses et nos enquêtes.

Malika Rahal: «Avec ce mouvement, les Algériens font l’expérience physique de l’unité collective»

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Manifestation contre un cinquième mandat à Paris. © Rachida El Azzouzi Manifestation contre un cinquième mandat à Paris. © Rachida El Azzouzi

Pour l’historienne Malika Rahal, « comme en 1962, quelque chose se répare, en même temps que quelque chose de nouveau s’ouvre dans une unité magnifique » à travers les manifestations monstres qui secouent l’Algérie.

Algérie: la «révolution du sourire» emporte le pays

Marche à Alger, le 15 mars. © Adlène Meddi Marche à Alger, le 15 mars. © Adlène Meddi

Plus nombreux encore que le 8 mars, des millions d'Algériens ont défilé vendredi 15 mars dans toutes les villes du pays contre « Bouteflika et le système ». Chants, rires, joie, humour et pacifisme : cette immense marée démocratique laisse le pouvoir KO debout.

En Algérie, le pouvoir attise la colère au lieu de l’apaiser

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En prolongeant le mandat du président malade Abdelaziz Bouteflika et en reportant la présidentielle, le pouvoir algérien apparaît encore plus hors la loi aux yeux du peuple, méprisant la Constitution. Le quatrième vendredi de manifestation a aussi été très suivi, sinon plus, que le précédent. 

Pour les étudiants algériens, «la Constitution n’est pas un cahier de brouillon»

Par Mustapha Benfodil (El Watan)
Post-it à messages lors de la manifestation du 12 mars 2019, à Alger. © Reuters Post-it à messages lors de la manifestation du 12 mars 2019, à Alger. © Reuters

La déclaration de renoncement du président Bouteflika à un cinquième mandat, diffusée lundi 11 mars, n’a pas convaincu les étudiants, qui se sont de nouveau mobilisés en masse mardi pour exiger un « vrai changement ». Un reportage paru dans le quotidien El Watan, que nous republions.

Mohamed Mebtoul: «Bouteflika et sa clientèle continuent de mentir au peuple»

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Pour le sociologue algérien, Mohamed Mebtoul, la déclaration de renoncement du président Bouteflika à un cinquième mandat est un mensonge au peuple qui se poursuit. Mais ce dernier n’est pas dupe, particulièrement sa jeunesse, désormais actrice incontournable dans la transformation du politique.

Algérie: Bouteflika renonce, l’élection présidentielle est reportée

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Manifestation à Alger, vendredi 8 mars. © (dr) Manifestation à Alger, vendredi 8 mars. © (dr)

Dans un « message à la nation », le président algérien cède aux revendications des millions d’Algériens qui manifestent depuis le 22 février en criant « Système dégage ! ». Il renonce à un cinquième mandat, un nouveau gouvernement est nommé, l’élection est repoussée et un référendum sur une nouvelle Constitution est annoncé pour la fin de l’année. En attendant, il reste aux commandes.

Algérie: l’humour et la dérision pour défier le surréalisme du pouvoir

Par Nadia Leïla Aïssaoui
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Savoir-faire cultivé depuis toujours par les Algériens pour contourner la censure et faire face à la peur, le maniement du rire et de l’autodérision est au cœur de la mobilisation contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

Dans les rues d’Alger en fête, la colère ne retombe pas

Par Nour El Houda
« L’Algérie n’est pas morte ». À Alger le 8 mars 2019 © Reuters / Zohra Bensemra. « L’Algérie n’est pas morte ». À Alger le 8 mars 2019 © Reuters / Zohra Bensemra.

Plus d’un million d’Algérois ont battu le pavé, vendredi 8 mars, en scandant d’une seule voix « non au cinquième mandat » d’Abdelaziz Bouteflika, ou encore « Algérie, une république et non un royaume ». En cette journée du 8 mars pour les droits des femmes, les Algériennes avaient troqué les roses et les cérémonies folkloriques contre les cris de colère pour la dignité.

Dans toute l’Algérie, un vendredi de fête révolutionnaire

Manifestation à Annaba, le 8 mars. © (dr) Manifestation à Annaba, le 8 mars. © (dr)

Il faut probablement compter en millions le nombre d’Algériens qui, ce 8 mars, se sont approprié les rues et les espaces publics de la quasi-totalité des villes algériennes. Cette mobilisation jamais vue, souvent conduite par des femmes, a pris des airs d’immense fête pacifique et révolutionnaire. Le pouvoir a ce vendredi comme disparu.

Karima Lazali: «Le pouvoir algérien a reproduit l’offense coloniale»

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Pour la psychanalyste Karima Lazali, auteure d’un ouvrage sur les traumatismes psychiques liés à la colonisation, la mobilisation citoyenne en Algérie s’explique aussi par le refus d’« afficher un chef d’État malade et vieillissant pour cacher le véritable lieu du pouvoir ».

En Algérie, des clans et des défections

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Manifestation contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika à Paris. © Rachida El Azzouzi Manifestation contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika à Paris. © Rachida El Azzouzi

Alors qu’une nouvelle journée de manifestations baptisée « le jour de la chute finale » s’annonce, le clan Bouteflika perd des soutiens. État des lieux des clans au pouvoir et des défections. 

France-Algérie: crise à Alger, silence à Paris

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Un cadre vide, symbole de la présidence de Bouteflika. © Rachida El Azzouzi Un cadre vide, symbole de la présidence de Bouteflika. © Rachida El Azzouzi

Face à la candidature factice d’un président incapable de gouverner, absent et muet, ainsi qu’à la colère d’un peuple qui refuse cette mascarade, l’Élysée et le Quai d’Orsay avaient le choix entre garder le silence, c’est-à-dire apporter un soutien inavoué au régime, ou prendre position, ce qui les exposait à l’accusation d’ingérence. Leur choix a donc été de s’exprimer sans rien dire.

El Mouhoub Mouhoud: «L’Algérie ne permet pas à sa jeunesse de se projeter dans l’avenir»

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Manifestation contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika à Paris. © Rachida El Azzouzi Manifestation contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika à Paris. © Rachida El Azzouzi

L’économiste El Mouhoub Mouhoud revient pour Mediapart sur les racines économiques et sociales de la révolte algérienne. Il dénonce la procrastination du régime Bouteflika qui n’a cessé d’ajourner les réformes structurelles, enfonçant le pays dans une impasse.

Le réveil algérien vu du Maroc: le pouvoir aux aguets, les militants en soutien

Par Soufiane Sbiti (Le Desk)
Manifestation d'étudiants à Alger, le 5 mars 2019. © Reuters Manifestation d'étudiants à Alger, le 5 mars 2019. © Reuters

Ce serait peu de dire que le Maroc s’intéresse à ce qui se passe actuellement en Algérie. Pouvoir, journalistes, militants et simples citoyens ont depuis quelques semaines les yeux rivés sur l’autre côté de la frontière, fermée depuis bientôt un quart de siècle. Avec cependant des regards différenciés.

Le pouvoir algérien acculé par un raz-de-marée de manifestants

Par

La contestation continue de s’amplifier en Algérie contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika qui fête ce samedi 2 mars ses 82 ans. Des centaines de milliers de manifestants ont déferlé à travers le pays et battu les records de mobilisation, acculant ainsi le pouvoir algérien dans une impasse à moins de trois jours de la date limite du dépôt des candidatures à la présidentielle.

Dans les rues d’Alger la révoltée: «L’Algérie ne sera pas la Syrie»

Par NOUR EL HOUDA
À Alger, le vendredi 1er mars. © REUTERS/Zohra Bensemra À Alger, le vendredi 1er mars. © REUTERS/Zohra Bensemra

Alger a vibré vendredi au son de la colère contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat. Une marée humaine a déferlé au cœur même de la capitale, en scandant : « Non au cinquième mandat » ou « L’Algérie est une république et non un royaume ». Malgré son caractère pacifique, la marche a été émaillée par des heurts entre la police et les manifestants qui voulaient rejoindre le siège de la présidence.

En Algérie, un vendredi de la colère décisif

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L'Algérie ne veut plus voter pour un cadre. © Rachida El Azzouzi L'Algérie ne veut plus voter pour un cadre. © Rachida El Azzouzi

Le président algérien est toujours quelque part dans une clinique en Suisse pour des examens médicaux et annoncé candidat à un cinquième mandat tandis que le pays se prépare à une nouvelle journée de mobilisation historique à deux jours de la date limite de dépôt des candidatures à la présidentielle. 

«L’Algérie peut s’installer dans l’instabilité, un peu comme au Venezuela»

Par

Alors que les manifestations se multiplient en Algérie contre « un cinquième mandat de la honte » du président Abdelaziz Bouteflika et qu’un nouvel appel à manifester a été lancé pour ce vendredi, après la prière, le sociologue Aissa Kadri et le politologue Mohamed Hennad décryptent la situation.

Dans la banlieue d'Alger: «Tôt ou tard, ce peuple va exploser»

Par Mustapha Benfodil (El Watan)
Vue sur le marché de gros de Semmar, quartier défiguré par un «urbanisme de guerre». Ici comme ailleurs, on ne veut pas entendre parler d’un 5e mandat © Sami K. Vue sur le marché de gros de Semmar, quartier défiguré par un «urbanisme de guerre». Ici comme ailleurs, on ne veut pas entendre parler d’un 5e mandat © Sami K.

Dans la banlieue sud d’Alger, la colère gronde à l’égard du clan présidentiel, qui « joue dangereusement avec le destin de la nation ». Un reportage paru dans le quotidien El Watan, que nous republions.

La démonstration de force des étudiants algériens

Par Mourad Slimani (El Watan)
Sur le campus de l’université d’Alger, mardi 26 février 2019. © Reuters/Ramzi Boudina Sur le campus de l’université d’Alger, mardi 26 février 2019. © Reuters/Ramzi Boudina

Des centaines de milliers d’étudiants sont sortis dans les rues de dizaines de villes algériennes, mardi 26 février, pour exprimer leur refus d’un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, après la présidentielle du 18 avril. Un reportage paru dans le quotidien El Watan, que nous republions.

L’Algérie se soulève «contre un cinquième mandat de la honte»

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Défilé à Alger, le 22 février © Reuters Défilé à Alger, le 22 février © Reuters

Des dizaines de milliers d’Algériens ont défilé vendredi 22 février contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika dans quasiment toutes les villes du pays. Le mouvement prend une ampleur aussi inattendue que salutaire.

En Algérie, un cinquième mandat du président Bouteflika n’est donc plus une blague

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Abdelaziz Bouteflika, qui n’a pas parlé aux Algériens depuis mai 2012, sera donc bien candidat à un cinquième mandat. Il incarne pourtant un régime à bout de souffle qui plonge le pays dans une crise grave et profonde.

En Algérie, «les lièvres» de la présidentielle sortent du bois

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La présidentielle aura lieu en Algérie en avril, mais le suspense reste entier. Bouteflika, malade, sera-t-il candidat à un cinquième mandat ? En attendant la réponse, 32 candidats, que la presse algérienne surnomme « les lièvres » tant l’élection est cadenassée, ont retiré un dossier de candidature. 

Un collectif tente d’empêcher un cinquième mandat du président algérien

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En Algérie, le collectif Mouwatana, qui rassemble des politiques et la société civile, œuvre pour qu’Abdelaziz Bouteflika ne se représente pas à l’élection présidentielle de 2019. Un combat difficile. Entretien avec l’un des coordinateurs du mouvement, Soufiane Djilali, de passage à Paris.

L'Algérie en plein brouillard politique

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La chercheuse Myriam Aït-Aoudia décrypte la situation politique algérienne plus que confuse à quelques mois d'une des élections présidentielles les plus incertaines de l'Algérie contemporaine.

En Algérie, Adlène Meddi explore les cicatrices à vif de la décennie noire

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Mediapart reçoit le journaliste et romancier algérien Adlène Meddi qui explore dans un nouveau roman, à travers le regard de quatre adolescents, le trauma de « la décennie noire », cette guerre civile qui saigna le pays des années 1990 à 2000 et qui hante les mémoires.

 

En Algérie, le scénario du report de la présidentielle devient plausible

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Abdelaziz Bouteflika, le 3 décembre, à Alger. © Reuters Abdelaziz Bouteflika, le 3 décembre, à Alger. © Reuters

La perspective d’un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika semble de plus en plus incertaine tant le président algérien apparaît affaibli par la maladie. Toutes les spéculations sont permises, y compris un report de la présidentielle et un prolongement de son mandat.

«Pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour savoir que Bouteflika est momifié»

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Pour le militant Omar Benderra, le régime algérien est face à un dilemme : « Soit il renouvelle Bouteflika au mépris de toute logique, de toute réalité, soit il lui trouve un successeur. Et cette seconde option crée des tensions violentes à l’intérieur du régime. »

En Algérie, un cinquième mandat du président Bouteflika n’est plus une blague

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À six mois d’une présidentielle marquée par l’incertitude entourant son état de santé, Abdelaziz Bouteflika, qui n’a pas parlé aux Algériens depuis mai 2012, est poussé à se représenter. Il incarne pourtant un pouvoir à bout de souffle, qui plonge le pays dans une crise grave et profonde.

La maladie de Bouteflika ne cache plus celle du régime

Le président Bouteflika, lors des élections législatives du 4 mai 2017 © Reuters Le président Bouteflika, lors des élections législatives du 4 mai 2017 © Reuters

L’horizon s’assombrit un peu plus pour l’Algérie. Alors que son « économie de bazar » est plombée par l’effondrement du prix du pétrole, la succession du président, âgé et impotent, s’organise dans une opacité totale. Et la jeunesse, atout majeur du pays, hésite, privée d’avenir, entre l’exil et le repli sur la religion.

Le ramadan antigaspillage en Algérie

Par Redha Menassel (Les Haut-Parleurs)
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À chaque ramadan, en Algérie, c’est la même chose : certains habitants se ruinent en aliments… et les poubelles débordent de nourriture. Un groupe de jeunes bénévoles a décidé de lutter contre ce gaspillage alimentaire en offrant un repas de rupture du jeûne aux personnes démunies. Redha s’est invité dans les cuisines.

Algérie: le parcours chaotique des jeunes diplômés

Par Amina (Les Haut-Parleurs)
Vidéo dans l'article Vidéo dans l'article

Un problème d’orientation post-bac, combiné à une pénurie de travail dans certains secteurs et à l’absence d’ambition ou de vision de la part des politiques, produit des générations de diplômés frustrés. « Un véritable gâchis », constate Amina dans cette vidéo de 4 minutes.

Algérie: «Tant que la manne pétrolière existe, la paix sociale est presque assurée»

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Projet gazier de la Sonatrach à Touat, en octobre 2017. © Reuters Projet gazier de la Sonatrach à Touat, en octobre 2017. © Reuters

Pour l'historien français Benjamin Stora et le politologue algérien Abdelkader Yefsah, ce n'est pas tant la succession de Bouteflika qui est problématique mais bien le modèle économique du pays qui repose sur la rente pétrolière. Entretien croisé. 

Karim Moussaoui filme une Algérie bloquée

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 © Hichem Merouche © Hichem Merouche

Dans En attendant les hirondelles, sorti dans les salles françaises, le réalisateur algérien Karim Moussaoui filme « la peur de l’inconnu », mais aussi « l’Algérie qui tente, même si elle n’y arrive pas toujours ».

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