Analyses

  • Du «groupe de Tarnac» au Printemps, l'antiterrorisme à toutes les sauces

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    L'agenda médiatique du mardi 16 décembre aura été dominé par un risque d'attentat dans un grand magasin parisien. Le lendemain, l'affaire avait fait long feu. Mais la logique antiterroriste a conduit à renforcer un plan Vigipirate – toujours en alerte «rouge» depuis trois ans. Comme elle a conduit, depuis des années, à renforcer un arsenal législatif utilisé dernièrement contre les jeunes de Tarnac, accusés d'actes de sabotage contre la SNCF... Ce système antiterroriste «à la française», toujours moins soucieux des libertés, est régulièrement dénoncé. Mais, à chaque nouvelle alerte, le jugement critique paraît anesthésié.
  • Travail du dimanche: un «compromis»? Non, un recul!

    La «minorité agissante» de l'UMP a gagné: après des mois de débats à l'UMP, Nicolas Sarkozy a dû lâcher du lest. La loi sur les dérogations au travail dominical doit être examinée à partir de mercredi 17 décembre. Elle sera sans doute adoptée début janvier. Mais plus question, comme l'avait souhaité le chef de l'Etat (c'était une de ses promesses de campagne), d'«autoriser le travail du dimanche pour les salariés volontaires». L'opposition a déjà déposé 4.000 amendements.

  • Audiovisuel public: le gouvernement décide d'oublier le Sénat

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    C'est finalement Patrick de Carolis (photo), le PDG de France Télévisions, qui a pris la responsabilité de supprimer la publicité (après 20h) sur la télé publique, dès le 5 janvier. Mardi 16 décembre, son conseil d'administration a voté une résolution en ce sens, par 9 voix pour et 2 contre. En passant par ce biais, l'exécutif a court-circuité le Sénat et piétiné ses promesses estivales de renforcement du Parlement. Les sénateurs discuteront ainsi de mesures déjà entrées en application! De son côté, l'Assemblée nationale a bouclé l'examen de la réforme de l'audiovisuel dans la nuit de mardi, vers 2h30 du matin.

  • Scandale Madoff: une pyramide à la Carlo Ponzi

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    Une fraude à 50 milliards de dollars, mais avec la plus vieille recette du monde: une pyramide à la Carlo Ponzi. Le scandale Bernie Madoff, qui éclabousse certains des grands noms de la finance mondiale, est-il seulement une escroquerie spectaculaire ou le résultat inévitable de l'exubérance irrationnelle qui a entouré l'économie et les marchés financiers américains depuis plus d'une décennie?

  • Travail dominical: encore un sondage qui tombe à pic

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    Quand il s'agit de prouver que les Français sont pour le travail dominical, il y a toujours un sondage qui tombe à point nommé. Au mois d'octobre, il y avait eu l'enquête IFOP parue dans le JDD. Vendredi 12 décembre, Le Figaro affirmait en une que «66% des Français» seraient pour l'ouverture des magasins le dimanche. Nicolas Sarkozy reçoit justement, lundi 15 décembre, la cinquantaine de députés UMP qui refusent toujours une modification de la loi. Plus facile de les faire plier si le chef de l'Etat a l'opinion avec lui ...
  • Devant le tribunal: la science politique injuriée!

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    Lundi, un tribunal de police de Paris aura à connaître d'une affaire d'injures privées et de diffamation non publique qui oppose un professeur de science politique à un autre. Derrière ces plaintes de Pascal Perrineau (photo) contre Olivier Fillieule, ce sont de graves questions déontologiques qui se posent sur le mode d'intervention des chercheurs dans l'espace public.
  • Licenciements : Hamon se plaît à réveiller les fantômes du PS

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    «Rétablir une forme d'autorisation administrative pour les licenciements boursiers.» Le porte-parole du PS et animateur de l'aile gauche du parti, Benoît Hamon, veut réanimer le vieux mécanisme supprimé en 1986. La direction du parti ne le suit pas, Martine Aubry s'étant, il y a dix ans, fortement opposée à un tel dispositif. Mais Hamon y croit-il vraiment? Pour celui qui tente d'ancrer le parti à gauche, il s'agit surtout d'envoyer un signal, en insistant là où ça fait mal : les renoncements successifs des années Jospin. Il peut ainsi préparer les batailles à venir contre l'autre aile de la majorité du PS, mélange hétéroclite de «jospinistes» et de «fabiusiens». Lire aussi:

  • Conseil européen: Angela Merkel pardonnera-t-elle à Sarkozy l'infidèle?

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    Menu chargé pour ce dernier conseil européen de la présidence française qui s'ouvre, jeudi 11 décembre, à Bruxelles. En plats de résistance: le plan de relance coordonné pour faire face à la crise économique, le paquet "énergie climat", la réponse institutionnelle des Vingt-Sept en attendant une ratification du traité de Lisbonne par les Irlandais et les Tchèques. Autant de sujets sur lesquels Allemands et Français se disputent jusqu'à remettre en cause la solidité du couple fondateur de la construction européenne.
  • Bernard Kouchner: volte-face, reniement et coup de poignard

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    Au moment où Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, est en froid avec l'Elysée, Bernard Kouchner sonne l'hallali contre celle qu'il ne supporte pas et dont il parle désormais au passé. Ce secrétariat d'Etat? «Une erreur», dit-il aujourd'hui. Et peu importe si cela vient contredire tous ses discours passés et, au passage, ceux du président de la République.
  • Immigration: Hortefeux à la manœuvre dans une Europe sous contrôle

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    L'adoption par les Vingt-Sept du pacte sur l'immigration et l'asile est considérée comme un succès par la présidence française. À l'heure des bilans, retour sur la manière dont Paris a imposé un texte à tonalité sécuritaire. De fait, partout en Europe, les législations se durcissent. En Italie, sur fond de tensions racistes, un délit d'immigration illégale a été créé. Le gouvernement britannique espère réduire les «flux» d'immigration grâce à un nouveau système à points. En Espagne, les socialistes allongent la durée de rétention des sans-papiers. En Allemagne, les autorités refusent d'ouvrir le marché du travail aux citoyens européens des pays de l'Est.