Un pays bloqué, un désordre général, une société une fois de plus violentée. Depuis l’été 2017, ce pouvoir est l’organisateur d’incessants troubles à l’ordre public. Sourd aux compromis comme aux demandes sociales, il impose par les violences policières et avec le soutien d’une majorité godillot un projet néolibéral. Jusqu’à quand ?
Craignant la colère du pays, l’Élysée et Matignon multiplient les réunions pour évaluer les rapports de force. Face à la rue, le pouvoir n'entend pas céder. Son entêtement soulève une question majeure : à quelles conditions le mouvement social peut-il gagner ?
Proche d’Emmanuel Macron, Sibyle Veil cherche à imposer un plan de suppression de 299 emplois à Radio France. La PDG récolte en retour une grève massive. Mediapart publie les notes de la direction qui indignent tous les personnels.
À la veille du 5 décembre, il faut se souvenir d’un des enseignements du Front populaire : c’est la vitalité de la société qui, en 1934, a fait échec à l’extrême droite et qui, en 1936, a bousculé l’inertie des dirigeants de la gauche. Dans cette quête, les voix de Simone Weil ou de George Orwell peuvent servir de guides.
Alors que la répression ne faiblit pas en Égypte, qu’un rapport d’ONG documente les abus d’une justice parallèle, la France apparaît dans une « déconnexion criante et inacceptable » à l’égard de son allié le dictateur Sissi, pour reprendre les mots d’Emmanuel Macron. La diplomatie, ce n’est pas s’écraser.
Les auditions au Congrès ont prouvé s'il en était besoin la corruption de l'administration Trump, dirigée par un gang de Pieds nickelés complotistes. À ce drame télévisé s'en ajoute un autre, politique : si le président et ses affidés massacrent les faits, échafaudent des fictions parallèles, que valent les contre-pouvoirs ?
Christian Estrosi a rendu dimanche un hommage appuyé à l’ancien maire de Nice Jacques Médecin. Celui qui avait abandonné sa ville pour fuir la justice en Uruguay a désormais une rue à son nom. Malgré ses multiples condamnations, malgré son flirt avec l’extrême droite, malgré ses déclarations racistes, l’édile a salué la mémoire de celui qu’il considère comme « un grand homme ».
Un pays « trop négatif sur lui-même », des « Gaulois réfractaires au changement », un manque de « pédagogie », des situations bien pires ailleurs qu’en France… Depuis le début du quinquennat, le président de la République trouve toujours de bonnes raisons aux colères qui s’expriment. Mais elles le concernent rarement.
La France va devoir transposer sous deux ans la directive européenne sur les lanceurs d’alerte. Une importante mobilisation citoyenne commence pour que le droit français s’enrichisse des importantes avancées démocratiques de ce texte, tout en gardant le meilleur de la loi dite « Sapin 2 » et en intégrant aussi les propositions progressistes du Conseil de l’Europe.
Deux ministres refusent de considérer l’immolation d’un étudiant comme un geste politique. Un autre ne voit qu’une dimension personnelle dans le suicide d’une directrice d’école. L’exécutif récuse le terme de violences policières. Le pouvoir macronien tord la réalité pour éluder sa responsabilité.