Le développement de l’industriel de la volaille Duc, filiale du géant néerlandais Plukon, se poursuit dans l’Yonne et dans l’Aube. Un nouveau mégapoulailler est sur le point de sortir de terre, tandis que d’autres sont à l’étude. Réveillant, après un été de sécheresse, la question de la consommation d’eau par le secteur agricole.
Dans un rapport publié mardi 4 octobre, Greenpeace, Oxfam et Réseau Action Climat analysent les conséquences de l’élevage français destiné au marché international. Un désastre environnemental et une concurrence déloyale pour les pays importateurs.
L'été est terminé. Mais la sécheresse continue. Les nappes souterraines mettront des mois à retrouver leur niveau normal. Il est temps de réduire la consommation d’eau de l’agro-industrie. Parti pris en vidéo.
La carte n’a pas bougé depuis cet été : 93 départements sont toujours en alerte sécheresse et de nombreux arrêtés empêchent les prélèvements d’eau habituels. L’agriculture pourra-t-elle continuer de consommer comme avant ? Entretien.
Au lieu d’être utilisées pour nourrir humains et animaux, des cultures sont englouties en masse dans les méthaniseurs. Contourner la loi pour laisser le champ libre au « maïs énergétique » est un jeu d’enfant bien compris par les agriculteurs. Car produire de l’énergie rapporte plus qu’élever des vaches, explique l’ONG Splann.
En théorie, quand une installation agricole comporte un risque important, les inspections se multiplient pour éviter tout dommage sur la santé humaine et animale, la faune et la flore. En pratique, les méthaniseurs bretons cumulent les dérogations malgré des pollutions répétées, pointe l’ONG Splann.
Dans le nord-ouest du Sénégal, une coalition de 37 villages proteste depuis dix ans contre l’attribution de 20 000 hectares à une entreprise agroalimentaire. Ce conflit foncier illustre un phénomène généralisé sur le continent africain : l’accaparement de terres par des multinationales.
Dans la commune de Querrien, dans le sud du Finistère, un collectif s’est constitué pour cultiver et pâturer 53 hectares mis à la vente. La Safer, qui régule l’attribution des terres agricoles, a préféré l’agrandissement d’une exploitation. À rebours des objectifs fixés par la Région.
La Commission européenne a relancé, en juin dernier, les négociations pour réduire massivement l’usage des pesticides sur le continent. Alors que des États renâclent et que les lobbies s’inquiètent, Mediapart recommande aux récalcitrants (et aux autres) la lecture de l’ouvrage majeur de la pensée écologique, « Printemps silencieux », de la biologiste états-unienne Rachel Carson, réédité cette année. Soixante ans après sa parution, il n’a (malheureusement) pas pris une ride.
Pour toutes celles et ceux qui travaillent la terre, la sécheresse record que nous traversons n’est pas un simple mot. Ce sont des rendements en chute libre, des bêtes assoiffées, le constat que d’année en année, le vivant se détériore. Et avec lui, le sens de leur métier.
Trop petite pour être vue à l’œil nu, la vie du sol est pourtant nécessaire à la vie sur terre. Sans elle, pas de mammifères, pas d’oiseaux… et pas de légumes. Or les techniques de l’agriculture productiviste, en accélérant l’érosion, sont en train de tuer les sols. Une fuite en avant, alerte le biologiste.
Installée dans une vallée au pied du massif du Cantal, la famille De Vreede s’est lancée il y a une vingtaine d’années dans la production de lombricompost. Une démarche iconoclaste dans ces terres d’élevage bovin, qui trouve aujourd’hui de nombreux débouchés.
On dit de lui que c’est le premier en Languedoc à avoir compris ce qui se passait sur les sols usés par la monoculture de vignes. Depuis bientôt 30 ans, Didier Barral expérimente des techniques iconoclastes sur ses terres. À rebours des pratiques dominantes du monde viticole.
La sécheresse record de cet été 2022 impose de repenser les techniques agricoles. Certains s’y essayent déjà, comme Dorian Pastre, un jeune Tarnais adepte du « maraîchage sur sol vivant ». Une méthode sans labour et sans chimie, qui a le vent en poupe.
Un décret prévoyait d’interdire l’appellation « steak de soja » à partir du 1er octobre. Mais le Conseil d’État a validé mercredi la requête de suspension déposée par l’organisation qui défend les industriels de la filière des protéines végétales.
Le gouvernement néerlandais a décidé de réduire le nombre d’animaux d’élevage, une première. Le pays, deuxième exportateur mondial de produits agricoles, pourrait ainsi envoyer un signal fort en Europe. Mais les tenants de l’agriculture intensive ne l’entendent pas de cette oreille.