Dès 2017, ils ont tenté d’alerter au sujet des violences commises dans les centres éducatifs où ils travaillaient. Longtemps, ils n’ont pas été entendus. Pire, ils ont été harcelés. Deux ans après la révélation des maltraitances sur des enfants placés en Alsace, ces lanceurs d’alerte racontent comment leur vie a basculé.
Victor a 15 ans et vit dans un foyer. Il a déjà conscience qu’il ne sera pas accompagné après sa majorité. Alors, comme pour passer le temps, il dessine des maisons, et décide de construire une « tiny house ». À travers ce chantier, nous découvrons un bout de sa vie… et la naissance de son superpouvoir ? Le film photographique « Cape ou pas cape ? » a reçu le prix Diapéro dont Mediapart est partenaire lors du festival Les Nuits photo 2022 à Paris.
Dans le XXe arrondissement de Paris, les professionnels, qui ont de plus en plus de mal à mettre les mineurs à l’abri, dénoncent une situation intenable. Après l’hospitalisation d’une de leurs collègues, blessée dans une altercation avec une adolescente, un appel à la grève est lancé.
Vitrine du gouvernement en matière de lutte contre la délinquance des mineurs, ces établissements alternatifs à la détention sont très bien servis dans le budget de la justice, examiné mardi par les députés. Vingt ans après leur création, leur bilan est pourtant critiqué de toutes parts.
Agressions, fugues spectaculaires, stupéfiants... Les tensions sont devenues insupportables au centre éducatif fermé de Pionsat (Puy-de-Dôme), qui accueille des adolescents placés par la justice. Sa gestion par le Groupe SOS, mastodonte de l’économie sociale, est mise en cause.
Emmanuel Macron a appelé lundi à « investir dans la petite enfance », mais de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’usage de l’argent public dans ce secteur. Sa libéralisation fait prospérer des acteurs privés qui développent des places d’accueil autant que leurs affaires.
À Nantes, les nourrissons protégés de leurs parents dès la naissance et placés à l’hôpital paient cher le manque de places en pouponnière et la raréfaction des familles d’accueil. Ces derniers mois, le syndrome d’hospitalisme, cette carence affective qui conduit à un état dépressif grave, a frappé certains de ces nouveau-nés.
Alternative à la prison pour mineurs, le centre éducatif fermé des Chutes-Lavie est visé par une enquête pour mauvais traitements et malversations financières. Un rapport des services de l'État pointe des dysfonctionnements multiples.
Mediapart donne la parole à quelques-un·es des 180 000 enfants placés, qui subissent un confinement à part, loin de tout domicile parental. Ces adolescentes racontent ce qu’est leur vie confinée : stress, éducateurs épuisés… « C’est hyper dur. »
Après le 11 mai, des violences cachées à l’intérieur des familles pendant des semaines vont émerger, d’une ampleur sans doute inédite. Tous les indicateurs sont au rouge. Et le système de protection des mineurs n’aura pas été à la hauteur.
En Seine-Saint-Denis, où la protection de l’enfance est sinistrée, un centre est créé pour regrouper des enfants placés atteints du Covid-19. Des éducateurs craignent une « stigmatisation ». Et s’inquiètent, par ailleurs, des effets du confinement pour les jeunes : maltraitance, fragilisation des familles d’accueil, etc.
Partout en France, des enfants deviennent orphelin·e·s de mère à la suite de féminicides. Ils sont bien souvent laissés à leur sort, sauf en Seine-Saint-Denis. Le sujet est abordé mardi à l’occasion du Grenelle des violences conjugales. Témoignages.
Le gouvernement est accusé de « trahison » après avoir vidé de sa substance à l'Assemblée la proposition de loi visant à accompagner la sortie des mineurs de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) à leurs 18 ans. « C'est dégueulasse », se défend la députée LREM Brigitte Bourguignon.
Transformée en esclave par sa famille d’accueil, une jeune fille avait réussi à s’enfuir et à porter plainte en 2001. Mais justice ne lui a pas été rendue. Jusqu’à ce que la Cour de cassation tranche tout récemment.
Le collectif #LaRueA18ans et quelques parlementaires se battent depuis plusieurs mois pour obtenir le vote d’une loi qui interdirait la « sortie sèche », c’est-à-dire cette situation où, le jour de ses 18 ans, l’enfant placé se retrouve à la rue sans ressources ni soutien. Ils organisent mardi une soirée de mobilisation. Contesté par les associations, le secrétaire d’État à l’enfance Adrien Taquet annonce à Mediapart une mission d’information parlementaire.
Un quart des adolescents en classe de 5eme, 4eme et 3eme ont eu au moins un comportement d’achat ou de vente de faux. Ils ont donc une contribution non négligeable à la dynamique du marché illégal. Environ 3,5% des adolescents pratiqueraient la vente de contrefaçons et 5,2% de cannabis selon une étude de Sébastian Roché.