Nicolas Werth analyse les étapes, à partir de 1998, des transformations de l’esprit public en Russie. Une vague régressive y modifie la perception de l’histoire contemporaine. L’Ukraine fait aujourd’hui les frais d’une croisade. D’autres pays pourraient suivre. Dernier volet de notre grand entretien avec l'historien.
Sous-équipée, utilisée au loin et incapable de défendre le territoire national, l’armée post-réunification a surtout été pensée pour temps de paix. Le conflit ukrainien et la menace russe ont finalement réveillé Berlin qui veut se doter de la « plus grande armée conventionnelle d’Europe dans le cadre de l’Otan ».
Nicolas Werth entame des recherches en URSS dès le début des années 1970. Il assiste à partir de 1985, à Moscou, aux tentatives de réformes menées par Gorbatchev, puis à l’effondrement du régime. Les archives enfin ouvertes font le bonheur des historiens.
Le Parlement belge a entamé voilà deux ans un travail historique d’ampleur sur son passé colonial. Il s’ajoute à des initiatives locales sur la décolonisation de l’espace public et à une loi sur la restitution des biens spoliés. Y a-t-il des leçons à en tirer pour la France ?
De nouveaux bombardements ont visé samedi la plus grande centrale nucléaire d’Europe, située dans le sud de l’Ukraine et occupée depuis le mois de mars par l’armée russe. Alors que Kyiv et Moscou s’accusent mutuellement, la communauté internationale craint une catastrophe nucléaire.
La Russie vient de donner une rude leçon de géopolitique à l’Allemagne en lui rappelant sa vulnérabilité militaire et économique. Pour la diplomatie allemande, qui a misé sur la carte russe pendant vingt ans, l’humiliation est profonde, et le constat brutal.
Alexander Werth doit quitter l’URSS en 1948. Pas assez fiable pour le Kremlin, trop philosoviétique pour ses employeurs britanniques. Il vit de sa plume en France, écrivant des livres en anglais sur le monde contemporain. En 1969, il met fin à ses jours.
Deuxième épisode de notre série vidéo en cinq volets : Nicolas Werth évoque les années de correspondant de guerre en URSS de son père, le journaliste britannique né en Russie Alexander Werth, envoyé dès 1941 à Moscou pour la BBC et quelques journaux.
Depuis le début du conflit, la société civile ukrainienne s’est massivement mobilisée pour faire face à l’offensive russe. Alors que les organisations internationales sont critiquées, comme on l’a vu encore récemment avec Amnesty International, la plupart de l’aide humanitaire sur le terrain est fournie par des volontaires à bout de ressources.
Dans ce premier épisode d’une série vidéo en cinq volets, Nicolas Werth retrace l’origine sociale et la jeunesse de son père, le futur journaliste vedette du « Manchester Guardian » : Alexander Werth, né à Saint-Pétersbourg en 1901, mort à Paris en 1969.
Les deux candidats à la direction du parti n’ont guère d’idées face à la hausse des prix qui frappe pourtant de plein fouet l’économie britannique. Le débat économique se limite donc à un duel stratégique pour convaincre le cœur militant des Tories.
Le duel interne au parti conservateur pour la succession de Boris Johnson, entre Liz Truss et Rishi Sunak, semble déconnecté des urgences du moment, de l’inflation au climat. En raison du mode de scrutin, la légitimité du vainqueur sera faible.
Un tiers des prostituées de l’Union européenne viennent de Roumanie. Les trafiquants profitent de la détresse sociale, mais aussi d’institutions policières et judiciaires déficientes, pour organiser une véritable traite. Quant aux pays de destination, ils brillent par leur hypocrisie.
L’ONG de défense des droits humains critique la stratégie militaire de l’Ukraine, qui mettrait en danger la vie de civils à proximité de la ligne de front, dans un rapport publié jeudi qui a provoqué une levée de boucliers des responsables ukrainiens à Kyiv.
En Croatie, interrompre sa grossesse est devenu tabou. Les mouvements ultraconservateurs et la puissante Église catholique mettent la pression sur les femmes et sur l’État, sommé de durcir une législation datant de la Yougoslavie socialiste. La résistance féministe s’organise.
Les dangers de l’émigration vers l’Europe vont croissant, déplore Mark Akkerman, qui étudie la militarisation des frontières du continent depuis 2016. Un mouvement largement poussé par le lobby de l’industrie de l’armement et de la sécurité.