Chrìstos Ikonòmou, remarqué en 2016 pour Ça va aller, tu vas voir, revient avec un recueil de nouvelles, Le salut viendra de la mer. Rédigés en temps de crise sans que celle-ci n’en soit exactement l’objet, ces récits offrent des méditations angoissées sur la possibilité de l’humanité lorsque tout s’effondre.
Stéphane Audoin-Rouzeau, historien de la Grande Guerre, a été ébranlé par ses séjours au Rwanda. Il livre un texte à la fois personnel, scientifique et cinglant sur l’implication de la France dans le génocide des Tutsis, qui résonne d’un poids particulier sous la plume de ce « conservateur », spécialiste de l’anthropologie du combat et des massacres de masse.
Le livre de Bill Emmott recoupe les enjeux électoraux aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France. Pas d’ouverture sans égalité des droits et des chances.
Dans un bel essai, Jean-Luc Chappey examine le cas de Victor, l’enfant « sauvage » de l’Aveyron, entre Directoire et Empire. Ce moment où il ne s’agit plus d’inclure les marginaux, mais de les exclure du corps social.
Parti en Chine au printemps 1983 pour mettre en scène une de ses pièces majeures, Arthur Miller y écrit son journal de bord. Un commis voyageur à Pékin fourmille d’anecdotes sur les répétitions quotidiennes, le théâtre, la ville, les distances culturelles et politiques. Plus qu'un document littéraire inédit en France, c'est surtout un reportage d’artiste sur un voyage et une civilisation.
Après la Grande Transformation décrite par Karl Polanyi voilà 70 ans, sommes-nous en train de vivre un tournant historique marqué par une « grande régression », où capitalisme néolibéral et post-fascisme s’alimentent mutuellement ? C’est ce qu’affirment quinze intellectuels marqués à gauche, dans un livre collectif et international, avec des arguments inégalement puissants et originaux.
Entretien avec Christian Phéline et Agnès Spiquel-Courdille, auteurs de Camus, militant communiste. Alger 1935-1937 (Gallimard). Où l’on découvre, sous la chape coloniale, un foisonnement fraternel qui n’aura cessé de nourrir les combats de l’écrivain contre l’injustice.
Le thème a fait un flop durant la campagne présidentielle. Pourtant, deux romans brefs et percutants, aux tons très différents, Le Chronométreur, de Pär Thörn, et La Disparition de la chasse, de Christophe Levaux, se rejoignent pour constater, non sans ironie, la vacuité du travail.
Alors que la campagne du second tour s’est engagée avec l’accusation faite par Marine Le Pen à Emmanuel Macron d’être « entre les mains des communautaristes », entretien avec Marwan Muhammad, directeur du CCIF, qui vient de publier un ouvrage intitulé Nous (aussi) sommes la nation (La Découverte).
Dix ans après la publication de L’Insurrection qui vient, le comité invisible tire le bilan des mobilisations contre la loi sur le travail et se manifeste à nouveau avec Maintenant, un ouvrage décevant, tournant souvent à vide, mais qui contient toutefois quelques éléments intéressants. Mediapart en publie un chapitre.
Ils ont été immortalisés par Van Gogh et Heidegger leur trouvait une allure d'« être de l’étant ». Du second Empire à la Cinquième République, Antoine de Baecque écrit l'avènement de ces brodequins, qui racontent tout un siècle : histoire industrielle, militaire, politique, histoire du travail et du loisir, l’histoire de l’art et de la philosophie… Tout ça, sans gros sabots.
Poèmes, romans, nouvelles… Tous les récents ouvrages d’auteurs irakiens publiés en français parlent de peur, de mort et de destins absurdes. Et pourtant, la puissance de toute cette littérature montre bien la force de vie qui émane encore de ce pays.
L’ultime essai de Tzvetan Todorov, Le Triomphe de l’artiste, la révolution d’Octobre et les créateurs russes, 1917-1941, offre une analyse lumineuse sur l’engagement des artistes. Et affirme que la création artistique peut sauver le monde : en faisant obstacle à la déshumanisation, en portant « l’esprit de responsabilité » de l’artiste créateur, en incarnant « un double engagement » envers l’art et la société.
En s'appuyant sur le livre Bienvenue place Beauvau, le candidat Les Républicains a dénoncé l'existence d'un « cabinet noir » à l'Élysée qui serait à l'origine de ses ennuis judiciaires. Les trois journalistes auteurs de l'enquête démentent. Mais que dit leur livre ?
Les sociologues Luc Boltanski et Arnaud Esquerre repèrent non pas un « nouvel esprit du capitalisme », mais un déplacement de ce dernier vers de nouveaux « gisements » de profit, en particulier le passé lui-même, qui obligent à en réarticuler la critique. Entretien.
Grand admirateur de Kafka et de Garcia Marquez, l'écrivain chinois Yan Lianke accorde à son écriture une « liberté radicalement anarchiste ». Ce virtuose du chamboulement narratif, maître du rire comme antidote à toutes les formes d’oppression, nous livre un nouveau court roman et un essai.