Nos richesses est dédié « à ceux de la rue Hamani ». Il peut s’agir des habitants actuels d’Alger. Ou bien de ses habitants disparus, en particulier ceux qui ont vécu l’aventure de la librairie Les Vraies richesses. En s’appropriant l’histoire de ce lieu et en imaginant sa destruction, le troisième roman de Kaouther Adimi célèbre Alger comme l’une des capitales mondiales de la littérature.
Précédé d’un succès critique et commercial considérable aux États-Unis, le livre de Colson Whitehead promettait déjà d’être l’événement de la rentrée littéraire française. Les récentes manifestations de Charlottesville en font un livre d’une actualité brûlante.
Avec l’épidémie de sida, une violence mortifère s’est abattue sur une génération. Deux livres importants en racontent l’histoire, pour en tirer un legs politique et un appel à poursuivre la lutte : Act Up, une histoire, de Didier Lestrade, et Ce que le sida m’a fait, d’Élisabeth Lebovici.
Dans Le Jeu, la chute du ciel, Bashkim Shehu, fils d’un ancien dignitaire albanais contraint au suicide en 1981, construit une fiction fondée sur sa propre et longue expérience du camp. Dans l’Albanie dirigée par Enver Hoxha, chacun pouvait descendre aux enfers.
Une autobiographie dentaire, un traité d’économie, un art du récit : le livre de Valeria Luiselli est tout cela à la fois. Entretien avec cette auteure mexicaine vivant aux États-Unis qui s’intéresse à la production de valeur ajoutée dans l’art contemporain.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, toute la France n'est pas en liesse, tournée vers une reconstruction radieuse. Pour Le Parisien libéré ou Elle, Henri Calet rencontre ceux qui triment, multiplient les emplois ou, faute d'argent, ne se soignent plus. Dernier volet de notre série.
Les « vierges jurées » désignent en Albanie ces femmes qui renoncent à leur condition sexuée pour acquérir le statut social dévolu aux hommes. Avec Le Courage qu’il faut aux rivières, récit dru et sensible, énigmatique et poétique, Emmanuelle Favier, correctrice à Mediapart, transmute ce réel en fiction. Aperçu…
À bientôt 103 ans, le poète chilien Nicanor Parra bouscule le temps et emporte le vieux monde qui se repaît du malheur de tous, en nous faisant un singulier don d’éternité. Un tour d’horizon inédit de son « antipoésie » en langue française est offert dans une anthologie qui vient de paraître au Seuil.
Farouchement anti-hitlérien, sincèrement au côté de l'Espagne républicaine, mais très peu cocardier, Henri Calet n'a jamais participé à la Résistance. C'est sa sensibilité au sort des petits, des délaissés, des éternelles victimes de l'Histoire (jusqu'aux GI) qui en a fait l'un des meilleurs chroniqueurs de l'après-guerre. Deuxième partie d'une promenade en trois étapes dans l'œuvre de cet écrivain et journaliste quelque peu oublié.
Dans un essai érudit, vif et par endroits très personnel, Ruwen Ogien met en pièces le dolorisme, cette théorie qui voudrait que « ce qui ne tue pas rend plus fort ». Car non seulement cette assertion est fausse, mais surtout elle risque de « conduire les plus faibles, les plus gravement malades ou handicapés au fatalisme, à accepter le sort cruel qui leur est fait, comme si c’était le mieux qu’ils pouvaient espérer ».
Le développement personnel et ses nombreux best-sellers sont souvent considérés comme un symptôme de l’ère néolibérale. En réalité, ce phénomène remonte aux racines de l’individualisme, quand, à l’orée de l’époque moderne aux États-Unis, la mythologie du Far-West a rencontré la doctrine protestante de la réussite individuelle comme signe annonciateur du salut de l’âme. Une enquête parue dans le dernier numéro de la Revue du Crieur disponible en librairies et Relay.
Pour Francis Ponge, il était le Buster Keaton de la littérature ; Albert Camus saluait « ses livres émouvants ». Henri Calet (1904-1956), né d'un couple d'anarchistes de la Belle Époque, fut un remarquable chroniqueur des années 1950. Première partie d'une promenade en trois étapes dans cette œuvre quelque peu oubliée.
Remington, roman post-apocalyptique signé Christophe Ségas, est l'histoire d'une machine au sein d'un monde qui tente de supporter sa dégringolade. Froide, dure et métallique, cette machine à écrire passe de main en main. Ses récits fragmentaires tissent un roman fantaisiste, inquiétant et jubilatoire où les écrits ont la vie bien plus dure que les hommes.
Dans Idéal standard, la dessinatrice explore, tout en délicatesse mais sans rien éluder, le quotidien et les frustrations d’une trentenaire citadine à la recherche de l’amour. Un regard tranchant et tendre sur les innombrables injonctions qui pèsent sur la vie d’une femme en âge de faire des enfants.
L’Amour au tournant, premier roman traduit en français de l'écrivain algérien Samir Kacimi, est la rencontre, par hasard, de vieux messieurs dans un square d’Alger. Ils parleront de sexe, d'amour… du pays bien sûr. « Nous sommes maudits par l’Histoire, confrontés à un passé falsifié par des hommes incapables de dire la vérité parce qu’ils ont la langue et l’esprit tordu. »
Dans quelle mesure les révolutions du passé peuvent-elles être des points d’appui pour les révolutions de demain ou d’après-demain ? L’historienne Sophie Wahnich rappelle, en conclusion de cette série d’entretiens, à quel point la « virtualité révolutionnaire » demeure enthousiasmante.