Alors que la Ve République est exsangue, le bipartisme en miettes et l’extrême droite installée dans le paysage, sommes-nous en train de vivre un moment historique ? À quoi pourrions-nous alors reconnaître une telle bascule ?
Retour sur un prodigieux pamphlétaire, romancier, dramaturge et journaliste, mort voilà cent ans. Octave Mirbeau n’a jamais paru aussi actuel, avec son art d’enfoncer les portes fermées ou de rabattre le caquet des valeurs bourgeoises…
En ces temps de commémoration des Révolutions russes de 1917, il peut être utile de les aborder par en bas, sans s’attarder sur les théories révolutionnaires. Deux petits livres, écrits par des enthousiastes que la violence et l’arbitraire ont finalement exclus, nous en fournissent l’occasion. Deux textes émouvants où la Révolution est nue, avec ses grandeurs et ses bassesses.
En mission officielle sur le continent américain, Vladimir Maïakovski tâte le pouls révolutionnaire des pays traversés : il en ressort un reportage ballotté entre le cahier des charges soviétique et l'onirisme visionnaire d'un voyageur poète. Publié l'année suivante, en 1926, Ma découverte de l'Amérique vient d'être traduit et publié aux Éditions du Sonneur.
Trois essais décortiquent le fonctionnement de l'armée. Derrière l'apparente égalité proclamée par l'institution et les politiques, les mécanismes des classes sociales sont toujours à l'œuvre.
En ces temps de politicaillerie nauséabonde, il faut lire jusqu’à plus soif Rabelais, qui a pour nous soulevé bien des lièvres, et par avance mis en lumière bien des offenses sans les pardonner aucunement.
L’admirable Journal tenu par l’écrivain Matthieu Galey de 1953 à sa mort en 1986, paraît enfin sans la moindre coupe. Pierre Joxe, ancien condisciple du diariste, accepte d’évoquer leur amitié. Et se montre raccord avec certains passages…
Trois livres tentent un exercice périlleux : anticiper le soir des élections présidentielles avec les moyens de la fiction. Pour en dire quoi ? « La Nuit du second tour », « Minute » et « L’élection présidentielle n’aura pas lieu » proposent leur propre programme.
La trajectoire de Caroline Fourest, vigie anxieuse d’une France sous « menace islamiste », éminence grise et visiteuse du soir de la gauche au pouvoir, est moins un cheminement personnel que le reflet d’une dérive : celle d’une gauche hagarde pour qui la République tient lieu depuis quinze ans de question sociale. Une enquête de la Revue du Crieur, dont le 6e numéro est sorti le 23 février 2017.
Que peuvent bien nous dire les nuages de notre histoire ? Pour un écrivain aussi critique de son temps que Hans Magnus Enzensberger, ils symbolisent la fugacité des figurations humaines dans le ciel de l’Histoire. Un de ses récents livres de poèmes, L’Histoire des nuages, vient d’être traduit, comblant un trou de plusieurs décennies dans la lecture du poète en France.
« L’histoire de l’humanité est faite de sang et de sanglots », rappelle Shumona Sinha, auteur de Apatride. Née en Inde et écrivant en français, la romancière ne « comprend pas l’idée de nation, d’appartenance à un territoire » et garde les yeux grands ouverts sur le monde.
Les éditions Gallimard publient un recueil de nouvelles sous le titre Lady, que la quatrième de couverture présente ainsi : « Accessoire essentiel du désir féminin, le sac Lady Dior inspire huit écrivains » dont Camille Laurens, Éric Reinhardt… Il est rare de parler d’argent quand on parle de littérature. C’est précisément le problème.
Des écrits enterrés pour que survivent les témoignages : dans Le Déluge et Journal 1943-1944, Leïb Rochman lutte contre les « effaceurs » des existences passées. Et s'il écrit en yiddish, c'est pour donner aux disparus des mots comme des linceuls.
Dans Vie de ma voisine (Grasset), Geneviève Brisac raconte et magnifie Jenny Plocki, 91 ans, survivante de la rafle du Vél’ d’Hiv’, engagée en faveur d’une radicalité révolutionnaire articulée avec la douceur de vivre et de penser librement. Rencontre.
Le romancier marocain d'expression française Abdellah Taïa, 43 ans, questionne les ruptures et les transgressions auxquelles il s’est mesuré, ou le spectre du colonialisme qui se niche dans les amours comme dans les mots. Entretien clair, net, entier…
Peu après la chute de Kadhafi, l’écrivain Hisham Matar est parti en Libye, à la recherche de son père disparu depuis 1989, après avoir été détenu dans la prison d’Abou Salim. Le récit de cette quête douloureuse et éprouvante donne La Terre qui les sépare, un texte puissant, tout en pudeur et émotion contenue.