Foisonnant, désespéré, généreux, déjanté, cynique, drôle et extrême, le Pinocchio de Winshluss paru en novembre 2008 chez Les Requins Marteaux. De l’œuvre de Carlo Collodi, il a fait un conte désabusé et très peu féerique. Jusqu’au 7 avril, Pinocchio s’expose à la galerie Vallois à Paris. Rencontre avec un auteur en colère et son galeriste.
Russell Banks publie Lointain souvenir de la peau, qui interroge le virtuel et comment Internet nous change : des vies davantage exposées, plus transparentes, l'accès illimité aux territoires du sexe et de la pornographie, fichages et traçages. Une œuvre philosophique et totalement romanesque pourtant. Entretien vidéo, analyse et premières pages.
Maylis de Kerangal détourne la contrainte et donne un roman en muet, récit d’une brève rencontre à bord du Transsibérien en 2010. Iouri Bouïda, dont le fulgurant Train zéro reparaît chez Gallimard, fait de la station 9 la gare de toutes les interrogations. Et tous deux embarquent le lecteur. Salon du livre.
David Lodge poursuit son interrogation sur la fin et la mort à travers un auteur-miroir : H.G. Wells. Un homme de tempérament, biographie romancée parue chez Rivages, entretient bien des rapports avec son auteur. Rencontre (en vidéo) avec David Lodge, délicieusement caustique et conjoncturellement moustachu. Critique et premières pages du roman.
Le roman de Leonid Guirchovitch publié par les éditions Verdier, Schubert à Kiev, est un féroce mouvement musical, une représentation et déconstruction romanesque. Andante, moderato, vivace, ou presto, ritardando certainement. En contrepoint, un assourdissant silence. Celui des morts, de l’Histoire et des histoires qu’on se raconte. Rencontre avec l’auteur, et sa traductrice-complice, Luba Jurgenson. Guirchovitch est l'invité du Salon du livre en mars prochain.
« Vous êtes Chloé Delaume ? » La phrase inaugurale d'Une femme avec personne dedans invite à la rencontre. Pour Mediapart, elle évoque la responsabilité de l'auteur, son identité, sa haine des « couillidés » et des romans à l'eau de rose. De « Chloé Delaume », identité fictive et nom d'auteur, elle fait un geste performatif, politique. Entretien vidéo, lectures et extrait du roman en pdf.
Rencontre du troisième type avec Gary Shteyngart : l'auteur de Super triste histoire d'amour parle d'Amérique («de l’histoire ancienne»), de roman, de New York et de «quotient de baisabilité». Super triste donc super drôle. Entretien, premières pages du roman en pdf (et lecture par l'auteur).
Un premier roman, multi-récompensé et traduit en 22 langues, avait circulé sous le manteau dans la Libye de Kadhafi. Un second, Une disparition, paraît en France et fut publié en Angleterre à l’instant où le pays se soulevait. Il confirme l'immense talent d'Hisham Mashar. Entretien avec cet écrivain du clair-obscur et de l’incertitude, exilé libyen.
L’écrivain Chan Koonchung publie un conte politique subversif abordant les sujets habituellement interdits. L’histoire d’une poignée de gens rétifs à l’ecstasy politique (ou bien réelle), au capitalisme selon le Parti, avec amoureuse rebelle doublée d'une internaute chevronnée. Entretien video réalisé à Pékin par Jordan Pouille.
Gonçalo M. Tavares, écrivain portugais, se fait l'architecte d'un quartier-bibliothèque, le «Bairro», ville de papier où cohabitent écrivains, artistes et penseurs. Une utopie livresque, que Monsieur Walser vient de rejoindre. Visite guidée et premier chapitre à lire.
Allez, plus qu'une dernière bouchée! La Cinquième Chronique du règne de Nicolas Ier (Grasset), de Patrick Rambaud, prend des allures de fête que l'écriture devine et devance: nous serons débarrassés de « Nicolas le Névrosé » quand paraîtra, l'an prochain, la sixième chronique. On peut rire et rêver...
Année après année, on lui promet l'apocalypse, l'éclatement de sa bulle, la fin des petits éditeurs et des indépendants. La bande dessinée doit-elle «produire plus pour gagner plus»? Telle est la question que Gilles Ratier, secrétaire général de l'ACBD (Association des critiques et journalistes de bandes dessinées), pose en exergue de son rapport annuel. Sans toutefois y répondre.Éclairages et mise en perspective.
Hervé Guibert est mort il y a vingt ans, le 27 décembre 1991. De sa mort, comme de sa vie, il avait fait un texte, un laboratoire, une exposition. État des lieux et «hommages», du côté de la vie et d'un «Quoi? – l'éternité».
Addictif. Un bon kilo et demi, 1.042 pages, 3.200 entrées, le Dictionnaire des séries télévisées embrasse 60 ans de productions patrimoniales ambitieuses, créatives, géniales, médiocres, drôles ou inquiétantes. Les séries nous racontent… Parcours en images.
Hommage à un peintre majeur: Marie-Victoire Poliakoff restitue l'univers de son grand-père, de Moscou à Paris. Musicien tzigane la nuit, peintre le jour. Une de ses compositions abstraites s'est vendue plus d'un million d'euros en juin, mais, en France, pas une rétrospective de son œuvre depuis 1970. Or, les toiles de Poliakoff, il faut les sentir pour les voir, comme il disait. Entretien vidéo disponible dans l'article.
« ... je m'y révèle exceptionnellement douée ». C'était hélas vrai. En se suicidant à 30 ans, Sylvia Plath laissait une œuvre inachevée, stupéfiante d'ampleur et d'énergie. Gallimard publie une quasi-intégrale, mise en perspective et commentée par Patricia Godi. Où l'on comprend pourquoi, presque un demi-siècle après sa mort, Plath est vénérée avec constance, étudiée dans les universités américaines. Et nous parle tant.