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Ses Derniers articles

  • Trump ou la nuit des sorcières de l’Amérique

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    Trump en meeting en Caroline du Nord, sur le tarmac de l'aéroport de Kinston, le 26 octobre 2016. © REUTERS. Trump en meeting en Caroline du Nord, sur le tarmac de l'aéroport de Kinston, le 26 octobre 2016. © REUTERS.

    Trump n’a pas eu besoin de faire campagne sur un programme: il a libéré une puissance sauvage et indistincte. Et il l’a fait à sa manière, cynique et caricaturale. Il s’est jeté sur ces foules envahies par le ressentiment et le désir de revanche, et il les a excitées. Tendant un miroir déformant aux électeurs fanatisées, il a fait de la haine une bannière et de la peur une marque qui porte son nom.

  • Trump ou l'OPA de la téléréalité sur le politique

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     © Reuters © Reuters

    Donald Trump maîtrise les lois de la téléréalité où la transgression est érigée en règle. La publication de ses propos orduriers sur les femmes le place cependant en mauvaise posture désormais. Donald Trump est la métaphore qui éclaire notre désarroi politique, comme une apparition fantomatique de ce qui travaille la société américaine et les sociétés occidentales.

     

  • La planète du discrédit

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    L'acteur Hugo Weaving incarne l'agent Smith dans «Matrix Reloaded» (2003). © DR L'acteur Hugo Weaving incarne l'agent Smith dans «Matrix Reloaded» (2003). © DR

    L’écrivain Jorge Luis Borges nous donne les clés de lecture du champ de ruines politique actuel. La multiplication des candidats, comme autant d’agents Smith du film Matrix, est un autre symptôme. Dans une démocratie minée par le néolibéralisme, où les algorithmes organisent les consultations des citoyens, la délibération commune est ruinée. Le discrédit a atteint le cœur même du système.

  • Comment le néolibéralisme a défait la démocratie

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    François Hollande, 9 juin 2016. © Reuters François Hollande, 9 juin 2016. © Reuters

    Les violences policières lors des manifestations contre la loi sur le travail s'inscrivent dans un cycle plus large de régression démocratique qui affecte toutes les libertés fondamentales. Cette régression est la conséquence directe de la victoire du néolibéralisme. Un néolibéralisme qui ne se contente pas de limiter les contre-pouvoirs mais désactive et rend caduc le projet politique même de la démocratie. Il est l'explication de l’échec démocratique du quinquennat de François Hollande.

  • Hollande ou le marathon des promesses suspendues

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    Conférence de presse à l'Elysée le 18 septembre 2014. © Reuters Conférence de presse à l'Elysée le 18 septembre 2014. © Reuters

    Rester une promesse : c’est le défi de François Hollande s’il veut conserver le pouvoir en 2017. Comme tout homo politicus néolibéral, il doit promettre encore et toujours en sachant très bien qu’il ne peut pas changer grand-chose pour cause de marchés financiers, de mondialisation, de construction européenne. Sa politique ? Une gestion des attentes non satisfaites.

  • «Nuit Debout», pour construire un nouveau récit commun

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    Le mouvement contre la loi sur le travail se transforme en une défiance générale à l’égard des institutions politiques. Ne manquait plus que le scandale des Panama papers pour que la duplicité des élites provoque un véritable krach du discrédit : discrédit de la parole publique, de la démocratie.

  • Ce que disent les insurgés du hashtag

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    Le succès de la pétition « Loi Travail : non, merci ! » et l'explosion du hashtag #OnVautMieuxQueCa dépassent l’enjeu du débat sur la loi sur le travail. Loin des conservatismes, les insurgés du hashtag rappellent que le travail est une planète où l'on se fait trop souvent humilier.

  • Après les attentats: la terreur de penser

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    A l'Elysée, samedi 14 novembre 2015. © Reuters A l'Elysée, samedi 14 novembre 2015. © Reuters

    Avec la démission de Christiane Taubira, François Hollande se coupe de toute voix discordante au sein du gouvernement mais aussi de tous ceux qui, dans la société, jouent le rôle d’analyseurs. Ce désarmement intellectuel est souligné par les attaques de Manuel Valls contre « ceux qui cherchent des explications culturelles ou sociologiques au terrorisme ». Cet anti-intellectualisme tapageur ne nous protège en rien du terrorisme.

  • Et maintenant, changer d’imaginaire

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    « La pire séduction du mal, écrivait Kafka, c’est la provocation au combat. » Voilà le piège du terrorisme. En décrétant l’état d’urgence, un tournant sécuritaire et une révision constitutionnelle, François Hollande est tombé dans ce piège avec le soutien unanime de la majorité et de l’opposition. Son choix conjugue une souveraineté affaiblie et un militarisme impuissant.

  • Dans le tombeau de l’intellectuel français de souche

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    Alain Finkielkraut, le 19 juin 2009, à Paris. © Reuters Alain Finkielkraut, le 19 juin 2009, à Paris. © Reuters

    Finkielkraut, Zemmour, Onfray… : rebelles de papier au service des pouvoirs, leur omniprésence mérite qu’on s’y arrête car elle marque une nouvelle étape d’une mue entamée il y a plus de trente ans avec l’invention de l’intellectuel médiatique. Avec eux, les médias sont devenus le lieu du blanchiment des pires préjugés racistes, le paradis fiscal où se recycle l’argent sale du commerce xénophobe. Les uns s'alimentent des autres dans un affaissement généralisé du débat public.