Après vingt ans de journalisme en Turquie, j'ai posé mes valises en Auvergne. Mes nouveaux centres d'intérêt: les rivières, les forêts, les champs, le sous-sol, l'air et tous ceux qui luttent pour les préserver, pour défendre leur emploi ou pour dénoncer des malversations.
Depuis la réélection du président Erdogan, le 24 juin dernier, la Turquie a basculé dans un nouveau système constitutionnel, caractérisé par les vastes pouvoirs, tant exécutifs que législatifs, qu’il octroie au chef de l’État. À quoi ressemble cette « Nouvelle Turquie » en cours de construction ?
Quatorze médecins, infirmiers et ambulanciers sont jugés depuis vendredi en Turquie pour appartenance à une organisation terroriste. Leur crime : avoir tenté de porter secours, début 2016, aux habitants de Cizre, une ville du sud-est anatolien alors en proie à des affrontements sanglants entre les forces de sécurité turques et la rébellion kurde.
L’arrivée au pouvoir d’une nouvelle direction se revendiquant de l’héritage kémaliste a poussé au départ une trentaine des meilleures plumes du quotidien, un des derniers bastions de la presse d’opposition, bête noire du président Erdogan et de son appareil judiciaire.
Pour faire obstacle à une vague massive de syndicalisation de ses ouvriers, la société turque de cosmétiques Flormar, détenue à 51 % par Yves Rocher, n’a pas hésité à licencier le tiers de ses effectifs, soit 127 employés. Devant leur usine, les exclus se mobilisent depuis près de quatre mois pour réclamer leur réintégration et dénoncent l’inaction complice du groupe français.
En tentant de monnayer le retour du pasteur américain Andrew Brunson, retenu en Turquie depuis 2016 sous des accusations douteuses d’espionnage et d’aide au terrorisme, le président turc s’est engagé dans une partie de bras de fer avec Donald Trump. La confrontation a déjà fait une victime : l’économie turque.
Au-delà du bras de fer diplomatique que se livrent Trump et Erdogan, la crise monétaire turque est d’abord le résultat d’une perte totale de confiance des investisseurs à l’égard des politiques économiques mises en œuvre par le gouvernement turc, explique le professeur d’économie Seyfettin Gürsel à Istanbul.
Réélu dimanche dès le premier tour à la présidence de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan va pouvoir endosser l’habit de monarque constitutionnel qui l’attendait depuis le référendum d’avril 2017. Son parti n’a cependant pas obtenu la majorité absolue à l’Assemblée.
Des centaines de milliers de volontaires sont déployés dans les bureaux de vote ce dimanche 24 juin, en Turquie, pour empêcher le président Recep Tayyip Erdogan de « voler » les élections présidentielle et législatives. Une mobilisation sans précédent pour un scrutin dont dépend l’avenir du pays, appelé à choisir entre l’autocratie du Reis et un retour sur les rails de la démocratie.
Ville d’accueil de toutes les migrations, le grand port de Mersin a développé un art de la cohabitation qui passe aussi par un équilibre entre les principales forces du pays. Mais pour le scrutin du 24 juin, les habitants boudent l’alliance islamo-nationaliste du président turc.
Bastion islamo-conservateur, la ville de Sivas soutient Recep Tayyip Erdogan et son parti, l’AKP, depuis leur accession au pouvoir, en 2002. Mais la ville est passée à côté du boom économique dont ont bénéficié ses sœurs anatoliennes. À l’approche de l’élection présidentielle et des législatives, le 24 juin, la ferveur pour le Reis est en berne.
À un mois d’élections présidentielle et législatives déterminantes pour l’avenir de la Turquie, deux vétérans de la lutte pour la démocratie, l’avocate Eren Keskin et l’ancien juge Riza Türmen, confient leur crainte de voir la volonté nationale bafouée par des fraudes électorales massives, mais aussi, malgré tout, leur espoir de voir l’opposition mettre fin au règne du président Recep Tayyip Erdogan.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan peut remercier Israël et ses dirigeants. Les violences inouïes commises par l’armée israélienne contre les Gazaouis lundi lui ont permis de réendosser le costume qu’il affectionne de défenseur de la cause palestinienne. Du pain bénit pour le Reis à cinq semaines des élections présidentielles et législatives en Turquie.
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Figure de proue de l’écologie politique en Auvergne, infatigable lanceur d’alerte veillant à la probité du fonctionnement des institutions locales, Jean-Michel Duclos s’est éteint vendredi 4 avril, à l’âge de 72 ans, au terme d’une longue lutte avec le cancer.