Après vingt ans de journalisme en Turquie, j'ai posé mes valises en Auvergne. Mes nouveaux centres d'intérêt: les rivières, les forêts, les champs, le sous-sol, l'air et tous ceux qui luttent pour les préserver, pour défendre leur emploi ou pour dénoncer des malversations.
En 2012, le président Erdogan, alors premier ministre, affirmait son intention de « faire croître une jeunesse religieuse ». Cinq ans plus tard, l’inflexion islamique de l'Éducation nationale est bien avancée. Dernière innovation, cette rentrée : une réforme des programmes axée sur l’enseignement des « valeurs ». La théorie de l’évolution a disparu des manuels. Le concept de djihad y a fait son entrée.
Le procès de six journalistes turcs, accusés de liens avec des organisations terroristes après avoir publié des informations sur les correspondances électroniques de Berat Albayrak, ministre de l’énergie et gendre du président Recep Tayyip Erdogan, a débuté mardi à Istanbul. Les courriels, piratés par des hackers, ont mis en évidence une possible implication du clan Erdogan dans un trafic de pétrole avec l’Irak.
À Diyarbakir, ville kurde de Turquie sous état d’urgence, on n’a pas célébré dans les rues la victoire du « oui » au référendum sur l’indépendance du Kurdistan d’Irak. L’enthousiasme populaire est pourtant bien là, qui bouscule les clivages politiques et rassemble Kurdes conservateurs et progressistes.
En cinq jours d’audience, les 17 journalistes et cadres du quotidien d’opposition turc Cumhuriyet ont démontré avec maestria l’ineptie de l'acte d’accusation élevant la critique contre le gouvernement au rang de crime. La cour a libéré sept des onze accusés détenus. Prochaine audience au 11 septembre.
Au troisième jour du procès intenté à 17 salariés du quotidien d’opposition pour « aide à des organisations terroristes », le journaliste d’investigation Ahmet Sik a fait sensation en convoquant le gouvernement turc et le président Erdogan à la barre.
Le procès de 17 journalistes et dirigeants du quotidien d’opposition Cumhuriyet, accusés d’avoir soutenu à travers leurs articles plusieurs organisations armées interdites, a débuté lundi 24 juillet à Istanbul. Dès la première audience, les prévenus ont sérieusement entamé la crédibilité des arguments du parquet dans cette affaire emblématique des attaques contre la liberté de la presse en Turquie.
La Turquie a commémoré l’échec de la tentative sanglante de coup d’État, qui a coûté la vie à 250 personnes. À l’entrée du pont du Bosphore, un haut lieu de la résistance civile contre les putschistes, le président Erdogan a prononcé un discours revanchard et accusateur devant une foule moins survoltée que son « Reis ».
Depuis un an, la machine répressive turque mise en marche après le putsch manqué du 15 juillet 2016 ne cesse de produire de nouveaux proscrits à la culpabilité souvent douteuse. Rencontre en cinq récits avec cette nouvelle Turquie des réprouvés dont la vie a été brisée par l’arbitraire.
Alors que la Turquie s’apprête à commémorer le premier anniversaire de la tentative manquée de coup d’État du 15 juillet 2016, de nombreuses zones d’ombre subsistent concernant cette nuit tragique qui a fait entrer le pays dans une ère de répression et de déni des droits fondamentaux. Interrogés par Mediapart, quatre spécialistes font le point sur l’enquête et ses insuffisances.
Un rassemblement de plusieurs centaines de milliers de personnes a conclu, dimanche 9 juillet à Istanbul, la « Marche de la justice » partie 25 jours plus tôt d’Ankara, à l’instigation du chef du principal parti d’opposition, confirmant le réveil d’une opposition jusque-là assommée par la répression.
Kemal Kiliçdaroglu, chef du principal parti turc d’opposition, s’est inspiré de Gandhi pour lancer une « Marche de la justice » entre Ankara et Istanbul. Son objectif : dénoncer un régime de plus en plus autoritaire.
Depuis jeudi 15 juin, plusieurs centaines de marcheurs venus d’horizons divers ont emboîté le pas du leader du parti d’opposition CHP, Kemal Kiliçdaroglu, sur la route menant d’Ankara à Istanbul. Proches de victimes des purges ou simples citoyens las de se taire face à la répression, ils sont réunis autour d’un seul mot d’ordre, le retour de la justice dans une Turquie sortie des rails de l’État de droit.
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Figure de proue de l’écologie politique en Auvergne, infatigable lanceur d’alerte veillant à la probité du fonctionnement des institutions locales, Jean-Michel Duclos s’est éteint vendredi 4 avril, à l’âge de 72 ans, au terme d’une longue lutte avec le cancer.