Le nouveau film de Bertrand Bonello est en salle depuis le 31 août. Son sujet : le terrorisme en France, Paris sous les bombes, rien que cela. Nocturama suscite logiquement le débat, pour sa forme jugée trop lisse, et pour son propos, jugé à contretemps. Mettons en balance la politique de l'auteur avec la politique tout court.
Il n’est pas si fréquent d’ouvrir un livre de sciences sociales, bardé de tableaux statistiques et de corrélations démographiques, tout en ayant le sentiment de lire des Mémoires d’outre-tombe. C’est pourtant l’effet que produit le nouvel ouvrage de Louis Chauvel, qui diagnostique un effondrement silencieux, mais néanmoins violent et rapide, de la société française.
Dans « La Succession », Jean-Paul Dubois raconte une évasion et la puissance du fatum suicidaire entre Toulouse et Miami. Alexandre Seurat, dans « L’Administrateur provisoire », roman documentaire, explore la culpabilité, la Collaboration, et ses effets boomerang.
Alors qu’on nous annonce l’essor d’un tourisme en régions polaires, il est temps de lire en antidote un livre magnifique consacré aux Gwich’in, dernier peuple d’Alaska touché par l’Occident. Dans Les Âmes sauvages, Nastassja Martin raconte comment, face à la prédation de ces terres, leurs habitants maintiennent un lien avec le monde ancien.
La rentrée littéraire n’est pas seulement une célébration de la littérature française : elle est aussi l’occasion de découvrir quelques trésors venus d’ailleurs, qui nous donnent des nouvelles du monde. Frankenstein à Bagdad, lauréat d’un prix prestigieux du monde arabe, nous fait comprendre la réalité irakienne par les moyens de la fiction la plus débridée.
Retours très particuliers vers les années 1970 et 1980 : éblouissement sous le soleil d’Arles avec Légende, de Sylvain Prudhomme, et premier roman ambitieux de Chloé Thomas, Nos lieux communs, qui interroge les établis d’antan et les incertains d’aujourd’hui. Premier de deux articles autour de ce qui se transmet (ou pas).
Dans un livre programmatique en vue de la présidentielle américaine de 1940, W.C. Fields, comique alors à son zénith, défiait Roosevelt et le parti démocrate. Les éditions Wombat publient ce document essentiel : Fields Président !
Dans son dernier roman, Éric Faye s’intéresse aux kamikakuchi, ces hommes et ces femmes ordinaires « cachés par les dieux », c’est-à-dire enlevés au Japon par le gouvernement nord-coréen à des fins d’espionnage dans les années 1970-1980. Un puzzle choral déclinant les destins d’une demi-douzaine de personnages entre vérité et fiction, pour décrire une réalité qui, loin de se réduire au fait divers, synthétise les complexités géopolitiques d’une partie du globe.
Pour inaugurer notre collaboration avec la revue en ligne En attendant Nadeau, nous avons choisi de partager la lecture d'un article consacré au dernier livre de l'Israélien Amos Oz. « L’histoire se déroule en hiver, entre fin 1959 et début 1960. On y parle d’une erreur, de désir, d’un amour malheureux et d’une question théologique inexpliquée » : ainsi débute Judas, son nouveau roman, qui se déroule à Jérusalem, ce qui n’est jamais un mince détail.
« Honk », c'est le bruit du klaxon, le seul cri que la mère d'un condamné pousse chaque jour quand elle passe devant la prison du Texas où son fils attend la mort. Le documentaire d'Arnaud Gaillard et de Florent Vassault est un voyage sensible en Amérique, au plus près de ceux concernés par la peine capitale. Ce film était à en intégralité sur Mediapart jusqu'à fin novembre 2016.
Rester vertical est en salle depuis mercredi 24 août. Un cinéaste peine à écrire le scénario de son nouveau film. Sur les routes de France, il croise et recroise une jeune bergère, un paysan, un éphèbe et un vieillard. Quel rapport peut-il y avoir entre le désir de faire un film et le désir tout court ? Trois ans après le triomphe de L'Inconnu du lac, Alain Guiraudie revient. Toujours aussi inquiet, toujours aussi grand.
Dans Ma vie au poste, le journaliste Samuel Gontier rend compte de huit ans d’enquête immobile sur la télé de tous les jours. Il démonte les ressorts d’un flot quotidien à l’influence toujours pas démentie.
Le journaliste Samuel Gontier et la maison d'édition La Découverte proposent aux lecteurs de Mediapart de découvrir un chapitre inédit du livre Ma vie au poste, quelques pages non publiées disséquant les ressorts tordus du direct à la télévision.
Voici venir les rêveurs est le premier roman d’Imbolo Mbue, écrivaine née au Cameroun, installée aux États-Unis depuis 1998. Le livre reflète les tensions nées de la confrontation entre Amérique et Afrique : ces contradictions font la matière du récit, mais minent aussi le projet éditorial du livre.