Dans Les Jeux d'Hitler : Berlin 1936, documentaire diffusé sur Arte, Jérôme Prieur offre une plongée qui décrypte le pire en mouvement, sous prétexte de sport. Son film rappelle un grand classique ayant de beaux jours devant lui : s’en remettre vilement, de la part des États, au CIO pour ne pas critiquer le pays organisateur. Un regard radical sur cette époque non sans avenir, sait-on jamais...
Ce n’est pas un roman qui vient d'obtenir le prix Médicis, mais quel sacré livre ! « Laëtitia », récit subjectif, enquête minutieuse, honnête même dans ses impasses, renoue avec le fait-divers comme « force de frappe cognitive ». Le meurtre de Laëtitia a passionné la France et ridiculisé Sarkozy. La vie reconstituée de Laëtitia la fait exister, et avec elle, le pays silencieux.
Deux récits autour de la Révolution française paraissent simultanément chez le même éditeur : 14 Juillet, d’Éric Vuillard, et Sauve qui peut (la révolution), de Thierry Froger. Radicalement différents, les deux livres se font écho pour cerner la puissance de l'acte révolutionnaire.
La couverture mitée des Jeux olympiques de Rio s'avère le miroir grossissant des difformités de l'information en France : cadenasser le réel en formatant l'esprit public… Voici quelques exemples.
C'est un flirt poussé entre actualité et roman : les Shadow Brokers, ce groupe de hackers qui auraient pillé les trésors de la NSA, évoquent furieusement le Sunlight project de Purity, dernier roman de Jonathan Franzen. Lui-même aux prises, cet été, avec une de ces polémiques Internet et Twitter qu’il dénonce.
Mardi 16 août, le très attendu Ali Zamir apprenait qu'il ne pourrait venir, faute de visa, présenter en France son premier roman : Anguille sous roche (éd. Le Tripode). Cette bourde symptomatique a été réparée aujourd'hui, in extremis et aux forceps...
Comment s’affranchir des phénomènes de domination ? C’est une des questions qui taraudent Didier Eribon, l’auteur de Retour à Reims, et qu’il retravaille dans son dernier ouvrage. Entretien.
Dans un roman hypnotique, Crue (Gallimard), Philippe Forest scrute l'époque, flaire les mutations, devine la catastrophe. À travers un narrateur recru mais aux aguets : « Chacun fait l'épreuve de voir disparaître ce qu'il aime. » Fantastique lecture pour tous…
Silvia Avallone a dit son admiration pour Sofia s'habille toujours en noir et ses beaux personnages d'adolescents maladroits, complexés, et impossibles. Dans notre tentative de créer une famille de la littérature sociale italienne, nous ferons donc de Paolo Cognetti, le grand frère de l'auteure du roman D'acier. Même si chacun d'eux ne voit pas la même issue à la révolte de la jeunesse.
Partie pour faire carrière dans le paysagisme, Lucie a refusé de signer son premier CDI il y a trois ans. Depuis, plus de salariat, plus de travail. Seulement du « woofing » et des rêves de vie en communauté pour cette « misanthrope » « très sociable » de 23 ans, dont le but est désormais de « vivre en faisant le moins de mal possible à la planète ».
On lui doit Les marques sur la peau roman dont l'intrigue s'appuie sur les grandes manifestations altermondialistes de Gènes en juillet 2001 et la terrible répression de la police. Tassinari a vécu les années de plomb en jeune homme engagé et ne les a jamais oubliées. Dans notre tentative de dessiner une famille de la littérature sociale italienne, Silvia Avallone pourrait bien avoir hérité de Tassinari.
Pour remplir les pages Culture, on hésite de moins en moins à accepter les largesses des institutions culturelles : voyages de presse, « partenariats » discrets et publi-information camouflée se multiplient. Une enquête de la Revue du Crieur, dont le quatrième numéro est en vente tout l'été.
Dans notre jeu des sept familles sur la fibre sociale de la littérature italienne, nous accordons deux mères à l'écrivaine Silvia Avallone : les deux auteures de Prends garde : dans ce livre qui revient sur le lynchage d'Andria dans les Pouilles en 1946, Luciana Castellina écrit « l'histoire » là où Milena Agus écrit « le roman ». Une prouesse.
À l’occasion des 80 ans du Front populaire, retour sur les images produites par les communistes entre 1936 et 1938. Où l'on voit la CGT vanter les bâtisseurs de Notre-Dame et comment peuvent se produire des rencontres entre grands réalisateurs et travailleurs.
Un dessin animé avec, en voix off, le terrible récit de deux Iraniens détenus illégalement par les autorités australiennes sur une île de Papouasie. Ce film de 15 minutes à voir en intégralité sur Mediapart est programmé au festival de cinéma de Douarnenez (du 19 au 27 août).
Son Conversation en Sicile fut interdit par l’Italie fasciste. Il défendit ensuite la « liberté de création » face à Aragon et aux communistes orthodoxes. Ses engagements, dit-il, lui viennent de « l’expérience collective dont il est le porteur spontané ». Et en ce sens, il pourrait être l’aïeul de la famille de plume de Silvia Avallone, que cette série d’articles tente de constituer.