Dans les hangars, les bureaux ou sur les chantiers, les résultats des européennes et l’annonce de la dissolution mettent en lumière les divisions et les inquiétudes qui minent la société française.
La Commission nationale consultative des droits de l’homme sort de sa réserve et appelle solennellement les Français à ne pas voter pour le Rassemblement national. « Le programme du RN entraînera de très importantes restrictions de droits fondamentaux », explique à Mediapart son président, Jean-Marie Burguburu.
Volonté de massacrer des migrants à l’arme lourde et racisme primaire : Mediapart a pris connaissance de la correspondance de l’ancien directeur de la sécurité de la multinationale du ciment, un ancien militaire qui a été candidat du Front national à des élections locales.
La décision d’Emmanuel Macron laisse 2 000 collaborateurs parlementaires sur le carreau. Ceux qui espèrent revenir après les élections s’inquiètent déjà des nouveaux équilibres syndicaux et de la qualité du dialogue social au sein de l’institution en cas de victoire du RN.
Pendant que le patron du parti était retranché dans son bureau parisien, la direction politique a voté l’exclusion de son président qui a noué un accord électoral avec le RN pour les législatives. Mais le Niçois conteste la sentence et ne compte pas s’arrêter là.
Alors que l’extrême droite n’a jamais été aussi proche du pouvoir, le président de la République s’est employé mercredi à attaquer la gauche unie, placée sur le même plan que le Rassemblement national. Une stratégie irresponsable, à rebours des valeurs républicaines qu’il prétend défendre.
Le président de la République a lancé mercredi la campagne des législatives au cours d’une conférence de presse. Trois jours après avoir dissous l’Assemblée nationale, sa stratégie est simple : diaboliser les « blocs extrêmes ». Sans trace d’idées nouvelles ni de mea culpa.
Trois jours après la dissolution, les réunions et autres AG se multiplient et débordent de nouvelles recrues. Mais dans l’attente des investitures et du programme commun, toujours en négociation, tout le monde avance dans le noir.
Les états-majors des partis de gauche se sont mis d’accord sur la répartition des 577 circonscriptions. Un accord indispensable pour éviter de perdre certains sièges de l’Assemblée sortante. Et dont les nouveaux équilibres pourraient aider à conquérir des circonscriptions macronistes.
L’arrivée du RN à Matignon plongerait la Cinquième République dans sa quatrième cohabitation. Emmanuel Macron verrait ainsi ses pouvoirs présidentiels considérablement réduits. Mais la nouvelle majorité devrait aussi composer avec les autres institutions, à commencer par le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État.
Avec l’arrêt des travaux du Sénat jusqu’au 7 juillet, la loi agricole, déjà maintes fois retardée, est suspendue. Du côté des organisations mobilisées sur le texte, l’inquiétude est manifeste.
En jetant la droite dans les bras du RN, Éric Ciotti rompt avec l’histoire politique de son camp et menace son propre parti d’implosion. Mais il assure sa réélection et entrevoit enfin la perspective de devenir ministre. Le pire de la politique.
Portées à bout de bras par un monde militant plein d’espoir, des commissions d’enquête parlementaires se retrouvent caduques, des projets de loi tombent à la trappe. La perspective de l’extrême droite au pouvoir ajoute l’inquiétude à la colère.
Éric Ciotti fait éclater son parti du fait d’un brutal changement de pied stratégique. Mais sur l’immigration ou la sécurité, Les Républicains et le Rassemblement national proposent en réalité beaucoup d’options politiques communes depuis au moins les années Sarkozy.
Les gauches sont en quête d’un nouveau format d’union pour affronter les échéances législatives du 30 juin et du 7 juillet. En dépit de nombreuses différences, l’implication de la société civile sous-tend la référence au Front populaire de 1936, devenue désuète au début du siècle.
Après une première journée de négociations, les anciens partis de la Nupes ont annoncé être parvenus à poser « les fondations » d’un accord pour « soutenir des candidatures uniques dès le premier tour », en comptant sur un élargissement à la société civile.