Pendant une semaine, Éric Ciotti s’est démené pour trouver des candidats à investir sous la double bannière RN-LR. Alors que le parti de Jordan Bardella a recasé ses éternelles personnalités problématiques, lui n’a eu d’autre choix que de recycler d’anciens députés LR, quelques figures de CNews et une poignée de zemmouristes.
Désormais complète, la liste des candidatures aux élections législatives anticipées donne à voir le rapprochement du camp présidentiel avec la droite d’opposition. Bien qu’elles s’en défendent, les deux forces politiques ont passé, en toute discrétion, des accords locaux pour résister à la progression du RN et à l’union de la gauche.
Depuis l’annonce de la dissolution, pas un jour ne passe sans qu’on ait l’impression de vivre au rythme haletant d’une série politique. Les fictions se nourrissent de la réalité, mais celle-ci peut aussi être influencée par la fiction.
Le Rassemblement national entretient un flou calculé sur une grande partie de son programme et sur ses candidats. Mais ce que l’extrême droite ferait au pouvoir, nous le savons déjà.
Pour la première fois, le RN est arrivé en tête des élections européennes en Bretagne. Si toutes les villes ont résisté à la poussée de l’extrême droite, Lorient fait figure d’exception. À gauche, on s’inquiète, même si beaucoup y voient le signe d’un « vote contestataire ».
Agnès Tricoire, avocate spécialiste de la propriété intellectuelle et présidente de l’Observatoire de la liberté de création, expose les dangers que ferait peser, dans les champs artistique et culturel, une conquête du pouvoir par l’extrême droite en France.
Plutôt le Rassemblement national que le Front populaire : telle est la musique sous-jacente de l’attaque calomnieuse d’Emmanuel Macron et de ses soutiens contre l’union des gauches et des écologistes, une union qualifiée d’indécente et accusée d’antisémitisme.
À deux semaines des élections législatives anticipées, la majorité s’attend au pire. Pris en étau par le duel entre l’union de la gauche et l’extrême droite, les candidats macronistes s’attachent à limiter la casse… en se tenant le plus loin possible d’Emmanuel Macron.
En campagne éclair pour sa réélection dans la Vienne, l’ancien président de la commission des lois à l’Assemblée nationale se garde de mettre en avant son appartenance à la majorité présidentielle. Sa stratégie : récupérer une partie de l’électorat de Raphaël Glucksmann rebuté par l’alliance avec LFI.
L’attaquant de l’équipe de France de football a brisé le silence du monde sportif en appelant à barrer la route au RN. Auprès de Mediapart, le chef de mission de la délégation française aux Jeux paralympiques de Paris 2024, Michaël Jeremiasz, invite à le soutenir. Le capitaine des Bleus, Kylian Mbappé, lui a emboîté le pas, affirmant dimanche soir « partager les mêmes valeurs que Marcus ».
À eux deux, ils représentent 116 années de mandats. Et ils incarnent, chacun à sa façon et dans son style, l’errance de la gauche bloquée et fracturée des années 2000-2020. Septuagénaires, jusqu’à quand entendent-ils imposer leur dualité rebutante à la gauche de 2024 ?
La France insoumise avait tenté d’imposer son député sortant, condamné en 2022 pour violences conjugales, contre l’avis de tous ses partenaires du Nouveau Front populaire. Le Nordiste a finalement retiré sa candidature dimanche 16 juin.
À l’appel notamment de l’intersyndicale, entre 250 000 et 640 000 personnes se sont rassemblées le 15 juin dans les rues de 150 villes de France contre l’extrême droite. L’inquiétude sur la montée de la xénophobie en cas d’accès au pouvoir du Rassemblement national dominait dans les cortèges.
Plusieurs députés sortants de La France insoumise ayant par le passé critiqué la ligne de Jean-Luc Mélenchon se sont vu retirer leur investiture aux élections législatives. L’indignation est générale au sein du Nouveau Front populaire.
Le député insoumis sortant de Marseille, écarté, comme quatre autres collègues, par la direction de LFI, revient sur la manière dont il a vécu sa « purge » pour les législatives, et s'inquiète des répercussions de cette crise ouverte sur le Front populaire.
Après l’accord d’union entre les principaux partis de gauche, les féministes ont tenté de convaincre La France insoumise de renoncer à investir Adrien Quatennens. En vain. Dans la majorité sortante, Damien Abad et Jérôme Peyrat sont également candidats.