Le ministère de l’éducation nationale va lancer, dans quelques semaines , une première concertation pour améliorer le système de mutation des enseignants, qui bloque beaucoup de professeurs dans leur établissement contre leur gré. Mais toucher au barème, ou recruter davantage localement, a tout d’une révolution.
Plusieurs collectifs ont été entendus lors de la première journée d’audition de la commission d’enquête sur les violences perpétrées dans les établissements scolaires. Ils ont raconté les sévices et pointé des responsables : l’Éducation nationale, l’Église et l’enseignement catholique.
Le premier ministre a encore multiplié les contre-vérités à propos de son degré de connaissance des violences à Notre-Dame-de-Bétharram. Quelques heures plus tôt, la ministre de l’éducation nationale annonçait un plan pour mieux contrôler les établissements privés sous contrat.
Elle débute jeudi 20 mars par le témoignage des victimes : la commission d’enquête parlementaire menée par les députés Paul Vannier, Violette Spillebout et Fatiha Keloua-Hachi veut empêcher « un nouveau Bétharram » dans les établissements scolaires privés ou publics.
Lorsqu’il présidait le département des Pyrénées-Atlantiques, le premier ministre a accordé, au bas mot, 1 million de francs de subventions à l’établissement privé à la fin des années 1990. Notre-Dame-de-Bétharram faisait pourtant déjà face à des affaires de violences, dont l’élu était parfaitement informé.
Après la salve d’évaluations négatives concernant plusieurs universités françaises, le Hcéres, institution mise en cause, plaide le couac administratif. Mais dans un contexte budgétaire difficile, syndicats et personnels manifestent mardi devant le ministère.
Devant le tribunal administratif, l’établissement musulman privé a demandé la suspension de la décision du 10 janvier par l’État de mettre fin à la convention les liant. Et a contesté cette résiliation et sa motivation, un « positionnement pédagogique » jugé « problématique ».
Les affaires s’accumulent pour l’organisation étudiante d’extrême droite : Mediapart révèle qu’un délégué national est visé par une plainte pour menaces de mort et qu’un responsable local, connu pour avoir relayé une chanson négationniste, vient d’être élu au conseil d’administration de l’université de Bourgogne.
L’ancien élève qui a eu le tympan perforé alors qu’il avait 14 ans s’exprime pour la première fois. Il souhaite « faire péter la prescription » et dénonce l’attitude de tous les responsables qui ont « couvert » cet établissement et ses méthodes.
Tandis que la mobilisation à Bétharram a poussé la congrégation à reconnaître sa « responsabilité » dans les « souffrances » des victimes, des voix s’élèvent pour mettre en cause d’autres établissements catholiques. Dans le Sud-Ouest d’abord, puis ailleurs en France.
Lors des élections étudiantes, des élèves de l’école d’ingénieurs marseillaise ont réalisé des vidéos comportant des svastikas et des stéréotypes xénophobes. Une expression raciste que l’on retrouve dans d’autres espaces de la vie de l’établissement. La direction a ouvert une enquête interne.
Mediapart a retrouvé la trace d’une douzaine de signalements et de plaintes ignorés ou classés entre 1993 et 2013. Certaines de ces alertes visent des responsables aujourd’hui mis en cause par la justice. Il n’y a toujours aucune inspection administrative diligentée.
Premier établissement français à voter la fin d’un partenariat avec une université israélienne, Sciences Po Strasbourg a finalement fait machine arrière en décembre. Depuis, un conflit larvé oppose étudiants, professeurs et direction, et le dialogue semble s’être rompu.
En 1998, une première enquête pour des viols dans l’institution religieuse a capoté après la libération de l’ancien directeur. Le gendarme chargé des investigations à l’époque, qui a témoigné d’une possible intervention de François Bayrou dans l’affaire, fait part dans un entretien de Mediapart de sa volonté que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Pour se défendre, François Bayrou, imité par la ministre de l’éducation nationale Élisabeth Borne, choisit d’attaquer l’ex-enseignante de l’établissement catholique Françoise Gullung. Il y a trente ans, cette collègue d’Élisabeth Bayrou dénonçait les mêmes faits et était dénigrée de la même manière.
Le cabinet d’Élisabeth Borne a décidé de repousser à la fin de l’année la publication d’une étude inédite sur les violences et cyberviolences de genre « chez les jeunes de 11 à 18 ans », qui touchent pas moins de « 43 % » des élèves. Mediapart en publie les principales conclusions.