Manœuvres dans la presse avant la présidentielle : la directrice adjointe de la rédaction de L'Obs, Aude Lancelin, fait l'objet d'un licenciement manifestement politique. Le propriétaire de Marianne promeut, lui, un nouveau directeur, Renaud Dély.
Selon nos informations, Vincent Bolloré cherche à vendre iTélé, qui accumule les pertes. Le milliardaire Patrick Drahi est sur les rangs, mais il contrôlera bientôt BFM-TV, ce qui pourrait poser un problème social majeur. Le trio Niel-Pigasse-Bergé a suggéré dans le passé qu'une chaîne d'info en continu l'intéresserait.
Avec des médias contrôlés par quelques milliardaires, la France, mal placée dans le classement établi par Reporters sans frontières, a peu de raisons de célébrer, ce mardi, la Journée mondiale de la liberté de la presse. De plus, une nouvelle menace se profile avec Patrick Drahi piétinant ce qui devrait être un principe démocratique majeur : la neutralité du Net.
En 1964, Francis Blanche concocte pour la télévision française un poisson d'avril aux arêtes acérées. L'humoriste dynamite les bulletins d'information de l'époque, histoire que les écailles nous tombent des yeux…
Le Conseil d'État a annulé la décision du CSA retirant son autorisation à la chaîne Numéro 23. Son principal actionnaire, Pascal Houzelot, qui avait obtenu la fréquence gratuitement, va pouvoir la revendre pour 88,5 millions d'euros au groupe d'Alain Weill, lui-même racheté par le milliardaire Patrick Drahi.
La chaîne publique d’information de France Télévisions démarrera le 1er septembre sur le Web, et le lendemain sur la TNT. Elle pourrait s’appeler France Info, en empruntant son nom à la radio publique. À Radio France, cette aventure, qualifiée de « fuite en avant » par les syndicats, provoque une sourde inquiétude.
Pétrie de bonnes intentions, la proposition de loi de Patrick Bloche (PS) pour « la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias » ne prévoit toutefois que d'infimes avancées, trop timides pour contrarier la mainmise de quelques milliardaires sur tous les grands médias. Seul progrès notable : le secret des sources des journalistes serait mieux protégé.
Le site internet Slate.fr s'affiche comme « une entreprise indépendante contrôlée par ses fondateurs », mais c'est inexact : il est désormais entre les mains de grands oligarques du capitalisme parisien.
Sommé de créer un comité d'éthique chargé de garantir l'indépendance éditoriale de Canal+, Vincent Bolloré s'est exécuté mais a coopté au sein de cette instance des affidés de son principal conseiller, Alain Minc. Pour le CSA comme pour la ministre de la communication, c'est un camouflet grave : les règles éthiques qui devraient encadrer les médias peuvent être piétinées sans que la puissance publique ou le régulateur ne s’en émeuvent.
Dans un « mémoire en défense » devant le Conseil d'État, qui examine le recours de deux syndicats, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, assure que sa nomination n'a donné lieu à aucune irrégularité. Pour le prouver, elle cherche à établir que les faits révélés par l'une de nos enquêtes sont fantaisistes.
Sa sortie a été un temps menacée par la manœuvre judiciaire d’un laboratoire pharmaceutique mécontent de l’enquête qui lui est consacrée. Médor, trimestriel papier finalement en vente depuis le mardi 1er décembre, espère bousculer la presse indépendante belge.
Gérard Mordillat et Jérôme Prieur se soucient du Coran dans une nouvelle série documentaire diffusée les 8, 9 et 10 décembre sur Arte. Une belle pierre dans le jardin des fanatismes...
Évoquant un « abus de droit entaché de fraude », le CSA a abrogé l'autorisation de diffusion accordée à la chaîne que Pascal Houzelot voulait vendre à Alain Weill. La décision ruine les ambitions d'un lobbyiste qui, des copropriétaires du Monde à l'ex-conseiller média de Hollande, disposait de très influents parrains.
Mediapart a rendu compte de l'audition mardi par le CSA de Pascal Houzelot au sujet de la vente de sa chaîne Numéro 23. Mais, le même jour, une seconde audition, secrète, a eu lieu. L'épisode est révélateur : le secret des affaires dicte sa loi.
La plus-value de 85 millions d'euros que le lobbyiste Pascal Houzelot voudrait faire en revendant à Alain Weill la chaîne Numéro 23, obtenue gratuitement, a donné lieu à une étrange audition au Conseil supérieur de l'audiovisuel.
Après les nouvelles révélations de Mediapart sur la censure d’un documentaire sur le Crédit Mutuel par Vincent Bolloré, la ministre de la culture s’est entretenue avec Olivier Schrameck.