Le gouvernement français a fixé pour 2019 l’objectif de « 30 000 reconduites à la frontière » depuis Mayotte. Un chiffre énorme. Sur place, les infrastructures étatiques et associatives sont au bord de l’effondrement et les appels à la violence de collectifs citoyens se multiplient.
Adversaires politiques écartés, opposants arrêtés ou réduits au silence, soupçons de fraude électorale massive : le colonel Azali devait être réélu dimanche 24 mars à la tête de l’Union des Comores. La crise politique que son maintien au pouvoir a déclenchée a des conséquences pour Mayotte.
Dans les territoires ultramarins, et à La Réunion en particulier, les citoyens impliqués sortent doublement frustrés du « grand débat » organisé par le gouvernement. L’exercice a ressemblé à s’y méprendre aux « Assises de l’Outre-mer », un monologue étatique et numérique qui n’a accouché de rien de concret.
Sur l’île de La Réunion, le blocage et les émeutes constituent le symptôme éruptif d’un malaise profond : l’outre-mer français dans son ensemble fait face à des crises commerciales, écologiques et identitaires, auxquelles doit aussi se préparer l’Hexagone.
Quels enseignements tirer du référendum du 4 novembre en Nouvelle-Calédonie ? La participation, le vote communautaire, la géographie électorale et la dynamique politique dessinent les contours du possible prochain référendum, en 2020.
Au lendemain du référendum historique sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, les vaincus sont heureux et les vainqueurs mécontents. En visite dans l’archipel, le premier ministre a pris rendez-vous avec les forces politiques pour un comité des signataires de l’accord de Nouméa, en décembre, à Paris.
Lors du référendum sur l’indépendance, le non l’a emporté, avec 56,4 % des suffrages exprimés. Mais l’écart est moins fort que ce que les loyalistes escomptaient.
Il est rare qu’un scrutin concernant moins de 175 000 électeurs, dans un pays qui ne sort pas d’une guerre, se déroule sous le regard de l’ONU, de 250 observateurs et d’une foule de journalistes. Mais, 165 ans après l'annexion de la Nouvelle-Calédonie par la France, l’archipel se déplace ce dimanche aux urnes pour accéder, ou non, à l’indépendance.
Exploitation minière à ciel ouvert et à grande échelle, territoire sous-doté en infrastructures de base, exode rural, échec scolaire massif, suicides : la côte Est de la Nouvelle-Calédonie est un concentré des inégalités qui déchirent l’archipel. La région est peuplée presque exclusivement de Kanak.
La Nouvelle-Calédonie aborde sans enthousiasme la dernière ligne droite avant la consultation. Une fraction des partis et organisations indépendantistes appelle au boycott, mais l’immense majorité des structures politiques et des institutions veille surtout à ce que le scrutin ne vire pas à la confrontation, quitte à privilégier le statu quo au processus de décolonisation.
À Kouaoua, de jeunes Kanak protestent contre l’ouverture de trois nouveaux sites d’extraction de minerai. Face à la mobilisation, la société Le Nickel, premier employeur privé du pays, a fermé la mine pour une durée indéterminée.
Cet été, Mediapart part à la rencontre des Calédoniens, au-delà de l’opposition éculée Kanak-Caldoches. Quatrième et dernier volet chez ceux qu’on appelle les Arabes de Bourail et de Nessadiou, des descendants de déportés algériens.