Tandis que Valls n’entend pas bouger d’un iota, des responsables de la gauche s’interrogent pour savoir si Hollande est encore des leurs. Symbole de cette confusion: les balbutiements autour de l’hypothèse d’une primaire.
La maire de Lille publie un texte au vitriol contre la dérive du pouvoir socialiste, cosigné par ses proches et quelques socialistes « de gouvernement ». Quels débouchés ou conséquences peuvent découler de cette initiative ? Nul ne le sait vraiment. Mais la majorité issue du dernier congrès PS de Poitiers est en danger.
Quatre militants socialistes de Saint-Ouen racontent pourquoi ils viennent de quitter leur parti. Du pacte de responsabilité à la déchéance de nationalité, ils critiquent la ligne de François Hollande. Mais aussi les pratiques locales d'un PS qui s'assèche. Tous rêvent d'un mouvement citoyen et d'une autre façon de faire de la politique. D'un « truc pétillant ». Témoignages.
Le cofondateur du Parti de gauche a annoncé qu'il souhaitait être candidat à la présidentielle de 2017. Dans un entretien à Mediapart, il explique ses motivations. « Il y a des gens qui comptent sur moi », dit-il, tout en critiquant l'idée d'une primaire. Il appelle à sortir des traités européens.
Le cofondateur du Parti de gauche refuse de participer à la primaire de toute la gauche pour la présidentielle de 2017, convaincu qu'elle restera dans un « entre-soi étouffant et politicien ». « À la primaire, les votes iront vers le candidat qui semblera le plus à même d’arriver au second tour », estime-t-il, prédisant, à propos de l'avenir de l'Europe, un « tsunami » balayant les institutions en place.
L’ancien ministre de l’économie réunit régulièrement une petite équipe, en plein débat sur l’organisation d’une primaire à gauche. Mais il n’a pas encore acté sa participation à la présidentielle de 2017.
L’idée d’une primaire des gauches pour désigner un candidat unique à la présidentielle fait son chemin. Ses partisans se retrouvent ce mercredi à Paris. Mais il n'y a pas unanimité et, sur le fond, tout reste à régler.
Dans un entretien, l'ancienne ministre revient sur le contexte politique actuel, « ce moment où une raison prétendument supérieure écrase toute réflexion collective et personnelle » et s'interroge sur le « refus obstiné et absolu de consentir à un virage politique » du président et de son premier ministre.
Mardi 12 janvier, le député PS Alexis Bachelay avait invité des habitants de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) à débattre de la déchéance de nationalité et de l'état d'urgence. La plupart de gauche, et très déboussolés.
Le groupe PS à l'Assemblée nationale s'est réuni pour la première fois depuis l'annonce de la révision constitutionnelle de François Hollande. Manuel Valls a annoncé qu'il défendrait lui-même le texte, mais une large majorité de députés a exprimé son hostilité à la déchéance de nationalité pour les binationaux. Sans faire bouger la ligne de l'exécutif.
Une quarantaine d’intellectuels de gauche au sens large appellent à la tenue d’une primaire pour désigner un candidat commun à la prochaine présidentielle. L’initiative est louable, mais elle ne pourra fonctionner sans base politique claire.
Comme dans la quasi-totalité des régions en triangulaire, le PS a accepté une fusion sans ambition programmatique avec les écologistes et le Front de gauche. Si les socialistes sont confiants, l’hypothèse de mauvais reports de voix qui profiteraient au FN inquiète.
Lundi soir sur TF1, le premier ministre n’a pas pu s’empêcher de se faire bravache : «Je ne suis pas là pour m’excuser.» Mais en moins de deux ans à Matignon, son bilan est celui de l’installation du FN au-dessus des 30%, de la montée du chômage et de la disparition de la gauche.
Alors que la gauche parlementaire fait corps, dans ces votes, avec une droite et un FN réjouis d’avoir gagné la bataille culturelle, ils ne sont que quelques-uns à faire entendre une voix dissonante. La réforme constitutionnelle à venir pourrait toutefois réveiller les oppositions.
Le député socialiste Pouria Amirshahi lance ce dimanche le « Mouvement commun », qui espère être une plateforme de « reconquête idéologique » rassemblant responsables politiques de tous bords à gauche, militants associatifs et syndicaux, et citoyens. Pour Mediapart, il explique les contours et l'ambition de cette nouvelle organisation, loin du « poison de la présidentielle » et avec Podemos comme modèle assumé.