Le 19 avril était publié le décret autorisant les forces de l’ordre à déployer des drones équipés de caméras. Depuis, ceux-ci sont utilisés pour surveiller des manifestations, des rodéos urbains, l’arrivée de migrants à la frontière franco-italienne ou les délinquants d’un quartier de Nice. Le Conseil d’État examine un référé demandant sa suspension.
Arrêtés anticasserolades, périmètres de sécurité, drones, interdiction des manifestations à Cannes pendant le festival, mais aussi agitation politique de Gérald Darmanin autour des manifestations d’extrême droite : autant de signes, selon le professeur de droit public Serge Slama, d’une fébrilité de l’exécutif et de la majorité.
Mardi 9 mai comparaissaient au tribunal de Paris cinq manifestants du 1er Mai, gardés à vue puis placés en détention provisoire pendant cinq jours, à la demande du parquet. À la stupeur générale, un manifestant a été maintenu en détention, alors que le parquet avait requis sa libération sous contrôle judiciaire.
La discrète société suisse d’Andreas Fink est l’un des acteurs principaux d’un marché de la surveillance utilisant une faille dans les réseaux des opérateurs mobiles. Celle-ci permet de géolocaliser ou d’intercepter les communications des téléphones. Le collectif de journalistes Lighthouse Reports a enquêté durant un an sur ce marché des plus opaques.
La Ligue des droits de l’homme, le Syndicat des avocats de France et l’Association de défense des libertés constitutionnelles demandent au tribunal administratif de mettre un terme aux fichiers clandestins de manifestants, à la suite des révélations de Mediapart.
Le tribunal administratif de Rouen a suspendu l’usage de drones par la préfecture de l’Eure pour surveiller un rassemblement contre le projet de « contournement est de Rouen », à l’appel notamment des Soulèvements de la Terre.
Depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites, les policiers multiplient les arrestations de manifestants accusés d’outrage au chef de l’État. Le délit d’offense au président de la République a pourtant été déclaré contraire à la Convention européenne des droits de l’homme en 2013.
Alors qu’un rapport de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté alerte sur les « fouilles en sous-vêtements systématiques » dans les commissariats parisiens, Mediapart publie sept témoignages de manifestants qui ont subi des fouilles partiellement ou entièrement nus en garde à vue, lors de la mobilisation contre la réforme des retraites.
Un documentaire d’Amnesty International revient sur l’extension de la cybersurveillance, deux ans après le scandale Pegasus, une vaste affaire mondiale d’espionnage opéré par une société privée israélienne pour le compte d’une dizaine d’États.
La préfecture de police de Paris avait interdit un rassemblement syndical aux abords de l’enceinte sportive. Mais la justice administrative, saisie en référé, lui a donné tort. Premier rebondissement d’une soirée qui s’annonce mouvementée en marge du match de football.
Mediapart diffuse en avant-première un documentaire produit par Amnesty International qui retrace l’affaire Pegasus, un des plus grands scandales d’espionnage récents. Les cibles : des défenseurs des droits humains et des journalistes. Dont deux de Mediapart.
À Jussieu et à Tolbiac, deux des plus grandes universités parisiennes, des blocus étudiants ont été violemment cassés par les agents de sécurité, parfois avec le concours de la police. Des étudiants ont été bousculés, attrapés par le cou, des téléphones confisqués. Des bloqueurs affirment avoir été fichés et menacés par l’université. Mediapart retrace leur récit. Le directeur du centre Tolbiac a déposé plainte de son côté.
Qu’elles soient mobilisées contre le racisme, la pauvreté ou pour l’écologie, les associations sont en ébullition depuis que l’exécutif s’est attaqué à la Ligue des droits de l’homme. Les restrictions aux libertés, en réalité, s’aggravent en coulisses depuis la loi « séparatisme ». Huit organisations confient leurs inquiétudes sur la dérive du pouvoir.
Si la situation en France n’est pas encore comparable à celle des pays dits « illibéraux » tels que la Hongrie ou au « libéralisme autoritaire » promu dans l’Allemagne des années 1930, le sort qui sera réservé à la LDH ou aux Soulèvements de la Terre pourrait être un test décisif pour notre démocratie.
Interpellations abusives, interdictions de casseroles, manifestations réprimées dans la violence, associations menacées de coupure de subventions : le contexte politique demande plus que jamais que nos droits et libertés soient garantis. Nous recevons la Défenseure des droits, Claire Hédon.
Après le rejet de la motion de censure du gouvernement, de nombreux manifestants sont sortis dans les rues de la capitale pour protester. Des rassemblements spontanés qui ont été massivement et brutalement réprimés par la police.