L’écrivain algérien Abdelkader Djemaï, né en 1948 à Oran et vivant à Aubervilliers, évoque son roman d’apprentissage, « Mokhtar et le figuier », dont il lit deux extraits. Il explore et explique, sans chichi, sa façon de dire la misère, sans misérabilisme.
L’expertise prophétique d’Élisée Reclus (1830-1905) saute aux yeux, grâce à deux parutions simultanées. Le géographe libertaire avait pressenti l’influence des activités anthropiques sur le système terrestre. Sa lecture s’avère donc résolument actuelle.
Depuis 2015 et les attentats meurtriers de Paris, l’État a progressivement basculé dans une gestion de plus en plus autoritaire de l’islam de France, au mépris des libertés publiques, décrypte le chercheur Haoues Seniguer dans un essai.
Après « Le Messie du Darfour » et « Les Jangoe », le Soudanais Abdelaziz Baraka Sakin, dans son troisième roman, « La Princesse de Zanzibar », décrit une société bâtie sur l’esclavage et la cruauté. Mais où certains êtres creusent des espaces de liberté.
Dans son dernier roman « Quand tu écouteras cette chanson » (Stock), l’écrivaine Lola Lafon revient sur le destin d’Anne Frank et son « Journal ». Auprès de Mediapart, elle évoque son inquiétude face à l’antisémitisme, au confusionnisme ambiant, et dit l’espoir que représente #MeToo.
Troisième et dernier tome des chroniques de Maurice Nadeau (1911-2013). Près de deux mille pages offrent à lire les articles parus à partir de 1966 dans « La Quinzaine littéraire ». Jusqu’à son dernier souffle, le critique aura exercé son art. Étincelant.
Le public francophone a l'occasion de découvrir Wolfgang Hilbig, comète poétique de la Thuringe et de ses paysages miniers. « Moi, né sous le feu du temps », recueil empoignant, paraît aux éditions Circé. Dans une traduction inspirée, qui rend justice à un tel chant.
L'historien Marc André consacre une étude exhaustive et radicale à la prison Montluc de Lyon. De la Gestapo à la répression des luttes anticoloniales, les cachots en ont vu défiler. Aujourd'hui, les diverses mémoires du lieu se regardent en chiens de faïence.
Dans « Le Fil sans fin », sous-titré « Voyage jusqu’aux racines de l’Europe », l’Italien s’interroge sur la violence destructrice toujours recommencée et sur son endiguement par le monachisme. Entretien avec un journaliste devenu écrivain bourlingueur.
Notre podcast culturel débat de « Débrouille-toi avec ton violeur », signé Infernus Iohannes, de « Toute une moitié du monde », d’Alice Zeniter et de « L’Espion qui aimait les livres », de John le Carré.
Pour l’historien Jacques Krynen, un « complexe de supériorité » français a traversé les régimes. Et son soubassement est à rechercher au tournant des XIIIe et XIVe siècles, durant le règne de Philippe le Bel.
Un livre bien documenté décrypte la signification des tatouages des prisonniers et des gangs, en tordant le cou aux idées reçues sur cet art corporel qui a longtemps souffert d’une réputation sulfureuse.
Le troisième et dernier volume des « Œuvres » de la famille Brontë sort deux romans, « Shirley » et « Villette », de l’ombre dans laquelle « Jane Eyre » les a longtemps relégués. Et jette un éclairage mi-figue, mi-raisin sur la condition ouvrière et sur la condition féminine.
De juin 1941 à janvier 1942, avant que la faim et la maladie ne mettent fin à sa vie, Iouri Riabinkine, un adolescent léningradois de 16 ans, a tenu un journal. Cet ego-document sur le siège mené par l’armée allemande s’avère saisissant.
L’autrice algérienne Kaouther Adimi joue avec les codes de la littérature et s’interroge sur le pouvoir destructeur de cette dernière, dans un cinquième roman intelligent.
Que se passait-il dans les « homes » mis en place en Guyane par l’administration française et l’Église catholique pour « éduquer » les enfants améridiens et bushinengés, leur apprendre le français et les manières européennes ? Extraits du livre d’Hélène Ferrarini, « Allons enfants de la Guyane », paru en septembre dernier.